IndeNotice1988–1988Tamil Nadu
Auto Shankar
En bref. Auto Shankar (décès en 1995) : 6 victimes confirmées en Inde (Tamil Nadu) en 1988. Condamné à mort en mai 1991 par la cour de sessions de Chengalpattu pour six meurtres, peine confirmée par la Haute Cour de Madras puis par la Cour suprême en 1994 ; pendu à la prison centrale de Salem le 27 avril 1995.
- Statut
- Exécuté (27 avril 1995)
- Période d'activité
- 1988–1988
- Victimes confirmées
- 6
- Verdict
- Condamné à mort en mai 1991 par la cour de sessions de Chengalpattu pour six meurtres, peine confirmée par la Haute Cour de Madras puis par la Cour suprême en 1994 ; pendu à la prison centrale de Salem le 27 avril 1995
Chauffeur d'auto-rickshaw devenu une figure du milieu à Madras, Gowri Shankar a été condamné pour six meurtres commis en 1988 ; ses liens présumés avec des personnalités locales n'ont jamais été entièrement éclaircis.
Le contexte
Gowri Shankar est originaire de la région de Vellore, au Tamil Nadu, selon The News Minute et Wikipédia. Installé à Madras (aujourd'hui Chennai) dans les années 1970, il a d'abord gagné sa vie en conduisant un cyclo-pousse puis un auto-rickshaw, d'où le surnom sous lequel il est resté connu. Il s'est ensuite livré au transport d'alcool de contrebande puis a organisé la prostitution dans le quartier de Thiruvanmiyur, au sud de la ville, selon les mêmes sources. The News Minute décrit un réseau entretenu grâce à des complaisances dans la police et le monde politique local ; ces liens n'ont jamais été établis par une décision de justice.
L'enquête et l'arrestation
En 1988, plusieurs personnes gravitant autour de ses activités ont disparu, dont trois hommes liés à une bande rivale fin mai, selon Wikipédia. D'après cette même source, les premières plaintes déposées par l'épouse de l'un d'eux n'ont pas été prises au sérieux, jusqu'à ce qu'un article de presse évoque des meurtres et contraigne les autorités à ouvrir une enquête ; ce point n'a pas pu être recoupé. Son arrestation, en juillet 1988 selon The News Minute, a fait la une de la presse de Madras. Il est passé aux aveux pour six meurtres, et, selon The News Minute, des corps ont été retrouvés enterrés dans des terrains de la ville. The News Minute évoque aussi la disparition, la même année, de plusieurs jeunes femmes dont le sort n'a jamais été éclairci.
En 1990, alors qu'il était en détention provisoire, il s'est évadé de la prison centrale de Madras ; la date diverge selon les sources, le 20 août 1990 pour Wikipédia, décembre 1990 pour The News Minute, qui indique qu'il a été repris à Rourkela, dans l'actuel Odisha.
Le procès et le verdict
La cour de sessions de Chengalpattu l'a condamné à mort pour six meurtres commis en 1988, en même temps que deux de ses complices, le 30 mai 1991 selon Amnesty International, le 31 mai selon Wikipédia. Selon Wikipédia, d'autres membres de son entourage ont été condamnés à des peines de prison. La Haute Cour de Madras a confirmé la condamnation en 1992, puis la Cour suprême a rejeté son pourvoi en 1994, selon l'arrêt Rajagopal et Amnesty International, qui avait demandé la commutation des peines. Son recours en grâce auprès du président de la République, encore pendant en octobre 1994 selon l'arrêt Rajagopal, n'a pas abouti. Il a été pendu à la prison centrale de Salem le 27 avril 1995, selon The News Minute et Wikipédia. Durant ses dernières années de détention, il s'était converti au christianisme, rapporte The News Minute.
Ce que l'affaire a changé
L'affaire a laissé une trace durable dans le droit indien, sans rapport direct avec les meurtres. En prison, Gowri Shankar avait rédigé une autobiographie que l'hebdomadaire tamoul Nakkheeran voulait publier. L'administration pénitentiaire s'y opposait, en contestant qu'il en soit l'auteur ; selon The Hans India, des fonctionnaires qui y auraient été mis en cause ont fait pression pour empêcher la parution. Saisie par les responsables du journal, la Cour suprême a rendu le 7 octobre 1994 l'arrêt R. Rajagopal contre État du Tamil Nadu. Elle y a reconnu un droit à la vie privée protégé par l'article 21 de la Constitution, tout en jugeant qu'aucune autorité ne pouvait interdire une publication par avance et que les agents publics ne pouvaient, pour leur conduite officielle, agir en diffamation qu'en cas de mépris délibéré de la vérité. Cette décision a été reprise en 2017 par l'arrêt Puttaswamy, dans lequel neuf juges de la Cour suprême ont consacré la vie privée comme droit fondamental, selon The Hans India. Les soupçons de protections politiques et policières dont aurait bénéficié Auto Shankar n'ont, eux, jamais été éclaircis, relève The News Minute.
Sources
- Cour suprême de l'Inde (Indian Kanoon) — R. Rajagopal vs State of T.N., 7 octobre 1994
- Amnesty International — India: death penalty: Auto Shankar, Eldin, Sivaji (ASA 20/047/1992)
- The News Minute — Auto Shankar's Reign of Terror: The incomplete story of the man who shook Madras · Final days of Auto Shankar
- The Hans India — Justice Jeevan Reddy's complete privacy law, 3 octobre 2017
Pour se repérer
- Wikipédia — Auto Shankar (EN)