FranceNotice1867–1867Hauts-de-Seine · Île-de-France
Jean-Charles-Alphonse Avinain
En bref. Jean-Charles-Alphonse Avinain (décès en 1867) : 2 victimes confirmées en France (Hauts-de-Seine) en 1867. Condamné à mort par la cour d'assises de la Seine le 26 octobre 1867 pour deux assassinats suivis de vols ; pourvoi rejeté ; guillotiné place de la Roquette, à Paris, le 28 novembre 1867.
- Statut
- Exécuté (28 novembre 1867)
- Période d'activité
- 1867–1867
- Victimes confirmées
- 2
- Verdict
- Condamné à mort par la cour d'assises de la Seine le 26 octobre 1867 pour deux assassinats suivis de vols ; pourvoi rejeté ; guillotiné place de la Roquette, à Paris, le 28 novembre 1867
Boucher de métier et ancien bagnard, il a attiré chez lui deux hommes, à quelques mois d'intervalle en 1867, dans la proche banlieue ouest de Paris, et les a tués pour les voler. Il est resté connu pour la phrase qu'on lui prête sur l'échafaud : « N'avouez jamais ! »
Le contexte
Jean-Charles-Alphonse Avinain est né à Torcy, dans l'arrondissement de Meaux (Seine-et-Marne), comme le rappelle l'acte d'accusation reproduit par la presse en octobre 1867, en 1798 selon Wikipédia, en 1797 selon le musée Carnavalet. Boucher de métier, il avait été condamné à plusieurs reprises pour vol (six fois selon Wikipédia) et avait purgé une longue peine de travaux forcés au bagne de Guyane, dont il était revenu au début de 1867, âgé de près de soixante-dix ans. La récidive et le passé de bagnard de l'accusé ont pesé lourd dans la manière dont la presse et la justice ont regardé l'affaire.
À son retour, il s'est installé dans la proche banlieue ouest de Paris, sur la route d'Asnières, où il se présentait comme marchand de fourrage. C'est sous cette couverture qu'il a attiré chez lui, à quelques mois d'intervalle en 1867, deux hommes venus traiter une affaire : Isidore Vincent, marchand de grains de Seine-et-Marne, puis un cultivateur de Longperrier âgé de 75 ans, nommé Duguet par la presse. Tous deux ont été tués pour être volés, notamment de leur voiture et de leur cheval.
L'enquête et l'arrestation
Les deux victimes ont été retrouvées dans la Seine, du côté d'Argenteuil puis de Saint-Ouen. Selon Wikipédia, les enquêteurs ont remonté la piste de la voiture et du cheval de l'une des victimes, revendus par un homme se faisant appeler « Jean Charles, marchand de fourrage ». Cette identité menait à Avinain. Les policiers venus l'interpeller l'auraient trouvé en train de tenter de leur échapper par les égouts, à la sortie desquels il a été arrêté, à l'été 1867. Il a d'abord nié les deux assassinats malgré les charges matérielles réunies par l'instruction.
Le procès et le verdict
Renvoyé devant la cour d'assises de la Seine à la fin de septembre 1867, comme l'annonçait Le Constitutionnel, Avinain a été jugé à la session d'octobre. La presse parisienne, de Le Figaro au Petit Journal, a largement couvert l'audience, en insistant sur la profession de l'accusé. Le 26 octobre 1867, il a été reconnu coupable de deux assassinats suivis de vol et condamné à mort ; Le Petit Journal du 31 octobre évoque l'accusé « condamné samedi dernier à la peine de mort ». La Cour de cassation a rejeté son pourvoi, selon Le Temps du 23 novembre, et le recours en grâce adressé à Napoléon III n'a pas abouti.
Avinain a été guillotiné le 28 novembre 1867 au matin, place de la Roquette, à Paris, devant la prison de la Grande Roquette. Le Journal des débats en rendait compte dès le lendemain. Selon Wikipédia, l'exécution a été conduite par Jean-François Heidenreich, alors exécuteur en chef.
La place de l'affaire
Si l'affaire est restée dans les mémoires, c'est moins pour les crimes que pour la phrase que la presse judiciaire, à commencer par Le Droit du 29 novembre 1867, prête au condamné sur l'échafaud : « Messieurs, n'avouez jamais ! » Reprise par les chroniqueurs puis par des écrivains, dont Guillaume Apollinaire selon Wikipédia, la formule est devenue une sorte de proverbe du milieu criminel et de la chronique judiciaire. Elle est d'autant plus paradoxale qu'Avinain, selon la même source, aurait fini par reconnaître les faits après sa condamnation.
L'affaire illustre aussi un moment de la justice criminelle du Second Empire : celui où la question des récidivistes libérés du bagne, revenus en métropole sans encadrement, commence à nourrir les débats qui aboutiront, sous la IIIe République, à la loi sur la relégation des récidivistes. Il serait toutefois excessif d'attribuer cette réforme à ce seul dossier. Avinain figure parmi les premiers auteurs de meurtres en série jugés en France à l'époque contemporaine ; voir l'article Le premier tueur en série français, la notice de Victor Prévost, autre affaire parisienne jugée par la même cour, et le hub France.
Sources
- Criminocorpus — Cour d'assises de la Seine. Le boucher Avinain… Acte d'accusation, 1867
- Paris Musées (musée Carnavalet) — Portrait d'Avinain (1797-1867), criminel, exécuté le 28 novembre 1867
- Bibliothèque municipale de Lyon — Le Progrès illustré, n° 99, « Causerie », 2 novembre 1892
- La France pittoresque — « N'avouez jamais ! » dit le boucher Avinain sur la guillotine (d'après Le Droit, 29 novembre 1867)
- Le Constitutionnel (29 septembre 1867), Le Figaro et Le Petit Journal (15 octobre 1867), Journal des débats et Le Temps (26 octobre 1867), Le Petit Journal (31 octobre 1867), Le Temps (23 novembre 1867), Journal des débats (29 novembre 1867) — renvoi aux assises, acte d'accusation, condamnation, rejet du pourvoi et exécution (extraits via la bibliothèque Geneanet, https://www.geneanet.org/fonds/bibliotheque/?go=1&lang=fr&nom=avinain&size=50&periode_type=entre&from=1867&to=1867)
- Le Petit Journal et Journal du Cher — octobre-novembre 1867 : condamnation « samedi dernier », pourvoi rejeté, exécution « jeudi matin, place de la Roquette » (extraits via la bibliothèque Geneanet, https://www.geneanet.org/fonds/bibliotheque/?go=1&lang=fr&nom=avinain&page=4&size=50&voisinage=0)
Pour se repérer
- Wikipédia — Jean-Charles-Alphonse Avinain · Jean-Charles-Alphonse Avinain (EN)