PologneNotice1943–1955Cracovie

Władysław Mazurkiewicz

En bref. Władysław Mazurkiewicz (1911-1957) : 6 victimes confirmées (jusqu'à 30 suspectées) en Pologne (Cracovie) entre 1943 et 1955. Condamné à mort par le tribunal de voïvodie de Cracovie en août 1956 pour six meurtres et deux tentatives ; pendu à la prison Montelupich de Cracovie le 29 janvier 1957.

Statut
Exécuté (29 janvier 1957)
Naissance
1911
Période d'activité
1943–1955
Victimes confirmées
6 (jusqu'à 30 suspectées)
Verdict
Condamné à mort par le tribunal de voïvodie de Cracovie en août 1956 pour six meurtres et deux tentatives ; pendu à la prison Montelupich de Cracovie le 29 janvier 1957

Homme d'affaires cracovien, il a tué pour les voler des personnes à qui il proposait des transactions de devises ou d'or, de l'Occupation jusqu'au milieu des années 1950. La survie d'une victime en 1955 a conduit à son arrestation ; condamné en 1956 pour six meurtres et deux tentatives, il a été exécuté en 1957. La presse lui a attribué jusqu'à trente victimes, sans que cela ait été établi.

Surnom donné par la presse : « L'Élégant assassin ». Affaires closes ne l'emploie pas comme titre.

Le contexte

Władysław Mazurkiewicz est né à Cracovie en 1911, le 31 janvier selon Wikipédia et la Gazeta Krakowska, qui relève qu'il a été exécuté deux jours avant son quarante-sixième anniversaire. Issu d'un milieu aisé, il a exercé plusieurs métiers, dont le commerce du vin et l'enseignement de la conduite automobile, et possédait des biens à Cracovie et à Varsovie. Il fréquentait les milieux mondains de la ville, ce qui lui a valu d'être surnommé par la presse « l'Élégant assassin » (Elegancki morderca).

Sous l'Occupation allemande, il se serait livré au trafic d'or, de devises et de pierres précieuses, une activité clandestine courante dans la Pologne de l'époque. C'est dans ce milieu qu'il choisissait ses victimes : des personnes à qui il proposait une transaction et qu'il tuait pour s'emparer de leurs biens. Les faits retenus par la justice s'étendent de 1943 à 1955, de part et d'autre de la guerre et dans les premières années de la Pologne populaire.

L'enquête et l'arrestation

L'affaire s'est dénouée à l'automne 1955. Selon Histmag et Wikipédia, Mazurkiewicz a tiré, en septembre, sur un passager qu'il conduisait en voiture, sur la route de Zakopane selon RMF24. L'homme a survécu, et c'est la découverte de la balle lors d'examens médicaux, quelques jours plus tard, qui a déclenché l'enquête. La date de l'arrestation diverge selon les sources : septembre 1955 à Varsovie selon Wikipédia, octobre 1955 à Cracovie selon RMF24.

Les enquêteurs ont alors rouvert plusieurs disparitions anciennes. Selon Histmag, une trentaine de chefs ont d'abord été envisagés, avant que l'acte d'accusation ne retienne huit faits : six meurtres et deux tentatives. RMF24 rapporte que Mazurkiewicz n'aurait reconnu ces faits qu'après l'arrestation de membres de sa famille ; au procès, il a plaidé non coupable et affirmé que ses aveux lui avaient été arrachés sous la contrainte.

Le procès et le verdict

Le procès s'est tenu en août 1956 devant le tribunal de voïvodie de Cracovie. Le procureur a requis la peine de mort ; la défense, assurée par Me Zygmunt Hofmokl-Ostrowski, a plaidé contre la peine capitale. Le 30 août 1956, le tribunal l'a reconnu coupable de six meurtres et de deux tentatives de meurtre, et l'a condamné à mort ; la Gazeta Krakowska précise qu'il a été condamné huit fois à la peine capitale, une par chef. Le site de la ville de Cracovie ajoute que le jugement retenait aussi la détention illégale d'armes, le trafic de devises, une tentative de vol et des faux en écriture.

Selon la Gazeta Krakowska, la Cour suprême a confirmé le jugement environ deux mois plus tard. Władysław Mazurkiewicz a été pendu le 29 janvier 1957 à la prison Montelupich de Cracovie. Les six meurtres jugés constituent ses victimes confirmées ; le chiffre d'une trentaine de victimes, avancé par la presse, n'a jamais été établi.

La place de l'affaire

L'affaire reste l'une des plus commentées de l'histoire criminelle cracovienne. Le décalage entre le personnage public, homme du monde bien introduit, et les faits jugés a nourri une postérité durable : dès 1956, un roman policier s'en inspirait, Walther Nr 45771 de Jacek Wołowski, et le journaliste Cezary Łazarewicz lui a consacré un livre, Elegancki morderca (W.A.B., 2015). Le film Ach śpij, kochanie s'inspire également de l'affaire. Le site de la ville de Cracovie rapporte enfin qu'une rumeur a longtemps circulé selon laquelle l'exécution n'aurait pas eu lieu, rumeur que contredisent les documents officiels. L'affaire illustre aussi la difficulté d'enquêter, dans l'immédiat après-guerre, sur des disparitions survenues pendant l'Occupation, dans un milieu de trafics clandestins où les victimes n'étaient pas toujours signalées.

Sources

Pour se repérer

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