FranceNotice1962–1963Loire · Auvergne-Rhône-Alpes
Saïb Hachani
En bref. Saïb Hachani (décès en 1966) : 3 victimes confirmées en France (Loire) entre 1962 et 1963. Condamné à mort par la cour d'assises de la Loire, à Saint-Étienne, en octobre 1965, pour trois meurtres ; guillotiné à Lyon le 22 mars 1966.
- Statut
- Exécuté (22 mars 1966)
- Période d'activité
- 1962–1963
- Victimes confirmées
- 3
- Verdict
- Condamné à mort par la cour d'assises de la Loire, à Saint-Étienne, en octobre 1965, pour trois meurtres ; guillotiné à Lyon le 22 mars 1966
Au début des années 1960, il a tué trois hommes au Chambon-Feugerolles, près de Saint-Étienne : des travailleurs algériens qui souhaitaient rentrer au pays avec leurs économies, dont il s'emparait. Il a avoué les trois meurtres. Il a été le dernier condamné à mort de la cour d'assises de la Loire et le dernier exécuté à Lyon.
Le contexte
Saïb Hachani, âgé de trente ans à son exécution selon Le Progrès, était un Algérien installé dans la vallée de l'Ondaine, au Chambon-Feugerolles, près de Saint-Étienne. Le bassin stéphanois comptait alors une importante population de travailleurs algériens, employés dans les mines et la métallurgie. L'affaire se situe au lendemain immédiat de l'indépendance de l'Algérie, proclamée en juillet 1962 : nombre de ces travailleurs souhaitaient alors rentrer au pays avec leurs économies.
Selon les sources disponibles, Hachani se présentait auprès d'eux comme un passeur capable d'organiser leur voyage de retour et le transport de leur pécule. Il a ainsi tué trois hommes pour s'emparer de leur argent, selon Le Progrès et actu.fr. Deux dates sont recoupées : le 16 novembre 1962 (Le Progrès, actu.fr) et le 8 décembre 1962 (actu.fr, Wikipédia). Le troisième fait est daté du 13 février 1963 par Wikipédia et le forum Guillotine, mais situé en février 1962 par actu.fr : la divergence n'est pas tranchée. Les trois victimes étaient des travailleurs algériens adultes. Le quartier de Gaffard, au Chambon-Feugerolles, est cité comme le lieu des premiers faits.
L'enquête et l'arrestation
Les éléments publiés sur l'enquête sont rares et proviennent surtout de la presse régionale. La découverte du troisième corps, au début de 1963, aurait conduit à l'arrestation de Hachani en février 1963, selon Wikipédia. Il a reconnu les trois meurtres ; ces aveux, retenus par l'instruction, fondent le chiffre de trois victimes confirmées. Un second homme, poursuivi à ses côtés, aurait été condamné à vingt ans de réclusion criminelle selon le forum Guillotine ; ce point n'a pas pu être recoupé.
Si la date d'arrestation est exacte, l'instruction aura duré plus de deux ans et demi. Selon Wikipédia, la défense aurait tenté de replacer les faits dans le contexte des règlements de comptes de l'après-guerre d'Algérie, en évoquant un mobile politique que l'accusation a écarté au profit du vol.
Le procès et le verdict
Saïb Hachani a été jugé les 28 et 29 octobre 1965 par la cour d'assises de la Loire, à Saint-Étienne, selon la Tribune de Lyon et actu.fr ; il y a reconnu les trois meurtres, d'après ce dernier. Il a été condamné à mort, sans circonstances atténuantes selon le forum Guillotine, le 29 octobre selon Wikipédia. Le recours en grâce adressé au président de la République, Charles de Gaulle, n'a pas abouti.
Il a été guillotiné à Lyon le 22 mars 1966, date sur laquelle s'accordent les sources consultées ; selon Wikipédia et le forum Guillotine, l'exécution a été conduite par André Obrecht. Le lieu précis fait débat : Le Progrès et la Tribune de Lyon situent l'exécution à la prison Saint-Paul, tandis que Forez Info, reprenant l'ouvrage de Jean-François Vial et Jacques Rouzet, et le forum Guillotine la placent au fort Montluc. Faute de document d'archive consulté, cette notice s'en tient à « Lyon ». Le Monde du 24 mars 1966 en a rendu compte sous le titre « Exécution capitale à Lyon ».
La place de l'affaire
L'affaire n'a guère laissé de traces dans la presse nationale, et la mémoire en est d'abord locale. Elle porte deux « dernières fois » : Hachani a été le dernier condamné à mort de la cour d'assises de la Loire, selon Forez Info et Wikipédia, et le dernier exécuté à Lyon, selon la Tribune de Lyon et Wikipédia, quinze ans avant l'abolition de la peine de mort par la loi du 9 octobre 1981. Le cas est aussi l'un des rares dossiers de meurtres en série de l'époque visant des victimes issues de l'immigration algérienne, une population alors peu visible dans la presse nationale. Hors des archives judiciaires et de la presse stéphanoise, la documentation reste mince : plusieurs points de cette notice sont, pour cette raison, rédigés au conditionnel. Voir aussi le hub France et la notion de tueur en série.
Sources
- Le Progrès — Abolition de la peine de mort : à Lyon, la dernière exécution remonte à 1966, 9 octobre 2021, début de l'article, le reste étant réservé aux abonnés
- actu.fr — L'histoire de Saïb Le Rouge, dernier criminel condamné à mort dans la Loire (Richard Monteil, 9 octobre 2021)
- Le Monde — Exécution capitale à Lyon, 24 mars 1966, titre et date seuls, l'article étant réservé aux abonnés
- Forum Guillotine (base documentaire collaborative) — Saïb Hachani, 1966, d'après Le Progrès et J.-F. Vial et J. Rouzet, Les Grandes Affaires criminelles de la Loire
- Tribune de Lyon — Le jour où la dernière exécution capitale à Lyon a eu lieu
- Forez Info — Les grandes affaires criminelles de la Loire
Pour se repérer
- Wikipédia — Saïb Hachani · Saïb Hachani (EN)