Royaume-UniNotice1888–1888Londres

Jack l'Éventreur

Avertissement. Cette notice traite de crimes réels. Elle ne contient aucune image ni description détaillée des sévices, mais son sujet peut heurter.

En bref. Jack l'Éventreur : 5 victimes confirmées (jusqu'à 11 suspectées) au Royaume-Uni (Londres) en 1888. Auteur jamais identifié ; affaire historique non élucidée (dossier des « meurtres de Whitechapel », 1888-1891, clos sans inculpation).

Statut
Jamais identifié Close sans condamnation
Période d'activité
1888–1888
Victimes confirmées
5 (jusqu'à 11 suspectées)
Verdict
Auteur jamais identifié ; affaire historique non élucidée (dossier des « meurtres de Whitechapel », 1888-1891, clos sans inculpation)

Cinq femmes tuées dans le quartier de Whitechapel entre le 31 août et le 9 novembre 1888, les « cinq canoniques » attribuées à une même main par la police ; le dossier des meurtres de Whitechapel en compte onze entre 1888 et 1891. Première affaire criminelle médiatisée à l'échelle mondiale, jamais élucidée, elle a façonné le journalisme de faits divers et la police scientifique naissante.

Le contexte

À la fin des années 1880, Whitechapel est l'un des quartiers les plus pauvres de l'East End londonien. Sur la carte de la pauvreté dressée par le sociologue Charles Booth, ses rues apparaissent majoritairement dans les teintes réservées aux populations « très pauvres », selon le London Museum. Le surpeuplement y est extrême. Le quartier abrite aussi une importante communauté juive, employée notamment dans la confection. Les cinq femmes tuées à l'automne 1888 et retenues comme les « cinq canoniques » sont Mary Ann Nichols, le 31 août, Annie Chapman, le 8 septembre, Elizabeth Stride et Catherine Eddowes, toutes deux dans la nuit du 30 septembre, et Mary Jane Kelly, le 9 novembre. La police et la presse de l'époque les ont présentées comme des prostituées ; le London Museum souligne que seule Mary Jane Kelly l'était de façon avérée, les autres étant des femmes démunies, souvent sans logement fixe, que la société victorienne assimilait à la prostitution.

L'enquête et l'arrestation

L'enquête a mobilisé deux forces de police distinctes. La police métropolitaine, par sa division H chargée de Whitechapel, a conduit l'essentiel des investigations, renforcée par des inspecteurs détachés de Scotland Yard. Le meurtre de Catherine Eddowes, commis sur le territoire de la City, a en revanche relevé de la police de la Cité de Londres. Les archives nationales britanniques conservent une note du chef de la police métropolitaine, Sir Charles Warren, demandant que les deux services communiquent davantage pour ne pas « travailler deux fois sur le même terrain ». Faute de moyens adaptés, dans un quartier dense et labyrinthique et sans techniques d'identification comme les empreintes digitales, les enquêteurs ont procédé, selon le London Museum, à des milliers d'interrogatoires, sans parvenir à inculper quiconque. Des habitants ont manifesté devant le commissariat de Leman Street, et un comité de vigilance de Whitechapel a été constitué pour offrir des récompenses que la police refusait de proposer. La police a en outre reçu des centaines de lettres se présentant comme écrites par l'auteur des meurtres ; selon les National Archives, rien ne permet sérieusement d'attribuer l'une d'elles au meurtrier, et elles ont surtout fait perdre du temps aux enquêteurs. C'est l'une de ces lettres, rendue publique début octobre 1888, qui a donné à l'affaire le nom sous lequel elle est restée connue. Selon l'Encyclopædia Britannica, le climat de peur a aussi nourri des violences antisémites dans le quartier.

Le dénouement judiciaire

Faute d'inculpation, il n'y a jamais eu de procès. Les meurtres attribués à une même main cessent après celui du 9 novembre 1888, sans que l'on sache pourquoi. Le dossier des « meurtres de Whitechapel » ouvert par la police métropolitaine s'étend toutefois à onze femmes tuées entre le 3 avril 1888 et le 13 février 1891, date de la mort de Frances Coles, sans que la police ait pu établir combien d'entre elles relevaient d'un même auteur. Selon Wikipédia, aucun document de ce dossier n'est postérieur à 1896. L'affaire est donc close sans condamnation et sans victimes confirmées au sens judiciaire : le chiffre de cinq repose sur le regroupement opéré par la police de l'époque, celui de onze sur l'étendue du dossier, ce qui en fait un cas exemplaire de victimes suspectées. De nombreux noms ont été avancés depuis 1888 ; aucune de ces hypothèses n'a été établie, et l'identité de l'auteur demeure inconnue.

Ce que l'affaire a changé

L'affaire a d'abord eu des conséquences au sommet de la police : Sir Charles Warren, critiqué pour la conduite de l'enquête et en conflit avec le ministre de l'Intérieur, quitte ses fonctions en novembre 1888 et est remplacé par Sir James Monro, selon les National Archives. Elle a aussi exposé au grand public la misère de l'East End, et Wikipédia relie cette prise de conscience aux réformes du logement qui ont suivi dans les quartiers pauvres de Londres. Elle a également marqué l'histoire de la presse : faute d'informations officielles, les journaux ont multiplié les théories et les récits sensationnels, au point qu'un homme politique de l'époque écrivait que « les journaux empestent le sang », rapporte le London Museum. Elle rappelle enfin les limites des moyens d'enquête d'avant les empreintes digitales et la médecine légale moderne.

Sources

Pour se repérer

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