EspagneNotice1844–1852Galice (province d'Ourense)
Manuel Blanco Romasanta
En bref. Manuel Blanco Romasanta (1809-1863) : 9 victimes confirmées (jusqu'à 17 suspectées) en Espagne (Galice (province d'Ourense)) entre 1844 et 1852. Condamné à mort par garrot pour neuf meurtres par le tribunal d'Allariz le 6 avril 1853, avec indemnité de 1 000 réaux par victime ; peine commuée en réclusion à perpétuité par la reine Isabelle II ; mort au bagne de Ceuta le 14 décembre 1863.
- Statut
- Décédé (14 décembre 1863)
- Naissance
- 18 novembre 1809
- Période d'activité
- 1844–1852
- Victimes confirmées
- 9 (jusqu'à 17 suspectées)
- Verdict
- Condamné à mort par garrot pour neuf meurtres par le tribunal d'Allariz le 6 avril 1853, avec indemnité de 1 000 réaux par victime ; peine commuée en réclusion à perpétuité par la reine Isabelle II ; mort au bagne de Ceuta le 14 décembre 1863
Originaire de la province d'Ourense, il a tué entre 1844 et 1852 des femmes et des enfants en Galice. Arrêté en 1852 à Nombela (Tolède), il a avoué treize meurtres et invoqué une malédiction pour se dire irresponsable ; le tribunal d'Allariz l'a condamné pour neuf. Son procès est l'un des premiers débats judiciaires espagnols sur la responsabilité pénale et la maladie mentale.
Surnom donné par la presse : « L'Homme-loup d'Allariz ». Affaires closes ne l'emploie pas comme titre.
Le contexte
Manuel Blanco Romasanta est né le 18 novembre 1809 à Regueiro, paroisse d'Esgos, dans la province d'Ourense, en Galice. Tisserand de formation, il a ensuite vécu comme colporteur, parcourant à pied les routes de Galice, du Bierzo et du León. C'est dans ce monde rural pauvre du milieu du XIXe siècle, où l'émigration saisonnière vers la Castille ou les Asturies était courante, que se situent les faits. Selon les sources réunies par elDiario.es et par l'encyclopédie, il proposait à des femmes, souvent accompagnées de leurs enfants, de les guider vers des places de domestiques dans d'autres provinces ; ces personnes ne sont jamais arrivées à destination. La justice a retenu neuf meurtres commis entre 1846 et 1852 ; ses propres déclarations en évoquaient davantage, et le nombre de victimes suspectées reste incertain.
L'enquête et l'arrestation
Les disparitions successives, dont les familles restaient sans nouvelles, ont fini par alimenter les soupçons dans les villages concernés. Ayant quitté la Galice, il a été arrêté en 1852 à Nombela, dans la province de Tolède, où il vivait sous une fausse identité ; selon l'encyclopédie, l'arrestation date de septembre 1852 et il présentait un passeport au nom d'Antonio Gómez. Ramené à Allariz, il a fait des aveux portant sur treize meurtres, tout en affirmant avoir agi sous l'effet d'une malédiction qui le privait de sa volonté. L'instruction n'a retenu que neuf de ces faits : selon l'étude publiée par l'association galicienne de santé mentale, plusieurs corps n'avaient jamais été retrouvés et certaines morts pouvaient être imputées à des loups. Le dossier, qui dépasse selon l'encyclopédie deux mille pages, a été conservé par l'Audience territoriale de La Corogne.
Le procès et le verdict
Le 6 avril 1853, le juge de première instance d'Allariz a condamné Manuel Blanco Romasanta à la peine de mort par le garrot pour neuf meurtres, assortie d'une indemnité de 1 000 réaux par victime. La défense, conduite par l'avocat Manuel Rúa Figueroa, avait plaidé l'altération mentale, sans convaincre le juge. L'affaire a alors pris une dimension nationale. Un hypnotiseur se présentant sous le nom de « docteur Philips », identifié par les historiens de la psychiatrie comme le médecin français exilé Joseph-Pierre Durand de Gros, a écrit au ministre de la Justice pour soutenir que l'accusé souffrait d'une monomanie relevant de la médecine et non du bourreau. Selon l'étude présentée en 2016 aux journées d'histoire de la psychiatrie de Galice, un ordre royal du 24 juillet 1853 a suspendu l'exécution dans l'attente d'examens scientifiques. Après un nouvel examen par l'Audience de La Corogne, qui selon l'encyclopédie avait d'abord réduit puis rétabli la peine capitale, la reine Isabelle II a commué la condamnation en réclusion à perpétuité le 13 mai 1854. Romasanta a purgé sa peine au préside de Ceuta, où il est mort le 14 décembre 1863, d'un cancer de l'estomac selon les recherches publiées depuis.
La place de l'affaire
Pendant plus d'un siècle, la date et le lieu de sa mort sont restés incertains : on le disait mort à Allariz, à La Corogne ou à Celanova. Ce sont les chercheurs Félix et Cástor Castro Vicente qui ont établi, à partir d'un registre paroissial d'Esgos et de la presse de 1863, notamment La Esperanza du 21 décembre, qu'il était mort au fort du Monte Hacho, à Ceuta, comme l'a rapporté El Faro de Ceuta. Sur le plan judiciaire, l'affaire, que la presse du temps a surnommée « la cause de l'homme-loup », est l'un des premiers débats espagnols sur la frontière entre crime et maladie mentale, et sur le poids d'une expertise psychiatrique dans l'appréciation de l'irresponsabilité pénale. La défense en a publié dès 1859 un compte rendu détaillé, aujourd'hui numérisé par la Real Academia Española, et l'Arquivo do Reino de Galicia a édité en 2015 la reproduction intégrale de l'expédient judiciaire. Les autres affaires du pays sont regroupées sur le hub Espagne.
Sources
- elDiario.es — El juicio a Manuel Blanco Romasanta que convirtió al primer asesino en serie español en leyenda
- AGSM-AEN — D. Simón Lorda et al., El Dr. Joseph Durand de Gros y el caso Romasanta (1853), VI Jornadas de historia da psiquiatría, 2016
- Xunta de Galicia, Consellería de Cultura — O Arquivo do Reino de Galicia recupera as fontes orixinais da causa contra Manuel Blanco Romasanta, 2015
- Real Academia Española, archivo digital — Reseña de la causa formada en el juzgado de 1ª instancia de Allariz contra Manuel Blanco Romasanta, Madrid, 1859
- El Faro de Ceuta — Francisco Sánchez Montoya, Hombre lobo en Ceuta, 12 janvier 2014
- InfoBierzo — Romasanta, la « causa contra el hombre lobo » que aterrorizó al Bierzo, Ourense y León
- Diario de León — Romasanta, asesino en serie visionario y hermafrodita
Pour se repérer
- Wikipédia — Manuel Blanco Romasanta (ES) · Manuel Blanco Romasanta (EN)