AutricheNotice1883–1883Vienne
Hugo Schenk
En bref. Hugo Schenk (1849-1884) : 4 victimes confirmées en Autriche (Vienne) en 1883. Condamné à mort pour quatre meurtres par le tribunal régional pénal de Vienne (Landesgericht) à l'issue du procès des 13-15 mars 1884 ; pendu dans la cour du tribunal le 22 avril 1884, le même jour que son complice Karl Schlossarek.
- Statut
- Exécuté (22 avril 1884)
- Naissance
- 11 février 1849
- Période d'activité
- 1883–1883
- Victimes confirmées
- 4
- Verdict
- Condamné à mort pour quatre meurtres par le tribunal régional pénal de Vienne (Landesgericht) à l'issue du procès des 13-15 mars 1884 ; pendu dans la cour du tribunal le 22 avril 1884, le même jour que son complice Karl Schlossarek
Escroc se présentant sous de fausses identités, il a séduit puis tué quatre employées de maison en 1883 pour s'emparer de leurs économies, avec l'aide d'un complice rencontré en prison. Arrêté à Vienne en janvier 1884, il a été jugé en mars et exécuté en avril 1884 ; son complice a été pendu le même jour et son frère condamné pour complicité.
Surnom donné par la presse : « Le Meurtrier des domestiques ». Affaires closes ne l'emploie pas comme titre.
Le contexte
Hugo Schenk est né le 11 février 1849 à Teschen, en Silésie autrichienne (aujourd'hui partagée entre Cieszyn, en Pologne, et Český Těšín, en Tchéquie), fils d'un magistrat. Il s'est tourné très jeune vers l'escroquerie au mariage : dès 1869-1870, il se présentait sous de fausses identités, dont celle d'un prince polonais, pour obtenir l'argent de femmes à qui il promettait le mariage. Condamné en décembre 1870 à cinq ans de prison pour escroqueries, il a été libéré au bout de deux ans, puis condamné de nouveau, vers l'âge de trente-deux ans, à deux ans de détention pour des faits semblables. C'est à la maison centrale de Stein, en Basse-Autriche, qu'il a rencontré Karl Schlossarek, détenu pour vol, qui est devenu son complice après leur sortie, au début de 1883.
En 1883, Schenk a séduit puis tué quatre employées de maison, en Basse-Autriche et au bord du Danube, pour s'emparer de leurs biens.
L'enquête et l'arrestation
Selon la revue Öffentliche Sicherheit du ministère autrichien de l'Intérieur, l'enquête a été menée par le Bureau de sûreté de la police viennoise (Sicherheitsbureau), sous la direction de Karl Breitenfeld. Après des recherches jusqu'à Linz, les policiers ont localisé Schenk à Vienne, où il a été arrêté le 10 janvier 1884 dans le logement de son complice. Karl Schlossarek a été interpellé le lendemain, ainsi que, selon Serienkillers.de, le frère de Hugo Schenk. Les quatre meurtres commis entre juin et décembre 1883 ont été établis au cours de l'instruction.
Le procès et le verdict
Le procès s'est tenu à Vienne du 13 au 15 mars 1884 devant le tribunal régional pénal (Landesgericht). Austria-Forum et Wikipédia en allemand le qualifient de tribunal d'exception (Ausnahmegericht). L'affaire a été largement suivie par la presse viennoise, notamment Die Presse et la Neue Freie Presse. Le 15 mars 1884, Hugo Schenk et Karl Schlossarek ont été reconnus coupables des quatre meurtres et condamnés à mort par pendaison. Selon la revue du ministère de l'Intérieur, le frère de Hugo Schenk a lui aussi été condamné à mort, puis gracié par l'empereur François-Joseph en avril 1884, sa peine étant commuée en détention à perpétuité ; les autres sources consultées ne précisent pas sa peine.
Hugo Schenk et Karl Schlossarek ont été pendus le 22 avril 1884 dans la cour n° 1 du tribunal régional de Vienne. Ses victimes confirmées sont les quatre femmes dont le meurtre a été jugé ; Wikipédia en anglais évoque d'autres faits possibles, qui n'ont pas été établis.
La place de l'affaire
Surnommé par la presse « le meurtrier des domestiques » (Dienstmädchenmörder), Hugo Schenk est l'un des criminels les plus connus de l'histoire viennoise. Sa postérité est aussi culturelle : des chansons populaires ont circulé sur l'affaire, dont l'une a été recueillie en 1918 dans une collection de chants tyroliens, et le journaliste Egon Erwin Kisch lui a consacré un récit, Die Frau, die auf Hugo Schenk wartete. Son crâne, étudié à l'époque par le neurologue Moriz Benedikt, est conservé au Musée criminel de Vienne (Wiener Kriminalmuseum). En 2022 encore, la revue Öffentliche Sicherheit du ministère autrichien de l'Intérieur lui consacrait un article rétrospectif, centré sur le travail des enquêteurs viennois de l'époque.
Sources
- Ministère fédéral de l'Intérieur autrichien (BMI), revue Öffentliche Sicherheit — Werner Sabitzer, Serienmorde an Dienstmädchen, 2022
- Austria-Forum — Hugo Schenk
- Serienkillers.de — Schenk, Hugo
Pour se repérer
- Wikipédia — Hugo Schenk, point d'entrée (EN) · Hugo Schenk, point d'entrée (DE)