AutricheNotice1974–1991Vienne, Styrie, Vorarlberg (et Prague, Los Angeles)
Jack Unterweger
En bref. Jack Unterweger (1950-1994) : 1 victime confirmée (jusqu'à 12 suspectées) en Autriche (Vienne, Styrie, Vorarlberg (et Prague, Los Angeles)) entre 1974 et 1991. Condamné définitivement en 1976 à la réclusion à perpétuité pour un meurtre commis en 1974, libéré en 1990 ; reconnu coupable de neuf meurtres par la cour d'assises de Graz fin juin 1994, il s'est pendu dans sa cellule le 29 juin 1994, avant que ce jugement ne devienne définitif.
- Statut
- Suicidé en détention (29 juin 1994) Close sans condamnation
- Naissance
- 16 août 1950
- Période d'activité
- 1974–1991
- Victimes confirmées
- 1 (jusqu'à 12 suspectées)
- Verdict
- Condamné définitivement en 1976 à la réclusion à perpétuité pour un meurtre commis en 1974, libéré en 1990 ; reconnu coupable de neuf meurtres par la cour d'assises de Graz fin juin 1994, il s'est pendu dans sa cellule le 29 juin 1994, avant que ce jugement ne devienne définitif
Condamné en 1976 pour un meurtre, devenu en prison un auteur publié, il a été libéré en 1990 avec le soutien de personnalités du monde culturel autrichien. Il a ensuite été poursuivi pour onze meurtres de femmes commis en Autriche, à Prague et à Los Angeles. Reconnu coupable de neuf d'entre eux à Graz en 1994, il s'est suicidé quelques heures après le verdict, qui n'est donc jamais devenu définitif.
Le contexte
Johann « Jack » Unterweger est né le 16 août 1950 à Judenburg, en Styrie. En 1974, à 24 ans, il tue une jeune femme allemande de 18 ans ; arrêté à Salzbourg, il est condamné le 31 mai 1976 à la réclusion à perpétuité selon Salzburg24. Cette condamnation est définitive. En détention, il se met à écrire : son récit autobiographique, Fegefeuer oder die Reise ins Zuchthaus (« Purgatoire, ou le voyage au pénitencier »), puis des poèmes et des pièces lui valent une notoriété dans les milieux littéraires autrichiens, qui le surnomment le « poète de prison ». Présenté comme un exemple de réinsertion réussie, il obtient sa libération conditionnelle en mai 1990, après une quinzaine d'années de détention.
L'enquête et l'arrestation
Quelques mois après sa libération, une série de meurtres de femmes, pour la plupart prostituées, débute en Europe centrale. Selon Salzburg24, onze meurtres commis entre septembre 1990 et juillet 1991 lui ont été imputés : un à Prague, un à Bregenz, deux près de Graz, quatre dans la région de Vienne et trois à Los Angeles. Les enquêteurs rapprochent ces dossiers par leur modus operandi, identique d'un pays à l'autre. Se sachant soupçonné, Unterweger quitte l'Autriche ; il est arrêté à Miami, en Floride, le 27 février 1992, puis extradé vers l'Autriche en mai 1992 selon Wikipédia.
Le dénouement judiciaire
Le procès s'ouvre le 20 avril 1994 devant la cour d'assises de Graz. L'accusation repose sur un faisceau d'indices : selon Salzburg24, un cheveu lié au meurtre de Prague et des fibres textiles ; l'analyse génétique y joue un rôle central selon Vienna.at. Selon le même site, l'expertise psychiatrique avait conclu à un trouble de la personnalité de type narcissique et histrionique, sans irresponsabilité pénale. Unterweger nie l'ensemble des faits. Le 28 juin 1994 au soir selon la taz, six des huit jurés le reconnaissent coupable de neuf des onze meurtres ; il est condamné à la réclusion à perpétuité, assortie d'un placement en établissement pour délinquants souffrant de troubles mentaux. Il annonce son intention de faire appel. Dans la nuit, vers 3 heures du matin le 29 juin 1994, il se pend dans sa cellule de la prison de Graz. Sa mort éteint la procédure : le jugement n'est jamais devenu définitif. L'affaire est donc close sans condamnation pour cette série, alors que le meurtre de 1974 avait, lui, été définitivement jugé.
Ce que l'affaire a changé
L'affaire a durablement interrogé, en Autriche, la confiance accordée à un condamné pour meurtre devenu figure littéraire : la taz relevait dès 1994 qu'il avait acquis en détention un statut de célébrité intellectuelle, et Salzburg24 rappelle qu'il était présenté à sa sortie comme un modèle de réinsertion. Elle est aussi l'une des rares affaires de la période instruites à l'échelle de trois pays, l'Autriche, la Tchécoslovaquie et les États-Unis. Faute de jugement définitif, les neuf meurtres retenus par le jury n'ont jamais été confirmés en appel : le site ne retient donc comme victime confirmée que celle du meurtre de 1974, définitivement jugé, et range les autres parmi les victimes suspectées ; le badge « Close sans condamnation » vise cette seconde série.
Sources
- Vienna.at — Vor zehn Jahren erhängte sich Jack Unterweger, 24 juin 2004
- Open the Door — Serienmörder in Österreich : Jack Unterweger
- taz — Ende eines Frauenmörders, 30 juin 1994
- Oberösterreichische Nachrichten — Poet und Mörder: Vor 25 Jahren starb Jack Unterweger, 29 juin 2019
- profil — Jack Unterweger: Der Party-Killer, 19 février 2022
- News.at — Jack Unterweger: Kriminalfall, Fakten
- Salzburg24 — Der Fall Unterweger: « Jack » als Österreichs Serienkiller, 7 août 2015
- Salzburger Nachrichten — 1992 - Jack Unterweger geht dem FBI ins Netz, 20 septembre 2018
- Deutsche Nationalbibliothek (GND) — Unterweger, Jack