AllemagneNotice1903–1924Silésie (Münsterberg, aujourd'hui Ziębice, Pologne)
Karl Denke
En bref. Karl Denke (décès en 1924) : 20 victimes confirmées (jusqu'à 40 suspectées) en Allemagne (Silésie (Münsterberg, aujourd'hui Ziębice, Pologne)) entre 1903 et 1924. Aucune condamnation : arrêté le 21 décembre 1924 après l'agression d'un homme de passage qui a pu donner l'alerte, il s'est pendu en cellule à Münsterberg dans la nuit qui a suivi, avant toute inculpation pour meurtre ; l'expertise médico-légale a conclu à au moins vingt victimes.
- Statut
- Suicidé en détention (décembre 1924) Close sans condamnation
- Période d'activité
- 1903–1924
- Victimes confirmées
- 20 (jusqu'à 40 suspectées)
- Verdict
- Aucune condamnation : arrêté le 21 décembre 1924 après l'agression d'un homme de passage qui a pu donner l'alerte, il s'est pendu en cellule à Münsterberg dans la nuit qui a suivi, avant toute inculpation pour meurtre ; l'expertise médico-légale a conclu à au moins vingt victimes
Habitant respecté de Münsterberg, en Silésie alors allemande, né en 1860 ou en 1870 selon les sources, il a été arrêté le 21 décembre 1924 après qu'un homme de passage eut dénoncé une agression. Il s'est donné la mort en cellule dans la nuit ; c'est l'inventaire de son logement, après sa mort, qui a révélé une série de meurtres de personnes sans domicile et de travailleurs itinérants. L'expertise a conclu à au moins vingt victimes ; l'affaire a été close sans procès.
Surnom donné par la presse : « Le cannibale de Münsterberg ». Affaires closes ne l'emploie pas comme titre.
Le contexte
Karl Denke est né à Oberkunzendorf, en Silésie prussienne, le 12 août 1870 selon l'historienne Lucyna Biały (université de Wrocław) et plusieurs sources allemandes ; le rapport médico-légal de Friedrich Pietrusky (1926) et d'autres journaux de décembre 1924 donnent 1860. Il vivait à Münsterberg, petite ville de Basse-Silésie alors allemande, aujourd'hui Ziębice, en Pologne. Selon Wikipédia, il y jouissait d'une bonne réputation et passait pour un voisin serviable. Dans l'Allemagne appauvrie de l'après-guerre et de l'inflation, les routes de Silésie voyaient passer de nombreux vagabonds, journaliers et sans-abri : c'est parmi eux que l'enquête a identifié la plupart de ses victimes.
L'enquête et l'arrestation
L'affaire a été découverte le 21 décembre 1924. Ce jour-là, un vagabond, Vincenz Olivier, a été agressé dans le logement de Denke ; blessé, il a réussi à s'enfuir et à donner l'alerte. Selon Wikipédia, son récit a d'abord été accueilli avec scepticisme en raison de la réputation de Denke, avant qu'un juge n'ordonne des vérifications. Denke a été placé en cellule au poste de police de Münsterberg, où il s'est pendu dans la nuit : le 22 décembre 1924 selon Wikipédia et Dieter Wunderlich, entre le 20 et le 21 selon Lucyna Biały, le 21 selon In Your Pocket.
La perquisition de son logement, quelques jours plus tard (le 24 décembre selon Lucyna Biały), a mis au jour des preuves matérielles, des effets personnels de victimes et un carnet où figuraient des noms et des dates. Selon Dieter Wunderlich, ce carnet recensait trente personnes, vingt-six hommes et quatre femmes, à partir du 21 février 1903. L'enquête a pu identifier vingt victimes ; selon Lucyna Biały, la plupart étaient des sans-abri ou des personnes très pauvres. Le nombre total est estimé à une quarantaine par Lucyna Biały, à quarante-deux au moins par Wikipédia.
Le dénouement judiciaire
Denke étant mort avant toute inculpation pour meurtre, l'action publique s'est éteinte : il n'a jamais été jugé, et l'affaire est close sans condamnation. Les faits reposent sur les constatations de la police et de la médecine légale, sur le carnet et sur les identifications de victimes, non sur un débat contradictoire. Deux suites judiciaires sont rapportées. Selon Lucyna Biały et In Your Pocket, Vincenz Olivier, le survivant qui avait permis de découvrir l'affaire, a lui-même été poursuivi pour vagabondage et condamné le 15 janvier 1925 à dix jours de prison. Selon Wikipédia, un autre homme, condamné à tort pour un meurtre de 1909 ensuite attribué à Denke, aurait été libéré en 1926 ; ce point n'a pas pu être recoupé sur une seconde source.
La place de l'affaire
L'affaire a été abondamment couverte par la presse régionale de décembre 1924 à janvier 1925, avant de disparaître du débat public, selon Lucyna Biały. Après 1945, Münsterberg est devenue la ville polonaise de Ziębice, ce qui aurait contribué à éloigner l'affaire de la mémoire allemande comme de la mémoire polonaise. L'affaire est contemporaine de celle de Fritz Haarmann, à Hanovre, dans une Allemagne de Weimar où plusieurs séries de meurtres ont marqué l'opinion au cours des années 1920. Elle rappelle surtout combien des victimes marginalisées, sans proches pour les chercher, ont pu disparaître pendant des années sans éveiller de soupçons.
Sources
- Lucyna Biały (université de Wrocław) — Z ciemnych kart historii Ziębic. Masowy morderca i kanibal Karl Denke, Litteraria XXXII, 2001, p. 200-205
- Friedrich Pietrusky — Über kriminelle Leichenzerstückelung. Der Fall Denke, Deutsche Zeitschrift für die gesamte gerichtliche Medizin, 8, 1926, p. 703-726
- Leipziger Tageblatt und Handelszeitung — Der Kannibale von Münsterberg, 27 décembre 1924, p. 4, Deutsches Zeitungsportal · édition du 28 décembre 1924, p. 4, Deutsches Zeitungsportal
- Deutsche Nationalbibliothek (GND) — Denke, Karl
- National Geographic Deutschland — „Papa Denke“: Der Menschenfresser von Münsterberg, 15 juin 2022
- Dziennik Polski — Ludożerca z Ziębic, 18 décembre 2009
- Nasza Historia — „Ojczulek“ Karl Denke, ludożerca z Ziębic, który wstrząsnął Niemcami, 31 octobre 2022
Pour se repérer
- Wikipédia — Karl Denke (EN) · Ziębice (EN)