RoumanieNotice1970–1971Bucarest

Ion Râmaru

Avertissement. Cette notice traite de crimes réels. Elle ne contient aucune image ni description détaillée des sévices, mais son sujet peut heurter.

En bref. Ion Râmaru (1946-1971) : 4 victimes confirmées en Roumanie (Bucarest) entre 1970 et 1971. Condamné à mort en 1971, peine confirmée par le Tribunal suprême, exécuté le 23 octobre 1971 à Jilava.

Statut
Exécuté (23 octobre 1971)
Naissance
12 octobre 1946
Période d'activité
1970–1971
Victimes confirmées
4
Verdict
Condamné à mort en 1971, peine confirmée par le Tribunal suprême, exécuté le 23 octobre 1971 à Jilava

Étudiant en médecine vétérinaire condamné pour quatre meurtres et six tentatives de meurtre commis à Bucarest en 1970 et 1971.

Surnom donné par la presse : « Le vampire de Bucarest ». Affaires closes ne l'emploie pas comme titre.

Le contexte

Ion Râmaru, dont le nom s'écrit aussi Rîmaru selon l'ancienne orthographe roumaine, est né le 12 octobre 1946 à Corabia, dans le județ d'Olt, dans le sud de la Roumanie. Adevărul décrit un milieu familial marqué par la violence du père envers la mère. Il avait été condamné pour vol à 18 ans. En 1966, il s'est inscrit à la faculté de médecine vétérinaire de Bucarest, où il a redoublé plusieurs fois ; Evenimentul Zilei et Wikipédia indiquent qu'il a été admis avec une moyenne de 5,33 sur 10. Les faits se sont déroulés dans la Roumanie de Nicolae Ceaușescu, au début des années 1970, alors que la police relevait de la milice du régime communiste.

L'enquête et l'arrestation

Entre le printemps 1970 et mai 1971, une série d'agressions a visé des femmes seules circulant la nuit dans les rues de Bucarest. Les sources divergent sur la date du premier fait : mars 1970 selon Adevărul, avril 1970 selon Wikipédia. La justice a retenu quatre meurtres, six tentatives de meurtre et plusieurs viols. Evenimentul Zilei relève que les attaques avaient souvent lieu par mauvais temps, après minuit.

La milice a mené une enquête d'une ampleur alors inédite dans le pays. Selon Adevărul, plus de 2 500 personnes ont été interpellées ; Wikipédia avance le chiffre de 2 565 interpellations et de plus de 8 000 contrôles d'identité. Adevărul présente cette enquête comme la première en Roumanie à s'appuyer sur un portrait psychologique et physique de l'auteur, établi à partir des témoignages des survivantes, une forme précoce de profilage criminel.

L'identification est venue d'un document médical retrouvé sur les lieux de la dernière agression, en mai 1971. Délivré par un cabinet de neuropsychiatrie, il a permis aux enquêteurs de reprendre un à un les certificats émis par ce cabinet ; Adevărul et Shtiu.ro en dénombrent 83. Ion Râmaru a été arrêté le 27 mai 1971, alors qu'il regagnait son foyer d'étudiants, porteur d'une hachette et d'un couteau, selon Adevărul, Evenimentul Zilei et Shtiu.ro. Il a reconnu la quasi-totalité des faits.

Le procès et le verdict

Le procès a été rapide. Râmaru a tenté de faire valoir une maladie mentale, selon Evenimentul Zilei, mais a été jugé responsable de ses actes. Il a été condamné pour quatre meurtres, six tentatives de meurtre, cinq viols, un vol avec violence et plusieurs vols simples, et condamné à mort. Evenimentul Zilei rapporte que l'annonce du verdict a été applaudie dans la salle. Le Tribunal suprême a confirmé la peine, qui est devenue une condamnation définitive. Selon Shtiu.ro, il aurait adressé un recours en grâce à Nicolae Ceaușescu, qui l'aurait rejeté.

Ion Râmaru a été fusillé le 23 octobre 1971 au pénitencier de Jilava, près de Bucarest, cinq mois après son arrestation. Il avait 25 ans.

Ce que l'affaire a changé

Evenimentul Zilei présente Ion Râmaru comme le premier tueur en série de la Roumanie moderne, et Shtiu.ro comme le criminel le plus connu du pays. Sur le plan policier, elle est retenue par la presse roumaine pour deux raisons : l'ampleur des interpellations, qui montre les moyens mobilisés par la milice sous le régime communiste, et l'usage, pour la première fois dans le pays selon Adevărul, d'un portrait de l'auteur construit à partir des éléments de l'enquête. L'identification finale est toutefois venue d'un travail de recoupement documentaire, à partir d'une pièce laissée sur les lieux.

Sources

Pour se repérer

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