RussieNotice1921–1923Moscou

Vassili Komarov

En bref. Vassili Komarov (1871-1923) : 29 victimes confirmées (jusqu'à 33 suspectées) en Russie (Moscou) entre 1921 et 1923. Condamné à mort à Moscou en juin 1923 avec son épouse, jugée comme complice ; tous deux fusillés le même mois.

Statut
Exécuté (juin 1923)
Naissance
1871
Période d'activité
1921–1923
Victimes confirmées
29 (jusqu'à 33 suspectées)
Verdict
Condamné à mort à Moscou en juin 1923 avec son épouse, jugée comme complice ; tous deux fusillés le même mois

Cocher installé rue Chabolovka, à Moscou, sous un nom d'emprunt, il a tué entre 1921 et 1923 des hommes rencontrés au marché aux chevaux, qu'il attirait chez lui en leur promettant une vente. Arrêté en mai 1923, il a avoué trente-trois meurtres. Son procès, très suivi, s'est tenu au Musée polytechnique et s'est conclu par une condamnation à mort ; il a été fusillé en juin 1923.

Surnom donné par la presse : « Le loup de Moscou ». Affaires closes ne l'emploie pas comme titre.

Le contexte

Né Vassili Terentievitch Petrov dans le gouvernement de Vitebsk, en 1871 selon l'historien Mark Vincent, qui s'appuie sur une étude criminologique de 1924 (le site Lenta.ru donne 1877), l'homme connu sous le nom de Vassili Ivanovitch Komarov vivait au début des années 1920 à Moscou, au 26 de la rue Chabolovka, au sud du centre. Il y exerçait sous ce nom d'emprunt le métier de cocher. La période est celle de la Nouvelle politique économique (NEP), qui rétablit à partir de 1921 un petit commerce privé. Ses victimes étaient des hommes rencontrés au marché aux chevaux, qu'il attirait chez lui en leur promettant une vente. Il vivait avec son épouse, qui sera jugée avec lui.

L'enquête et l'arrestation

Le premier meurtre remonte à février 1921, selon Mark Vincent et Lenta.ru. À partir du début de 1922, écrit Mikhaïl Boulgakov, des corps sont retrouvés à Moscou sans que l'enquête remonte jusqu'à lui. Le dénouement intervient au printemps 1923 : son domicile est perquisitionné dans la nuit du 17 au 18 mai, selon Boulgakov. Komarov s'enfuit et est repris peu après, la nuit même selon l'écrivain, quelques jours plus tard selon Mark Vincent. Il passe alors aux aveux et reconnaît trente-trois meurtres. Vingt-deux corps avaient été retrouvés au moment de l'enquête, selon Boulgakov et Lenta.ru ; Mark Vincent en compte vingt-sept.

Le procès et le verdict

Le procès s'ouvre le 6 juin 1923 au Musée polytechnique de Moscou, où il a été déplacé en raison de l'affluence, selon Mark Vincent et l'encyclopédie que Boris Sokolov a consacrée à Boulgakov. Komarov et son épouse, jugée comme complice, sont condamnés à mort ; les Izvestia publient la décision le 8 juin. Tous deux sont fusillés dans le courant du mois : le jour exact varie selon les sources, entre le 18 et le 19 juin, et le reportage de Boulgakov, paru le 20, parle déjà d'eux au passé. Trente-trois meurtres ont été avoués ; vingt-neuf ont été prouvés par l'enquête, selon l'étude criminologique de 1924 que cite Mark Vincent et selon Lenta.ru. Le texte du jugement n'a pas pu être consulté.

La place de l'affaire

L'affaire est l'une des premières affaires criminelles largement médiatisées de la Russie soviétique. L'écrivain Mikhaïl Boulgakov, alors chroniqueur à Moscou, lui a consacré un reportage, « L'affaire Komarov », paru le 20 juin 1923 dans le journal Nakanoune. La presse anglophone de l'époque l'a surnommé « le loup de Moscou », surnom repris par la plupart des récits ultérieurs. Elle ouvre la série des affaires soviétiques et russes recensées sur le globe, d'Anatoli Slivko à Andreï Tchikatilo. Les récits disponibles hors de Russie étant pour l'essentiel de seconde main, les détails de l'enquête rapportés ici sont donnés sous réserve, à l'exception de la condamnation et de l'exécution, établies par toutes les sources.

Sources

Voir sur le globe →