Royaume-UniDossier1888Londres
L'affaire Jack l'Éventreur
Entre le 31 août et le 9 novembre 1888, cinq femmes sont tuées dans le quartier de Whitechapel, l'un des plus pauvres de Londres. Deux forces de police, des milliers d'interrogatoires et des centaines de lettres signées d'un nom inventé ne mènent à aucune inculpation. Le meurtrier n'a jamais été identifié : c'est la seule affaire du site dont l'auteur reste inconnu, et elle est classée « close sans condamnation ».
Les faits
À la fin des années 1880, Whitechapel est l'un des quartiers les plus pauvres de l'East End de Londres. Sur la carte de la pauvreté dressée par le sociologue Charles Booth, ses rues apparaissent surtout dans les teintes réservées aux populations « très pauvres », rappelle le London Museum. On s'y entasse dans des garnis où l'on loue un lit pour la nuit ; beaucoup de femmes y vivent sans logement fixe.
Entre le 31 août et le 9 novembre 1888, cinq d'entre elles sont tuées dans un rayon de quelques centaines de mètres : Mary Ann Nichols le 31 août, Annie Chapman le 8 septembre, Elizabeth Stride et Catherine Eddowes dans la nuit du 30 septembre, Mary Jane Kelly le 9 novembre. Les meurtres sont commis la nuit ou au petit matin, dans la rue, une cour ou un logement, et l'auteur disparaît chaque fois sans être vu. La police et la presse les présentent toutes comme des prostituées ; selon le London Museum, seule Mary Jane Kelly l'était de façon avérée, les autres étant des femmes démunies que la société victorienne assimilait sans preuve à la prostitution.
Ces cinq meurtres, dits « canoniques », ne sont qu'une partie d'un dossier plus large. La police métropolitaine a réuni sous l'intitulé « meurtres de Whitechapel » onze décès de femmes survenus dans le quartier entre le 3 avril 1888 et le 13 février 1891, sans jamais établir combien relevaient du même auteur.
Comment l'enquête a abouti
Elle n'a pas abouti. C'est le trait qui distingue cette affaire de toutes les autres du site : malgré l'ampleur des moyens engagés, personne n'a jamais été inculpé.
L'enquête a mobilisé deux forces de police. La police métropolitaine, par sa division H installée à Leman Street, conduit l'essentiel des investigations, renforcée dès le meurtre de Mary Ann Nichols par des inspecteurs de Scotland Yard, dont Frederick Abberline. Le meurtre de Catherine Eddowes, commis à Mitre Square, sur le territoire de la City, relève en revanche de la police de la Cité de Londres. Le 9 octobre 1888, Sir Charles Warren, chef de la police métropolitaine, écrit à son homologue de la City pour que leurs services « soient en communication plus constante » : la lettre, conservée aux Archives nationales britanniques, montre une enquête coupée en deux.
Les policiers procèdent, selon le London Museum, à des milliers d'interrogatoires et multiplient les patrouilles, sans empreintes digitales ni aucune des techniques d'identification qui apparaîtront dans les décennies suivantes. Le quartier s'impatiente : des habitants manifestent devant le commissariat de Leman Street, et un comité de vigilance se forme pour offrir des récompenses que la police refuse de proposer.
L'enquête est aussi submergée de lettres. À la fin de septembre 1888, une agence de presse reçoit une lettre signée « Jack the Ripper », rendue publique au début d'octobre ; d'autres suivent, adressées à la police, aux journaux, au président du comité de vigilance, à un médecin de l'hôpital de Whitechapel. Les archives de la police métropolitaine en conservent des centaines. Selon les Archives nationales, rien ne permet sérieusement d'en attribuer une au meurtrier, et elles ont surtout fait perdre du temps aux enquêteurs ; la base Casebook, qui en a réuni quarante-neuf, indique que presque toutes sont aujourd'hui tenues pour des canulars. L'une d'elles a pourtant donné à l'affaire le nom sous lequel le monde la connaît.
Après le 9 novembre 1888, les meurtres attribués à une même main cessent, sans que l'on sache pourquoi. En septembre 1889, le successeur de Warren, Sir James Monro, écrit encore au ministre de l'Intérieur que le meurtrier a pu « passer entre nos patrouilles » et réclame des renforts. Le dossier est refermé dans les années 1890 sans qu'aucun suspect ait été traduit en justice.
Chronologie de l'affaire
- Premier des onze décès réunis par la police métropolitaine dans le dossier des « meurtres de Whitechapel », qui court jusqu'en 1891.
- Mary Ann Nichols est retrouvée morte dans la rue. C'est le premier des cinq meurtres que la police attribuera à une même main.
- Annie Chapman est retrouvée morte dans une arrière-cour. Dans les jours qui suivent, des habitants du quartier constituent un comité de vigilance.
- Une agence de presse reçoit à la fin du mois une lettre signée « Jack the Ripper », rendue publique au début d'octobre. Elle donne à l'affaire son nom ; rien ne permet de l'attribuer au meurtrier.
- Elizabeth Stride puis Catherine Eddowes sont tuées dans la même nuit. Le second meurtre, commis dans la City, relève de la police de la Cité de Londres.
- Le chef de la police métropolitaine, Sir Charles Warren, écrit à son homologue de la City pour demander que les deux services travaillent en communication plus étroite.
- À la mi-octobre, le président du comité de vigilance reçoit à son tour une lettre se présentant comme celle du meurtrier, l'une des centaines que conservent les archives de la police.
- Mary Jane Kelly est retrouvée morte dans son logement. C'est le dernier des cinq meurtres « canoniques ».
- Le chirurgien de police Thomas Bond remet à Robert Anderson, chef de la police judiciaire, un rapport qui attribue les cinq meurtres à un même auteur et esquisse son portrait.
- Critiqué et en conflit avec le ministre de l'Intérieur, Sir Charles Warren quitte la tête de la police métropolitaine ; Sir James Monro lui succède.
- Sir James Monro écrit au ministre de l'Intérieur que le meurtrier a pu « passer entre nos patrouilles » et demande cent hommes de plus pour Whitechapel.
- Mort de Frances Coles, dernier décès versé au dossier des meurtres de Whitechapel. Personne n'est inculpé ; le dossier est refermé sans suite.
Fiche de l'auteur
Jack l'Éventreur
Cinq femmes tuées dans le quartier de Whitechapel entre le 31 août et le 9 novembre 1888, les « cinq canoniques » attribuées à une même main par la police ; le dossier des meurtres de Whitechapel en compte onze entre 1888 et 1891. Première affaire criminelle médiatisée à l'échelle mondiale, jamais élucidée, elle a façonné le journalisme de faits divers et la police scientifique naissante.
Les lieux liés à l'affaire
- Buck's Row (aujourd'hui Durward Street), Whitechapel — Lieu où Mary Ann Nichols est retrouvée le 31 août 1888
- 29 Hanbury Street, Spitalfields — Arrière-cour où Annie Chapman est retrouvée le 8 septembre 1888
- Berner Street (aujourd'hui Henriques Street), Whitechapel — Cour où Elizabeth Stride est retrouvée dans la nuit du 30 septembre 1888
- Mitre Square, Cité de Londres — Lieu où Catherine Eddowes est retrouvée la même nuit ; le territoire de la City fait entrer une seconde police dans l'enquête
- Miller's Court, Dorset Street, Spitalfields — Logement où Mary Jane Kelly est retrouvée le 9 novembre 1888
- Commissariat de Leman Street, Whitechapel — Siège de la division H de la police métropolitaine, devant lequel des habitants manifestent à l'automne 1888
Le procès et le verdict
Il n'y a jamais eu de procès. Aucune des enquêtes conduites en 1888 et dans les années suivantes n'a abouti à une inculpation pour les cinq meurtres de l'automne 1888, ni pour les six autres décès du dossier des « meurtres de Whitechapel ». Chaque mort a donné lieu à l'enquête publique d'un coroner, magistrat chargé au Royaume-Uni d'établir les causes d'un décès, et non de juger un accusé.
L'affaire est donc close sans condamnation, d'une manière différente des autres affaires du site portant ce badge : l'auteur n'est pas mort avant son procès, il n'a jamais été identifié. Les « cinq victimes » sont celles qu'une même main a tuées selon la police et le rapport du chirurgien Thomas Bond, non selon une juridiction ; c'est pourquoi le site parle de victimes suspectées jusqu'à onze. Plus d'une centaine de noms ont été proposés depuis 1888 ; aucun n'a été établi, et le site n'en retient aucun.
Ce que l'affaire a changé
L'affaire a d'abord eu des conséquences au sommet de la police : Sir Charles Warren, critiqué pour la conduite de l'enquête et en conflit avec le ministre de l'Intérieur, quitte ses fonctions en novembre 1888, selon les Archives nationales et Wikipédia. Elle a ensuite exposé à tout le pays la misère de l'East End ; Wikipédia relie cette prise de conscience aux lois sur le logement ouvrier de 1890 et à la démolition progressive des pires taudis dans les deux décennies suivantes.
Elle a surtout marqué l'histoire de la presse. Faute d'informations officielles, les journaux ont multiplié les théories et les récits sensationnels, au point qu'un homme politique, Lord Cranbrook, notait le 2 octobre 1888 que « les journaux empestent le sang », rapporte le London Museum. Wikipédia la décrit comme la première affaire criminelle à provoquer un emballement médiatique mondial ; le nom inventé par une lettre anonyme a servi de modèle aux surnoms donnés ensuite par la presse à d'autres meurtriers, jusqu'à Peter Sutcliffe, dont l'enquête fut à son tour égarée par un faux « Éventreur » dans les années 1970.
Elle a enfin modifié la façon dont on raconte ces affaires. Pendant un siècle, l'attention s'est portée sur le meurtrier inconnu et sur la liste de ses suspects possibles ; le livre de Hallie Rubenhold, The Five, récompensé en 2019 par le prix Baillie Gifford, a déplacé le regard vers les cinq femmes, leurs vies et la pauvreté qui les exposait. Cette approche est aussi celle du site, qui ne publie ni image ni description des crimes.
Profil psychologique : ce que disent les experts
Expertises judiciaires
Aucune. L'auteur n'ayant jamais été identifié ni jugé, aucune expertise psychiatrique d'un accusé n'existe, et aucune juridiction ne s'est prononcée sur sa responsabilité. Les enquêtes des coroners de 1888 portaient sur les causes des décès, non sur la personnalité d'un auteur.
Diagnostics publiés
Aucune expertise publiée à notre connaissance, et pour cause : on ne peut pas diagnostiquer une personne inconnue. Les diagnostics avancés depuis 1888 portent en réalité sur tel ou tel suspect choisi par un auteur ; ils dépendent d'une identification qui n'a jamais été établie, et le site n'en reprend aucun.
Parcours documenté
Aucun parcours ne peut être documenté. Le seul élément de contexte établi est le cadre des meurtres : un quartier pauvre et surpeuplé, des victimes choisies parmi les femmes les plus vulnérables de la rue, des faits commis de nuit dans un périmètre de quelques centaines de mètres, ce qui laisse penser, selon le rapport de Thomas Bond, que l'auteur connaissait le quartier et n'y attirait pas l'attention.
Ce qu'il a dit de lui-même
Rien qui puisse lui être attribué. Les centaines de lettres signées « Jack » ou se présentant comme celles du meurtrier ont été écrites, selon les Archives nationales britanniques et la base Casebook, par des auteurs de canulars ou de mauvaises plaisanteries ; aucune n'a pu être reliée au meurtrier. Elles renseignent sur la fascination qu'exerçait l'affaire, pas sur celui qui l'a commise.
Lectures criminologiques
Le 10 novembre 1888, à la demande de Robert Anderson, chef de la police judiciaire de Londres, le chirurgien de police Thomas Bond rédige un rapport sur les cinq meurtres. Il conclut qu'ils sont « sans aucun doute » l'œuvre d'une même main, et décrit l'auteur probable : un homme physiquement fort, calme et audacieux, sans connaissances anatomiques ni même l'habileté d'un boucher, sans doute d'âge moyen, d'apparence respectable et discrète, solitaire, aux habitudes excentriques, sans emploi régulier, vivant peut-être d'une petite rente, au milieu de gens qui pourraient soupçonner son état mental sans oser le dénoncer. Wikipédia décrit ce texte comme le plus ancien profil d'auteur conservé ; l'université LUMSA, qui en publie la traduction, le présente comme le premier connu des temps modernes. Il n'a mené à personne.
Le chef adjoint de la police métropolitaine Melville Macnaghten, entré en fonctions après les faits, désigne en 1894 dans une note interne trois suspects, en retenant « cinq victimes, et cinq seulement » ; Wikipédia souligne que les éléments contre chacun sont au mieux indirects et que la note contient des erreurs factuelles. Au XXe siècle, l'affaire est devenue un cas d'école pour les criminologues, qui y voient l'un des premiers exemples connus de tueur en série au sens moderne, agissant seul, contre des inconnues, dans un même quartier.
Ce qu'on ne sait pas
L'essentiel. On ne sait ni qui était l'auteur, ni combien de femmes il a tuées, ni pourquoi les meurtres ont cessé après novembre 1888. Le regroupement des cinq victimes « canoniques » repose sur l'appréciation de la police et de Thomas Bond, non sur une preuve. Plus d'une centaine de noms ont été proposés au fil du temps, plus de deux cents selon l'émission Au cœur de l'histoire d'Europe 1 ; les analyses génétiques mises en avant au XXIe siècle pour désigner l'un d'eux ont été contestées et n'ont pu être reproduites, selon Wikipédia. En l'absence de nouvel élément, l'énigme restera sans doute entière.
Questions fréquentes
Combien de victimes a fait Jack l'Éventreur ?
Personne ne le sait avec certitude. La tradition, fondée sur le regroupement fait par la police et sur le rapport du chirurgien Thomas Bond en novembre 1888, retient cinq femmes tuées entre le 31 août et le 9 novembre 1888 : Mary Ann Nichols, Annie Chapman, Elizabeth Stride, Catherine Eddowes et Mary Jane Kelly. Le dossier des « meurtres de Whitechapel » de la police métropolitaine en compte onze, entre avril 1888 et février 1891, sans que la police ait pu dire lesquels relevaient du même auteur. Aucun tribunal ne s'étant prononcé, ce sont des victimes suspectées.
Jack l'Éventreur a-t-il été identifié ?
Non. Personne n'a été inculpé, ni en 1888 ni depuis. Plus d'une centaine de noms ont été avancés par des policiers de l'époque, des auteurs et des amateurs ; aucune de ces hypothèses n'a été démontrée, et les analyses génétiques récentes mises en avant par certains livres ont été contestées. Le site ne retient aucun suspect.
Pourquoi l'appelle-t-on « Jack l'Éventreur » ?
Le nom vient d'une lettre signée « Jack the Ripper » reçue fin septembre 1888 par une agence de presse londonienne et rendue publique au début d'octobre. Selon les Archives nationales britanniques, rien ne permet sérieusement d'attribuer cette lettre, ni aucune des centaines d'autres reçues par la police, au meurtrier. Le surnom est donc une invention de l'époque, probablement d'un auteur de canular, reprise par la presse.
Pourquoi cette affaire figure-t-elle sur un site d'affaires closes ?
Parce qu'elle est définitivement close : le dossier de la police a été refermé dans les années 1890 et l'auteur, quel qu'il soit, est mort depuis longtemps. Elle porte le badge « close sans condamnation », comme l'affaire Thierry Paulin, mais pour une autre raison : l'auteur n'a jamais été identifié ni jugé. Le site la garde parce qu'elle a fondé l'image moderne du tueur en série et qu'elle éclaire l'histoire des enquêtes.
Qu'est-ce que le rapport du docteur Thomas Bond ?
Le 10 novembre 1888, le chirurgien de police Thomas Bond adresse à Robert Anderson, chef de la police judiciaire de Londres, une lettre où il conclut que les cinq meurtres sont « sans aucun doute » l'œuvre d'une même main et décrit l'auteur probable : un homme solitaire, d'apparence ordinaire, sans connaissances anatomiques. Ce texte est souvent présenté comme l'un des tout premiers essais de profilage criminel ; il n'a pas permis d'identifier qui que ce soit.
Pour aller plus loin : films, livres et podcasts
Sélection informative, sans lien affilié.
- Podcast Les nombreux visages de Jack l'Éventreur (deux épisodes), Jean des Cars (Au cœur de l'histoire, Europe 1, 2026) — Récit en deux parties, rediffusé en juillet 2026 ; la seconde revient sur la profusion des suspects avancés depuis 1888 et sur le mystère qui demeure. Lien non affilié.
- Livre The Five: The Untold Lives of the Women Killed by Jack the Ripper, Hallie Rubenhold (En anglais, 2019) — Biographie des cinq femmes, et non du meurtrier : l'historienne les présente comme des femmes ordinaires tombées dans la misère, non comme les figures d'un récit criminel. Prix Baillie Gifford 2019, la principale récompense britannique de non-fiction. Lien non affilié.
- Article Jack the Ripper, London Museum (London stories, en anglais) — Page du musée de Londres sur le quartier, la presse et les victimes, avec la carte de la pauvreté de Charles Booth. Lien non affilié.
- Article Jack the Ripper (dossier pédagogique), The National Archives (Archives nationales britanniques, en anglais (PDF)) — Transcriptions de lettres de la police et de lettres signées « Jack » conservées dans les fonds de Scotland Yard et du ministère de l'Intérieur. Lien non affilié.
- Film From Hell, Albert et Allen Hughes (Cinéma, 2001) — Fiction adaptée d'une bande dessinée, qui prend parti pour une théorie jamais établie ; à voir comme un film, pas comme un document. Lien non affilié.
Sources
- Jack the Ripper, dossier pédagogique (lettres de la police métropolitaine et lettres signées « Jack », 1888-1889), The National Archives
- Hoax letter signed by ‘Jack the Ripper’ (MEPO 3/142), The National Archives
- Jack the Ripper, London Museum
- Jack the Ripper (Philip Jenkins, mis à jour le 24 août 2026), Encyclopædia Britannica
- Whitechapel Murders, Britannica (édition scolaire)
- Whitechapel murders, Wikipedia (en)
- Jack the Ripper, Wikipedia (en)
- Thomas Bond (English surgeon), Wikipedia (en)
- Il profilo di Jack lo Squartatore (traduction du rapport de Thomas Bond, d'après Casebook), Université LUMSA, Rome
- Ripper Letters (49 documents, « presque tous tenus aujourd'hui pour des canulars »), Casebook: Jack the Ripper
- Les nombreux visages de Jack l'Éventreur [1/2], Europe 1, Au cœur de l'histoire
- Les nombreux visages de Jack l'Éventreur [2/2], Europe 1, Au cœur de l'histoire
- Book about Jack the Ripper's victims wins top UK nonfiction prize (20 novembre 2019), Al Jazeera
Corrections et mises à jour
Aucune correction depuis la publication le 12 octobre 2026.
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