DanemarkNotice1913–1920Copenhague
Dagmar Overby
En bref. Dagmar Overby (1887-1929) : 9 victimes confirmées (jusqu'à 16 suspectées) au Danemark (Copenhague) entre 1913 et 1920. Condamnée à mort par la cour d'assises de l'Østre Landsret le 3 mars 1921 pour neuf meurtres d'enfants ; graciée environ un mois plus tard, peine commuée en réclusion à perpétuité sans libération possible ; morte en détention à Copenhague le 6 mai 1929.
- Statut
- Décédé (6 mai 1929)
- Naissance
- 23 avril 1887
- Période d'activité
- 1913–1920
- Victimes confirmées
- 9 (jusqu'à 16 suspectées)
- Verdict
- Condamnée à mort par la cour d'assises de l'Østre Landsret le 3 mars 1921 pour neuf meurtres d'enfants ; graciée environ un mois plus tard, peine commuée en réclusion à perpétuité sans libération possible ; morte en détention à Copenhague le 6 mai 1929
Elle recueillait contre paiement des nourrissons que leurs mères, souvent célibataires, ne pouvaient garder, en leur promettant une adoption, puis les tuait. Reconnue coupable de neuf meurtres en 1921 après en avoir avoué jusqu'à seize devant le juge d'instruction, elle a été graciée de la peine de mort. L'affaire a conduit au contrôle public des enfants placés (loi de 1923) et au registre national des naissances (1924).
Le contexte
Dagmar Overby est née le 23 avril 1887 à Assendrup, dans la paroisse de Vedslet, au Jutland. Avant l'affaire, elle avait déjà été condamnée pour vol, une première fois en 1909 en Fionie, puis de nouveau à la fin des années 1910. Les faits qui lui ont été reprochés s'inscrivent dans un contexte précis : au Danemark, au début du XXe siècle, les mères célibataires sans ressources confiaient souvent leur nouveau-né, contre paiement, à des particuliers qui promettaient de le garder ou de lui trouver une famille adoptive. Ces placements échappaient presque entièrement au contrôle des autorités. Selon DR, la forte croissance de la population et la faiblesse des dispositifs de surveillance, au sortir de la Première Guerre mondiale, ont rendu possible ce que l'enquête a mis au jour. Établie à Copenhague, Dagmar Overby recueillait ainsi des nourrissons entre 1913 et 1920.
L'enquête et l'arrestation
L'affaire a commencé en 1920, lorsqu'une mère qui lui avait confié son enfant est revenue s'enquérir de lui et n'a pas obtenu de réponse satisfaisante. Elle a alerté la police, qui a établi que l'enfant était mort. Interrogée, Dagmar Overby a reconnu devant le juge d'instruction jusqu'à seize meurtres de nourrissons, selon Lex.dk et TV 2, avant de revenir sur une partie de ses aveux. Faute de preuves matérielles pour chacun des cas avoués, l'accusation n'a pu établir que neuf meurtres : huit enfants qui lui avaient été confiés et l'un de ses propres enfants. Selon TV 2 Kosmopol, une expertise psychiatrique de dix-huit pages, présentée comme l'une des premières de ce type au Danemark, l'aurait jugée pénalement responsable.
Le procès et le verdict
Le procès s'est tenu devant le jury de l'Østre Landsret, la cour d'appel de l'Est du Danemark siégeant en matière criminelle à Copenhague, et a duré trois jours selon TV 2. Le 3 mars 1921, Dagmar Overby a été reconnue coupable de neuf meurtres et condamnée à mort. Le chiffre de neuf est celui de Lex.dk, du Dansk Kvindebiografisk Leksikon, de TV 2 et de la revue Arbejderhistorie ; DR et TV 2 Kosmopol parlent de huit meurtres ; l'écart pourrait tenir au seul décompte des enfants placés. Environ un mois après le verdict, sur recommandation du Conseil d'État, elle a été graciée et sa peine commuée en réclusion à perpétuité, à la condition qu'elle ne bénéficie d'aucune réduction de peine. Détenue à la prison pour femmes de Christianshavn puis à la prison de Vestre, elle est morte en détention à Copenhague le 6 mai 1929, à 42 ans.
Ce que l'affaire a changé
Les seize meurtres avoués restent le plafond des aveux recueillis par l'instruction ; des estimations plus larges, jusqu'à une vingtaine ou vingt-cinq enfants, circulent dans la presse et chez certains historiens, mais elles ne sont pas recoupées et relèvent des victimes suspectées. L'affaire a en revanche eu des conséquences législatives établies : la loi de 1923 sur la surveillance des enfants placés a étendu le contrôle public à tous les enfants nés hors mariage, un régime resté en vigueur jusqu'en 1965 selon le Dansk Kvindebiografisk Leksikon ; selon DR, une loi de 1924 a ensuite organisé l'enregistrement systématique de toutes les naissances. L'historienne Annette Østergaard Schultz ouvre sur cette affaire une étude parue dans la revue Arbejderhistorie en 2015, avant de montrer qu'à Mariager, entre 1840 et 1900, les enfants placés ne mouraient pas davantage que les autres : le cas Overby, exceptionnel, ne résume pas l'histoire du placement des enfants au Danemark. En 2024, le film de Magnus von Horn Pigen med nålen, présenté au Festival de Cannes, s'est inspiré de l'affaire en interrogant la misère sociale qui l'a rendue possible. Pour le contexte national, voir le hub Danemark.
Sources
- Lex.dk (Den Store Danske) — Dagmar Overby · Dagmar Overby, barnemorder
- DR — Vidste du… at denne kvinde er danmarkshistoriens største seriemorder ?
- TV 2 Nyheder — Barnemordersken Dagmar Overbye, 22 juin 2008
- Arbejderhistorie — Annette Østergaard Schultz, Englemagersker – myte eller realitet ? Om plejebørns dødelighed 1840-1900 i Mariager, n° 2, 2015
- TV 2 Kosmopol — Fortsat tvivl : Hvad fik egentlig Danmarks største seriemorder til at dræbe ?
- Kristeligt Dagblad — Per Juul Carlsen, critique de « Pigen med nålen », 22 janvier 2025
Pour se repérer
- Wikipédia — Dagmar Overbye (EN)