FranceNotice1984–1987Paris · Île-de-France

Thierry Paulin

En bref. Thierry Paulin (1963-1989) : 18 victimes confirmées (jusqu'à 22 suspectées) en France (Paris) entre 1984 et 1987. Aucune condamnation : mort en détention en avril 1989, avant son procès ; une vingtaine de meurtres avoués, 18 retenus par l'instruction.

Statut
Décédé (avril 1989) Close sans condamnation
Naissance
1963
Période d'activité
1984–1987
Victimes confirmées
18 (jusqu'à 22 suspectées)
Verdict
Aucune condamnation : mort en détention en avril 1989, avant son procès ; une vingtaine de meurtres avoués, 18 retenus par l'instruction

Il a agressé et tué des femmes âgées, principalement dans le 18e arrondissement de Paris, entre 1984 et 1987, en partie avec un complice. Arrêté à Paris en décembre 1987, il a avoué une vingtaine de meurtres ; l'instruction en a retenu dix-huit. Il est mort en détention en avril 1989, avant d'avoir été jugé.

Surnom donné par la presse : « Le tueur de vieilles dames ». Affaires closes ne l'emploie pas comme titre.

Le contexte

Thierry Paulin est originaire de Fort-de-France, en Martinique, et avait vingt-quatre ans à son arrestation, selon Le Monde du 4 décembre 1987 ; les récits publiés depuis le font naître en 1963. Selon Wikipédia, il rejoint son père à Toulouse à l'adolescence, s'engage jeune dans l'armée, puis s'installe à Paris au début des années 1980, où il travaille notamment comme serveur dans un cabaret. Les meurtres qui lui sont imputés visent des femmes âgées vivant seules pour l'essentiel dans le 18e arrondissement de Paris. Selon Le JDD, les victimes avaient entre 71 et 91 ans. La série s'étend d'octobre 1984 à l'automne 1987 et se déroule en plusieurs vagues, entrecoupées de périodes d'accalmie, qui entretiennent pendant trois ans un climat d'inquiétude dans le nord de Paris.

L'enquête et l'arrestation

Les meurtres, commis à domicile et liés à des vols, sont rapprochés par les enquêteurs. Des empreintes digitales relevées sur plusieurs scènes montrent qu'un même auteur est en cause dès 1984. Or les empreintes de Thierry Paulin figuraient déjà dans les archives de la police de Toulouse depuis 1982 : faute de fichier centralisé et de comparaison automatisée, le rapprochement n'a pas été fait, et la comparaison manuelle des traces a pesé sur la durée de l'enquête, comme le soulignent Le JDD et Planet.fr. Selon Wikipédia, Paulin aurait été incarcéré en 1986 pour d'autres faits, sans lien avec la série, avant que les meurtres ne reprennent après sa libération.

Le tournant vient d'une survivante. Agressée à la fin de la série, une femme de 87 ans fournit une description précise de son agresseur, qui permet d'établir un portrait-robot. Le mardi 1er décembre 1987, le commissaire Francis Jacob reconnaît Thierry Paulin dans la rue, près de la porte Saint-Denis, et l'interpelle, rapporte Le Monde. En garde à vue, il passe aux aveux dès le lendemain : vingt et un meurtres commis entre octobre 1984 et octobre 1987, selon Le Monde du 4 décembre 1987 et La Libre Belgique, vingt-deux selon Le JDD. Il met également en cause un ancien compagnon, qui aurait participé à une partie des faits commis en 1984 et 1985.

Le dénouement judiciaire

À l'issue de l'instruction, Thierry Paulin est inculpé de dix-huit meurtres, les autres faits qu'il avait reconnus n'ayant pu être corroborés. Il n'a pourtant jamais comparu devant une cour d'assises. Hospitalisé pendant sa détention, il meurt dans la nuit du 16 au 17 avril 1989 à l'hôpital de Fresnes (Val-de-Marne), « des suites d'une maladie incurable », écrit Le Monde du 19 avril ; les récits publiés depuis précisent qu'il s'agissait du sida. Il avait vingt-cinq ans. Sa mort entraîne l'extinction de l'action publique à son égard : aucune juridiction ne s'est donc prononcée sur sa culpabilité. Le journal télévisé du 17 avril 1989, conservé par l'INA, résume la situation en rappelant qu'il ne sera « jamais jugé ».

Son complice présumé a, lui, été jugé seul par la cour d'assises de Paris en décembre 1991 et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de dix-huit ans. Les sources divergent sur le détail : sept meurtres et une tentative selon Le JDD, huit meurtres selon La Libre Belgique. Il a été remis en liberté en 2009.

Ce que l'affaire a changé

L'affaire est régulièrement citée pour les limites qu'elle a révélées dans la circulation des données entre services de police : des empreintes conservées à Toulouse n'avaient pas pu être comparées à celles relevées à Paris. Selon Planet.fr et Wikipédia, elle a accéléré la création du fichier automatisé des empreintes digitales (FAED), que Planet.fr date de 1987. Le JDD relève pour sa part qu'avec les fichiers automatisés d'empreintes et d'ADN actuels, l'enquête aurait sans doute été plus courte. Selon Wikipédia, le film de Claire Denis J'ai pas sommeil (1994) s'en inspire librement.

Sources

Pour se repérer

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