PakistanNotice1999–1999Lahore

Javed Iqbal

Avertissement. Cette notice traite de crimes réels. Elle ne contient aucune image ni description détaillée des sévices, mais son sujet peut heurter.

En bref. Javed Iqbal (décès en 2001) : 100 victimes confirmées au Pakistan (Lahore) en 1999. Condamné à mort pour 100 meurtres par un tribunal de session de Lahore le 16 mars 2000 ; appel jamais tranché (renvoyé de la Lahore High Court à la Cour fédérale de la charia) ; retrouvé mort en cellule à la prison de Kot Lakhpat avant toute exécution.

Statut
Suicidé en détention (octobre 2001) Close sans condamnation
Période d'activité
1999–1999
Victimes confirmées
100
Verdict
Condamné à mort pour 100 meurtres par un tribunal de session de Lahore le 16 mars 2000 ; appel jamais tranché (renvoyé de la Lahore High Court à la Cour fédérale de la charia) ; retrouvé mort en cellule à la prison de Kot Lakhpat avant toute exécution

Fin décembre 1999, après avoir envoyé lui-même à la police et à la presse les aveux du meurtre de cent enfants à Lahore dans l'année, il s'est rendu. Condamné à mort le 16 mars 2000 par un tribunal de Lahore, il avait fait appel, et l'appel n'avait pas été tranché lorsqu'il a été retrouvé mort dans sa cellule en octobre 2001 ; la thèse officielle du suicide a été contestée à la suite de l'autopsie.

Le contexte

Javed Iqbal vivait à Lahore, capitale de la province du Pendjab, où il tenait de petits commerces. Selon TRT World, il employait dans son atelier et sa salle de jeux de jeunes garçons, souvent des enfants fugueurs ou vivant à la rue. Avant 1999, il avait fait l'objet d'au moins deux plaintes pour agressions sexuelles sur mineurs, qui n'avaient pas abouti ; TRT World affirme qu'elles auraient été étouffées par des arrangements financiers, ce que nous n'avons pas pu recouper. Le contexte social pèse lourd dans l'affaire : chaque année, des milliers de garçons quittent leur famille au Pakistan, et les signalements de disparition, rappellent TRT World et The Juggernaut, étaient rarement suivis d'enquêtes approfondies par la police. Les victimes que la justice lui a imputées étaient des garçons, âgés de 6 à 16 ans selon Wikipédia, de 10 à 15 ans selon The Juggernaut.

L'enquête et l'arrestation

L'affaire n'a pas été découverte par la police mais révélée par son auteur. À la fin de 1999, il a adressé à la police de Lahore et à la rédaction du quotidien en ourdou Jang une lettre dans laquelle il revendiquait le meurtre de cent enfants. Selon TRT World, un officier s'est rendu à son domicile sans le fouiller, et c'est la publication par Jang, début décembre, des éléments découverts sur place qui a déclenché une vaste chasse à l'homme. Plusieurs jeunes complices présumés ont été interpellés ; l'un d'eux est mort en garde à vue, selon Wikipédia, un point resté à source unique.

Javed Iqbal s'est présenté de lui-même dans les locaux du journal Jang, qui l'a remis à la police. La date diverge selon les sources : le 30 décembre 1999 pour Dawn et Wikipédia, le 29 décembre pour TRT World. Il a ensuite rétracté ses aveux, affirmant avoir mis en scène sa confession pour alerter sur le sort des enfants fugueurs ; l'accusation a répliqué qu'aucun des garçons disparus n'avait été retrouvé vivant, selon TRT World. Faute de laboratoire d'analyse génétique au Pakistan à l'époque, aucune identification par ADN n'a été possible.

Le dénouement judiciaire

Le procès, qui a duré environ un mois et entendu plus d'une centaine de témoins selon TRT World, s'est tenu devant un tribunal de session de Lahore. Le 16 mars 2000, le juge l'a reconnu coupable des cent meurtres et l'a condamné à mort, en assortissant la sentence de modalités d'exécution publiques et d'atteintes au corps que le droit pakistanais ne permettait pas, ce qu'ont rapporté UPI et The News. Un de ses employés, coaccusé, a également été condamné à mort. Le ministre de l'Intérieur a aussitôt déclaré, selon UPI, que ces modalités ne seraient pas appliquées, le Pakistan ayant signé les conventions internationales relatives aux droits humains.

Javed Iqbal a fait appel devant la Haute Cour de Lahore, qui s'est déclarée incompétente et a renvoyé le dossier à la Cour fédérale de la charia, selon Dawn et The News. L'appel n'avait pas été examiné lorsqu'il a été retrouvé mort dans sa cellule de la prison de Kot Lakhpat, en même temps que le coaccusé, le 9 octobre 2001 selon Wikipédia et Gulf News. La condamnation n'est donc jamais devenue définitive. L'administration pénitentiaire a conclu à un double suicide par pendaison. Cette version a été contestée dès les premiers jours : selon Dawn, les autopsies ont relevé des traces de strangulation et, sur son corps, de nombreuses lésions anciennes causées par des coups ; selon Gulf News, les premiers résultats orientaient vers une strangulation plutôt qu'une pendaison. Dans des lettres, il s'était plaint de mauvais traitements en détention, rapporte Gulf News. Aucun des deux corps n'a été réclamé par les familles.

Ce que l'affaire a changé

L'affaire a mis en lumière la situation des enfants fugueurs et la faiblesse de la réponse policière aux disparitions de mineurs au Pakistan. The Juggernaut relève que le pays n'a adopté sa première loi spécifique contre les abus sexuels sur enfants que plus de vingt ans après les faits. Les circonstances de la mort des deux condamnés n'ont jamais été publiquement élucidées, et l'affaire reste close sans décision définitive de la justice.

Sources

Pour se repérer

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