RussieNotice1988–1993Oblast de Moscou

Sergueï Riakhovski

Avertissement. Cette notice traite de crimes réels. Elle ne contient aucune image ni description détaillée des sévices, mais son sujet peut heurter.

En bref. Sergueï Riakhovski (1962-2007) : 18 victimes confirmées (jusqu'à 19 suspectées) en Russie (Oblast de Moscou) entre 1988 et 1993. Condamné à mort en 1995 pour dix-huit meurtres, peine commuée en réclusion à perpétuité à la suite du moratoire sur la peine capitale ; mort de la tuberculose en novembre 2007 dans une colonie pénitentiaire de Mordovie.

Statut
Décédé (novembre 2007)
Naissance
29 décembre 1962
Période d'activité
1988–1993
Victimes confirmées
18 (jusqu'à 19 suspectées)
Verdict
Condamné à mort en 1995 pour dix-huit meurtres, peine commuée en réclusion à perpétuité à la suite du moratoire sur la peine capitale ; mort de la tuberculose en novembre 2007 dans une colonie pénitentiaire de Mordovie

Condamné pour dix-huit meurtres commis dans la région de Moscou entre 1988 et 1993, visant surtout des femmes âgées et des hommes pris pour cible en raison de leur homosexualité supposée ; il en était poursuivi pour dix-neuf.

Le contexte

Sergueï Riakhovski est né le 29 décembre 1962 à Balachikha, dans la région de Moscou. Selon la presse russe, des complications à la naissance ont entraîné un retard de développement, notamment du langage, et il a grandi à l'écart des autres enfants. Après huit années de scolarité et une formation d'électricien en école professionnelle, il a occupé des emplois irréguliers dans des métiers techniques. En 1982, à vingt ans, il a été arrêté après une série d'agressions contre des femmes âgées dans le quartier de Golianovo, à Moscou. La qualification retenue diverge selon les sources, « hooliganisme » selon Lenta.ru, tentative de viol selon Argoumenty i Fakty, mais toutes s'accordent sur une peine de quatre ans, purgée dans une colonie pénitentiaire de 1982 à 1986. C'est après sa libération, dans la Russie de la fin de l'URSS et des premières années post-soviétiques, que se situent les meurtres pour lesquels il a été jugé.

L'enquête et l'arrestation

Entre 1988 et 1993, des meurtres ont été commis à Moscou et dans sa région, notamment dans le parc d'Izmaïlovo et autour de Balachikha. Les victimes étaient surtout des femmes âgées, ainsi que des hommes que Riakhovski prenait pour cible en raison de leur homosexualité supposée ; selon Vetchernaïa Moskva, elles avaient entre 13 et 73 ans. Les meurtres étaient commis à l'arme blanche ou par strangulation. L'enquête a progressé grâce au témoignage d'une survivante, qui a permis d'établir un portrait-robot au début de 1993. Riakhovski a été arrêté le 13 avril 1993 près d'Odintsovo, à l'ouest de Moscou, selon Argoumenty i Fakty et 360.ru, Vetchernaïa Moskva évoquant une souricière tendue par la police ; Lenta.ru place l'arrestation en mai 1993, près de Balachikha, après une nouvelle tentative de meurtre. Il aurait avoué davantage de faits que ceux finalement retenus, jusqu'à vingt-quatre agressions selon 360.ru.

Le procès et le verdict

Une expertise psychiatrique a relevé chez lui plusieurs troubles, tout en concluant qu'il était pénalement responsable. Jugé en 1995 par le tribunal de la région de Moscou, il a été reconnu coupable de dix-huit des dix-neuf meurtres qui lui étaient reprochés, soit ses victimes confirmées, ainsi que de tentatives de meurtre dont le nombre diverge, deux selon 360.ru, cinq selon Vetchernaïa Moskva. Il a été condamné à mort. La sentence n'a pas été exécutée : à la suite du moratoire sur la peine capitale adopté par la Russie, elle a été commuée en réclusion à perpétuité, en 1996 selon Lenta.ru, en 1997 selon Vetchernaïa Moskva. Détenu à la prison de Boutyrka, à Moscou, il a été transféré en 1999, selon Lenta.ru, dans la colonie pénitentiaire à régime spécial IK-1 de Mordovie, réservée aux condamnés à perpétuité. Il y est mort de la tuberculose en novembre 2007.

La place de l'affaire

L'affaire est surtout citée pour deux raisons. D'une part, Riakhovski avait déjà été condamné, au début des années 1980, pour des agressions contre des femmes âgées, avant de commettre la série de meurtres qui lui a valu sa seconde condamnation ; son cas pose ainsi la question de la récidive. D'autre part, il fait partie des condamnés à mort de la Russie des années 1990 dont la peine n'a jamais été exécutée, et qui ont fini leur vie dans les colonies réservées aux condamnés à perpétuité.

Sources

Pour se repérer

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