ItalieNotice1870–1872Lombardie (province de Bergame)

Vincenzo Verzeni

Avertissement. Cette notice traite de crimes réels. Elle ne contient aucune image ni description détaillée des sévices, mais son sujet peut heurter.

En bref. Vincenzo Verzeni (1849-1918) : 2 victimes confirmées en Italie (Lombardie (province de Bergame)) entre 1870 et 1872. Condamné en 1873 par la cour d'assises de Bergame aux travaux forcés à perpétuité, la peine de mort ayant été écartée à une voix de juré près ; peine commuée en trente ans de réclusion après le code pénal de 1889 ; mort à Bottanuco le 31 décembre 1918.

Statut
Décédé (31 décembre 1918)
Naissance
1849
Période d'activité
1870–1872
Victimes confirmées
2
Verdict
Condamné en 1873 par la cour d'assises de Bergame aux travaux forcés à perpétuité, la peine de mort ayant été écartée à une voix de juré près ; peine commuée en trente ans de réclusion après le code pénal de 1889 ; mort à Bottanuco le 31 décembre 1918

Ouvrier agricole de Bottanuco, près de Bergame, il a tué deux femmes, dont une adolescente, et en a agressé plusieurs autres au début des années 1870. Arrêté, il a avoué. Examiné par Cesare Lombroso, il est devenu l'un des cas fondateurs de l'anthropologie criminelle italienne ; il est mort dans son village natal en 1918.

Surnom donné par la presse : « Le Vampire de la Bergamasque ». Affaires closes ne l'emploie pas comme titre.

Le contexte

Vincenzo Verzeni est né le 11 avril 1849 à Bottanuco, village agricole de la province de Bergame, en Lombardie. Il était ouvrier agricole au moment des faits. Ceux-ci se situent dans l'Italie tout juste unifiée, au tournant des années 1870, dans les campagnes de la Bergamasque. Le 8 décembre 1870, une adolescente de quatorze ans a été tuée près de Bottanuco ; en 1872, une femme de la région a subi le même sort. Entre 1869 et 1871, plusieurs autres femmes avaient été agressées sur les chemins des environs et avaient réussi à s'échapper. La justice a retenu deux meurtres et plusieurs tentatives.

L'enquête et l'arrestation

Ce sont les survivantes qui ont permis de remonter jusqu'à lui. L'une d'elles, agressée en août 1871, l'avait dénoncé à la police, selon L'Osservatore d'Italia. Les dates de l'arrestation divergent : le juriste Sergio Seminara, dans la revue Sistema Penale, la situe au 11 janvier 1872, après le second meurtre, et UniD Professional retient également 1872 ; l'encyclopédie italienne et L'Osservatore d'Italia indiquent 1873. Les aveux font aussi l'objet de récits différents. Selon L'Osservatore d'Italia et L'Eco di Bergamo, Verzeni aurait reconnu les meurtres ; selon Seminara, il n'a jamais avoué formellement devant la cour, et c'est Cesare Lombroso qui a rapporté ensuite une confession obtenue lors de ses entretiens. Le médecin turinois, alors l'un des fondateurs de l'anthropologie criminelle, avait été chargé d'examiner l'accusé ; Il Centro indique que neuf médecins au total ont été entendus. Lombroso l'a jugé capable de comprendre et de vouloir ses actes, malgré ce qu'il décrivait comme une « légère intoxication crétineuse ».

Le procès et le verdict

Le procès s'est tenu devant la cour d'assises de Bergame du 26 mars au 9 avril 1873, selon Il Centro ; Seminara situe lui aussi le verdict au 9 avril. Le jury l'a reconnu coupable de deux homicides et de plusieurs tentatives. La peine de mort a été écartée à une voix près, et Vincenzo Verzeni a été condamné aux travaux forcés à perpétuité. D'abord placé à l'asile judiciaire de la Senavra, à Milan, à partir d'avril 1873, il a survécu en juillet 1874 à une tentative de suicide, que des rapports de l'époque, repris pendant plus d'un siècle, ont présentée comme sa mort. Il a ensuite été transféré au pénitencier de Civitavecchia. Le code pénal de 1889, dit code Zanardelli, ayant aboli les travaux forcés, sa peine a été convertie en trente ans de réclusion ; sa libération était prévue en 1902. Selon Seminara, il a brièvement été assigné à résidence sur l'île de Ventotene, en raison de l'inquiétude que suscitait son retour. Il est mort de causes naturelles le 31 décembre 1918 à Bottanuco, à 69 ans.

La place de l'affaire

Verzeni occupe une place à part dans l'histoire de la criminologie : Lombroso lui a consacré un long développement dans L'uomo delinquente (1876), où il en fait l'exemple type du « criminel-né » porteur de stigmates physiques. Cette lecture, fondée sur des mesures crâniennes, est aujourd'hui abandonnée, et UniD Professional rappelle que l'analyse moderne fait place aux facteurs psychologiques et sociaux. Le cas a aussi intéressé la littérature : Leonardo Sciascia l'a revisité dans « Processo per violenza » (1973), texte repris dans le recueil Il mare colore del vino et étudié par Seminara. Enfin, la fin de sa vie a longtemps été mal connue : c'est en 2010 que deux producteurs de télévision ont retrouvé son acte de décès à Bottanuco, comme l'a rapporté L'Eco di Bergamo, corrigeant la version d'une mort en prison en 1874. Les autres affaires du pays figurent sur le hub Italie, dont le dossier Donato Bilancia.

Sources

Pour se repérer

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