CanadaDossier1980-1981Colombie-Britannique
L'affaire Clifford Olson
Entre novembre 1980 et juillet 1981, onze enfants et adolescents âgés de 9 à 18 ans ont été tués dans la région de Vancouver, en Colombie-Britannique. Clifford Olson, multirécidiviste aux dizaines de condamnations, a été arrêté par la Gendarmerie royale du Canada le 12 août 1981 sur l'île de Vancouver. Faute de preuves suffisantes, la police a conclu avec lui un accord sans précédent : 100 000 dollars versés en fiducie à sa famille en échange de ses aveux et de l'emplacement des corps. Le 14 janvier 1982, il a plaidé coupable de onze meurtres au premier degré et a été condamné à la perpétuité. L'accord a soulevé une controverse nationale, et sa demande de libération anticipée de 1997 a fait de lui le symbole des critiques contre la clause de la dernière chance, abrogée en 2011. Il est mort en détention au Québec le 30 septembre 2011.
Les faits
Clifford Olson est né le 1er janvier 1940 à Vancouver et a grandi à Richmond, dans la banlieue sud de la ville. Selon The Globe and Mail, sa première peine de prison, pour cambriolage, tombe à dix-sept ans ; en vingt-cinq ans, il accumule ensuite plus de quatre-vingt-dix condamnations et sept évasions. Selon UPI, il avait passé vingt et une des vingt-quatre années précédant son arrestation en détention. C'est un exemple de récidive à grande échelle, mais pour des délits sans commune mesure avec ce qui va suivre.
Entre novembre 1980 et juillet 1981, onze enfants et jeunes gens âgés de 9 à 18 ans disparaissent dans la région de Vancouver, dans un rayon d'environ 145 kilomètres autour de la ville selon UPI. La plupart des disparitions surviennent entre avril et juillet 1981. Clifford Olson a reconnu onze meurtres au premier degré. Conformément à nos règles éditoriales, nous ne nommons aucune des victimes, presque toutes mineures, et ne décrivons pas les faits.
Comment l'enquête a abouti
Pendant l'été 1981, les disparitions se succèdent dans le sud de la Colombie-Britannique, relevant de plusieurs corps de police. Selon un rapport de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dont The Globe and Mail a fait état en janvier 1982, repris par UPI, Clifford Olson aurait été soupçonné dès décembre 1980, un mois après le premier meurtre. En juillet 1981, alors que six jeunes disparaissent, il aurait fait l'objet d'une surveillance intermittente, interrompue au bout de deux jours, et les policiers auraient parfois perdu sa trace. Selon la même source, des services de police de la région avaient rapproché quatre des affaires et désigné Olson comme suspect dès la mi-juillet, sans que toutes les disparitions aient été reliées. Ces défaillances sont au cœur du livre que W. Leslie Holmes et Bruce Northorp ont consacré en 2000 à l'enquête de la GRC.
Le 12 août 1981, la GRC l'arrête près de Port Alberni, sur l'île de Vancouver, alors qu'il est soupçonné d'une tentative d'enlèvement. Le 14 août, selon The Globe and Mail, il est inculpé du meurtre d'une adolescente de quatorze ans. À ce stade, plusieurs enfants restent portés disparus, et les enquêteurs ne disposent pas d'éléments suffisants pour les autres dossiers.
C'est dans ce contexte qu'est conclu l'accord que la presse canadienne appellera « cash for bodies », « argent contre corps ». En échange de ses aveux et de l'indication de l'emplacement des corps, la GRC verse 100 000 dollars sur un compte en fiducie au bénéfice de son épouse et de leur jeune enfant. Qui l'a autorisé diffère selon les sources : The Globe and Mail écrit qu'il a été approuvé par le solliciteur général fédéral Robert Kaplan, The Canadian Encyclopedia par le procureur général de la Colombie-Britannique ; selon UPI, c'est ce dernier, Allan Williams, qui en a révélé l'existence. Le détail du barème diffère aussi : le Globe évoque 30 000 dollars pour quatre corps déjà retrouvés, puis 10 000 dollars par corps supplémentaire ; UPI, en janvier 1982, décrit 10 000 dollars par corps pour sept victimes et 30 000 dollars pour d'autres informations. Selon UPI, Olson a lui-même conduit les policiers vers sept des sépultures.
L'accord a permis de retrouver des enfants qui, sans lui, auraient pu rester introuvables, et de rendre les corps aux familles. Il a aussi rendu possible un dossier pénal complet pour onze meurtres. Mais il reposait sur un principe que beaucoup, au Canada, ont jugé inacceptable : la famille de l'auteur était rémunérée pour des informations sur ses propres crimes. Les conditions de cette négociation n'ont jamais été débattues devant un jury, puisque Olson a plaidé coupable.
Chronologie de l'affaire
- Naissance de Clifford Olson. Il grandit à Richmond, dans la banlieue de Vancouver.
- Première peine de prison, à dix-sept ans, pour cambriolage. En vingt-cinq ans, il accumule plus de quatre-vingt-dix condamnations et sept évasions, selon The Globe and Mail.
- Premier meurtre retenu par la justice. La première victime est retrouvée le jour de Noël 1980.
- Dernier meurtre. La plupart des onze disparitions sont survenues entre avril et juillet 1981. Selon un rapport de la GRC cité en 1982 par The Globe and Mail, la police le soupçonnait depuis décembre 1980 et l'a surveillé de façon intermittente en juillet 1981.
- Arrestation par la GRC, sur un soupçon de tentative d'enlèvement.
- Il est inculpé du meurtre d'une adolescente de quatorze ans, selon The Globe and Mail. Dans les semaines qui suivent, l'accord conclu avec la GRC conduit à la découverte des autres corps.
- Il plaide non coupable de dix chefs de meurtre.
- Il change de plaidoyer et reconnaît onze meurtres au premier degré. Le juge Harry McKay le condamne à onze peines de perpétuité concurrentes et recommande qu'il ne soit jamais libéré.
- Le versement de 100 000 dollars est révélé et contesté à la Chambre des communes ; le solliciteur général Robert Kaplan le défend.
- La Cour d'appel donne tort, à l'unanimité, aux familles de victimes qui demandaient la saisie du fonds en fiducie ; la Cour suprême du Canada refuse la même année d'entendre l'appel.
- Entrée en vigueur d'une modification du Code criminel qui écarte de la clause de la dernière chance les auteurs de meurtres multiples (pour les meurtres commis après cette date) et impose un filtrage par un juge et l'unanimité du jury. La demande d'Olson, déposée auparavant, n'est pas concernée.
- Audience de sa demande de libération anticipée au titre de la clause de la dernière chance. Le jury la rejette après environ quinze minutes de délibéré.
- Devenu admissible à la libération conditionnelle après vingt-cinq ans, il se la voit refuser par la Commission nationale des libérations conditionnelles, comme de nouveau en novembre 2010.
- Adoption par le Sénat du projet de loi C-31, qui suspend la pension de la Sécurité de la vieillesse des détenus fédéraux, après la révélation qu'il la percevait.
- Sanction royale du projet de loi S-6, qui abroge la clause de la dernière chance pour les meurtres commis après son entrée en vigueur, le 2 décembre 2011.
- Mort de Clifford Olson, à soixante et onze ans, d'un cancer, alors qu'il était toujours détenu.
Fiche de l'auteur
Clifford Olson
Il a tué onze enfants et adolescents dans la région de Vancouver entre novembre 1980 et juillet 1981. L'accord controversé par lequel la GRC a versé 100 000 dollars à son épouse en échange de la localisation des corps a marqué le droit et l'opinion au Canada. Il est mort en 2011 dans un établissement pénitentiaire du Québec.
Les lieux liés à l'affaire
- Vancouver (Colombie-Britannique) — Naissance de Clifford Olson (1er janvier 1940) ; région où ont disparu les onze victimes ; plaidoyer de culpabilité devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique (janvier 1982)
- Port Alberni, île de Vancouver — Arrestation par la GRC le 12 août 1981, sur un soupçon de tentative d'enlèvement
- Pénitencier de Kingston (Ontario) — Premier lieu de détention après la condamnation (février 1982), selon The Globe and Mail
- Surrey (Colombie-Britannique) — Audience d'août 1997 au titre de la clause de la dernière chance : le jury rejette sa demande
- Sainte-Anne-des-Plaines (Québec) — Établissement fédéral où il est détenu à partir de 1997 ; décès le 30 septembre 2011 au centre hospitalier de l'établissement Archambault
Le procès et le verdict
Il n'y a pas eu de procès au sens d'un débat contradictoire mené jusqu'au verdict. Le 11 janvier 1982, devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique, à Vancouver, Clifford Olson a d'abord plaidé non coupable de dix chefs de meurtre. Trois jours plus tard, le 14 janvier, il a changé de plaidoyer et reconnu sa culpabilité pour onze meurtres au premier degré, selon The Globe and Mail ; les dépêches de l'agence UPI, datées du 15, rapportent le plaidoyer de la veille. Le plaidoyer de culpabilité a mis fin à la procédure : les preuves réunies par la GRC, et les conditions dans lesquelles une partie d'entre elles avait été obtenue, n'ont jamais été examinées par un jury.
Le juge Harry McKay l'a condamné à onze peines d'emprisonnement à perpétuité, confondues, en recommandant qu'il ne soit jamais libéré. En droit canadien, une condamnation pour meurtre au premier degré emporte la perpétuité avec une période d'inadmissibilité à la libération conditionnelle de vingt-cinq ans ; la recommandation du juge n'avait pas de force obligatoire, et la loi permettait encore, à l'époque, de demander une réduction de cette période après quinze ans.
C'est ce qu'il a fait. Sa demande, déposée avant la réforme de janvier 1997 qui en écartait les auteurs de meurtres multiples, a été examinée en août 1997 à Surrey par un jury, qui l'a rejetée après environ quinze minutes de délibéré. Devenu admissible à la libération conditionnelle au bout de vingt-cinq ans, il a vu ses demandes rejetées par la Commission nationale des libérations conditionnelles en juillet 2006, puis en novembre 2010. Il est mort en détention le 30 septembre 2011.
Ce que l'affaire a changé
La controverse de l'accord. La révélation du versement, en janvier 1982, provoque une controverse nationale. Selon UPI, le député conservateur Walter Baker qualifie à la Chambre des communes de « précédent odieux » le fait de payer, à l'unité, les aveux d'un criminel violent, et en conteste la légalité, tandis que le solliciteur général Robert Kaplan le défend en invoquant des circonstances exceptionnelles et la nécessité de savoir si les enfants disparus étaient morts. The Canadian Encyclopedia relève que l'affaire a nourri un débat national sur les profits qu'un criminel peut tirer de ses crimes et sur l'encadrement des paiements versés par la police contre des informations. Le débat porte, au fond, sur une question qui dépasse le cas Olson : jusqu'où l'État peut-il aller pour obtenir la vérité dans une enquête criminelle, et qui doit en supporter le prix moral ?
La question de l'indemnisation des familles. En octobre 1984, selon The Globe and Mail, des familles de victimes saisissent la Cour suprême de la Colombie-Britannique pour obtenir que le fonds en fiducie leur revienne. Un juge leur donne raison, mais la Cour d'appel infirme cette décision, à l'unanimité et en mars 1986 selon le Globe, et la Cour suprême du Canada refuse d'entendre l'appel, ce que confirme The Canadian Encyclopedia. L'argent reste acquis à la famille de l'auteur. Cet épisode a durablement marqué le débat canadien sur la place des victimes et de leurs proches dans le processus pénal ; nous n'avons pas trouvé, dans les sources consultées, de réforme précise de l'indemnisation des victimes qui lui soit directement attribuée.
La clause de la dernière chance. Lorsque la peine de mort a été abolie, en 1976, le Code criminel a instauré une procédure permettant aux condamnés à perpétuité pour meurtre de demander, après quinze ans de détention, une réduction de leur période d'inadmissibilité à la libération conditionnelle, fixée à vingt-cinq ans pour le meurtre au premier degré. Cette « clause de la dernière chance » (faint hope clause), devenue l'article 745.6 du Code criminel, était conçue comme une incitation à la réinsertion et à la bonne conduite. Une réforme entrée en vigueur le 9 janvier 1997 en a écarté les auteurs de meurtres multiples, pour les meurtres commis après cette date, et a ajouté un filtrage préalable par un juge et l'exigence d'un jury unanime. Olson ayant déposé sa demande avant la réforme, son audience a eu lieu en août 1997 à Surrey : elle a obligé les familles à revenir devant un tribunal, quinze ans après le plaidoyer, pour s'opposer à sa libération, et a fait de son nom le symbole des critiques adressées à cette procédure. La clause a finalement été abrogée par le projet de loi S-6 (Serious Time for the Most Serious Crime Act), sanctionné le 23 mars 2011 et entré en vigueur le 2 décembre 2011, pour les meurtres commis à partir de cette date ; la même loi a durci les conditions pour les détenus déjà condamnés, notamment en portant de deux à cinq ans le délai entre deux demandes. Le même jour est entrée en vigueur une autre loi permettant au juge d'imposer des périodes d'inadmissibilité consécutives en cas de meurtres multiples. Selon CBC, Olson a été le dernier auteur de meurtres multiples autorisé à présenter une telle demande. Il est mort la même année, sans avoir jamais été libéré.
La pension des détenus. En 2010, la révélation que Clifford Olson percevait depuis ses soixante-cinq ans la pension de la Sécurité de la vieillesse, environ 1 100 dollars par mois avec le supplément de revenu garanti selon CBC, a conduit au projet de loi C-31, adopté par le Sénat le 13 décembre 2010, qui suspend ces prestations pour les détenus des pénitenciers fédéraux.
Ces réformes de 2010-2011 s'inscrivent dans un programme plus large de durcissement pénal porté par le gouvernement fédéral de l'époque. L'affaire Olson en a été l'exemple le plus souvent invoqué dans le débat public, sans en être la seule cause.
Profil psychologique : ce que disent les experts
Expertises judiciaires
Le plaidoyer de culpabilité du 14 janvier 1982 a mis fin à la procédure : aucune expertise psychiatrique n'a été débattue devant un jury, et la question de l'irresponsabilité pénale n'a jamais été soumise à un verdict. Selon La Presse canadienne, Clifford Olson aurait été renvoyé, après son inculpation d'août 1981, pour un examen psychiatrique de trente jours ; selon un article de Maclean's de 1982 que cite The Other Press, son avocat l'aurait fait examiner par cinq psychiatres. Ces rapports n'ont pas été publiés. En prononçant la peine, le juge Harry McKay a recommandé qu'il ne soit jamais libéré : cette décision sanctionne des faits reconnus, elle ne vaut pas diagnostic.
En août 1997, devant le jury de Surrey saisi de sa demande de libération anticipée, où il se défendait seul, a témoigné le psychiatre légiste Stanley Semrau, qui l'avait évalué à la demande du ministère public. Selon Maclean's, deux psychologues l'avaient évalué pour cette audience, et l'un d'eux aurait conclu qu'il n'existait aucun moyen sûr de le remettre en liberté. Le jury a rejeté la demande après quatre jours d'audience et une quinzaine de minutes de délibéré. La Commission nationale des libérations conditionnelles lui a ensuite refusé toute libération, le 18 juillet 2006 puis en novembre 2010. En 2006, le commissaire Jacques Letendre a motivé ce refus en déclarant, selon CBC et La Presse canadienne, qu'Olson présentait « un risque élevé et un risque psychopathique », qu'il était « un sadique sexuel et un narcissique » et qu'il tuerait de nouveau s'il était libéré : c'est l'appréciation d'un organe de décision, non le diagnostic d'un expert.
Diagnostics publiés
Stanley Semrau a consacré à cette évaluation un chapitre du livre qu'il a cosigné avec Judy Gale, Murderous Minds on Trial (Dundurn Press), que nous n'avons pas pu consulter : nous ne reprenons pas les appréciations chiffrées qui en circulent de seconde main.
Aucune des sources consultées ne fait état d'une maladie mentale.
Parcours documenté
Né le 1er janvier 1940, Clifford Olson a grandi à Richmond, près de Vancouver, dans une fratrie de quatre enfants ; son père livrait du lait, sa mère travaillait dans une conserverie de poisson, selon Maclean's et La Presse canadienne. Il a quitté l'école après la huitième année ; la presse lui prête dès l'enfance une réputation de bagarreur et de petit voleur. Sa première peine de prison, neuf mois pour cambriolage, date de 1957. Il a ensuite passé l'essentiel de sa vie adulte en détention : The Globe and Mail compte plus de quatre-vingt-dix condamnations et sept évasions, La Presse canadienne quatre-vingt-trois condamnations. Ces éléments décrivent un parcours ; aucune source ne permet d'y lire la cause des crimes de 1980-1981.
Ce qu'il a dit de lui-même
Les propos qui suivent sont ceux de l'auteur des faits ; ils sont à lire avec prudence, d'autant que plusieurs ont été démentis. À Stanley Semrau, il aurait dit être devenu « dépendant » du meurtre, selon le témoignage du psychiatre rapporté par La Presse canadienne. À l'audience de 1997, il a tenu de longs discours décousus et s'est attribué plus d'une centaine de meurtres ; Maclean's évoque des revendications allant de 143 à 168 meurtres, que la police a examinées et pour l'essentiel écartées. Il y aurait aussi admis, selon le même magazine, qu'il ne serait jamais libéré. En 2006, il a soutenu devant la Commission qu'elle n'avait pas compétence à son égard et qu'il avait conclu un accord avec les autorités américaines au sujet des attentats du 11 septembre 2001, puis a annoncé qu'il ne reviendrait pas entendre la décision. Il a longtemps écrit à des responsables publics, à des journalistes et à des familles de victimes ; nous ne reproduisons pas ces écrits.
Lectures criminologiques
La justice a retenu onze meurtres au premier degré, sur plaidoyer de culpabilité : ni le mode opératoire ni le mobile n'ont donc été débattus contradictoirement. La seule appréciation officielle rendue publique sur ce point est celle de la Commission, dont un membre a parlé en 2006 de sadisme sexuel. Le journaliste Peter Worthington, en contact avec lui à partir de 1989, estimait, selon CBC, qu'il distinguait le bien du mal mais ne s'en souciait pas : c'est l'observation d'un journaliste, non un avis d'expert.
Aucune typologie criminologique ne lui est appliquée nommément dans les sources que nous avons pu consulter ; sur ce que valent ces classifications, voir notre article sur le profilage criminel. Les ouvrages d'Ian Mulgrew (Final Payoff, 1990) et de W. Leslie Holmes et Bruce Northorp (Where Shadows Linger, 2000) analysent l'accord et l'enquête plutôt que l'homme.
Ce qu'on ne sait pas
Ni les rapports psychiatriques de 1981-1982 ni ceux remis à la Commission n'ont été rendus publics, et nous n'avons pas pu consulter le texte des décisions de 1997, 2006 et 2010 : ce que l'on en sait passe par la presse. La seule évaluation dont son auteur ait rendu compte publiquement émane d'un expert de l'accusation, sans contre-expertise connue, Olson s'étant défendu seul. Ses déclarations sur d'autres meurtres n'ont pas été confirmées. Enfin, rien, dans les sources consultées, n'explique le passage de vingt-cinq ans de délinquance d'habitude aux meurtres de 1980-1981.
Questions fréquentes
Combien de victimes a fait Clifford Olson ?
Onze. Clifford Olson a plaidé coupable, le 14 janvier 1982, de onze meurtres au premier degré commis entre novembre 1980 et juillet 1981 dans la région de Vancouver. Ce sont ses victimes confirmées : des enfants et des adolescents âgés de 9 à 18 ans. Aucun autre meurtre ne lui a été attribué par la justice.
Comment Clifford Olson a-t-il été arrêté ?
La Gendarmerie royale du Canada l'a arrêté le 12 août 1981 près de Port Alberni, sur l'île de Vancouver, alors qu'il était soupçonné d'une tentative d'enlèvement. Il a été inculpé deux jours plus tard d'un premier meurtre. Faute de preuves pour les autres dossiers, la GRC a conclu avec lui un accord : de l'argent versé à sa famille en échange de ses aveux et de l'emplacement des corps.
Qu'est-ce que l'accord « argent contre corps » de l'affaire Olson ?
En 1981, la GRC a versé 100 000 dollars sur un compte en fiducie au bénéfice de l'épouse et du jeune enfant de Clifford Olson, en échange de ses aveux et de l'indication de l'emplacement des corps. Le barème diffère selon les sources : selon The Globe and Mail, 30 000 dollars pour quatre corps déjà retrouvés, puis 10 000 dollars par corps supplémentaire ; selon UPI, 10 000 dollars par corps pour sept victimes et 30 000 dollars pour d'autres informations. L'accord, défendu à Ottawa par le solliciteur général Robert Kaplan, a provoqué une controverse nationale ; les familles qui ont tenté de récupérer cet argent ont perdu devant la Cour d'appel en 1986.
Quand Clifford Olson est-il mort ?
Clifford Olson est mort d'un cancer le 30 septembre 2011, à soixante et onze ans, alors qu'il purgeait toujours sa peine. Il est décédé au centre hospitalier de l'établissement Archambault, à Sainte-Anne-des-Plaines, au Québec. Il n'a jamais été libéré.
Pour aller plus loin : livres
Sélection informative, sans lien affilié.
- Livre Final Payoff: The True Price of Convicting Clifford Robert Olson, Ian Mulgrew (Seal Books (en anglais), ISBN 0-7704-2370-1, 1990) — Enquête du journaliste Ian Mulgrew sur l'accord conclu entre la GRC et l'auteur, et sur ce qu'il a coûté aux familles. Épuisé, à chercher d'occasion ou en bibliothèque. Lien non affilié.
- Livre Where Shadows Linger: The Untold Story of the RCMP's Olson Murders Investigation, W. Leslie Holmes et Bruce Northorp (Heritage House (en anglais), ISBN 978-1-895811-92-6, 2000) — Récit de l'enquête de la GRC vu de l'intérieur, centré sur les occasions manquées avant l'arrestation. Lien non affilié.
- Article The life and death of Clifford Olson (The Globe and Mail (en anglais)) — Chronologie détaillée de l'affaire, de l'enfance de l'auteur à sa mort, dont l'accord avec la GRC et les recours des familles. Accès possiblement réservé aux abonnés. Lien non affilié.
- Article R v Olson (The Canadian Encyclopedia (en anglais)) — Notice de l'encyclopédie canadienne de référence sur la controverse juridique et morale de l'accord et sur le recours des familles. Lien non affilié.
- Article Olson's Faint Hope (Maclean's, 18 août 1997, republié par The Canadian Encyclopedia (en anglais)) — Article contemporain de l'audience de Surrey, qui explique la clause de la dernière chance et sa réforme de 1997. Lien non affilié.
Sources
- Serial killer Clifford Olson dies (30 septembre 2011), CBC News
- Serial killer Clifford Olson is dead, Corrections Canada says (La Presse canadienne, 30 septembre 2011), Global News
- The life and death of Clifford Olson, The Globe and Mail
- Cancer claims serial killer Clifford Olson, The Globe and Mail
- R v Olson (Richard A. Stroppel), The Canadian Encyclopedia
- Olson's Faint Hope (Maclean's, 18 août 1997), The Canadian Encyclopedia
- Clifford Olson, sentenced to life in prison on 11 counts (15 janvier 1982), UPI Archives
- The federal government's payment of $100,000 to child-killer Clifford Olson (15 janvier 1982), UPI Archives
- Police suspected Clifford Robert Olson nine months before his arrest (15 janvier 1982), UPI Archives
- Backgrounder: the faint hope clause (5 juin 2009), Global News
- Projet de loi S-6 (40e législature, 3e session) : Loi modifiant le Code criminel et une autre loi, Parlement du Canada, LEGISinfo
- Legislative Summary of Bill S-6 (Serious Time for the Most Serious Crime Act), 30 avril 2010, Bibliothèque du Parlement
- Legislation providing tougher sentences for murderers comes into force (2 décembre 2011), Gouvernement du Canada
- Government bill to suspend Old Age Security for prisoners passes in the Senate (14 décembre 2010), Gouvernement du Canada
- Olson to lose old-age benefits under new bill, CBC News
- Final Payoff: The True Price of Convicting Clifford Robert Olson (compte rendu), Canadian Book Review Annual Online (Université de Toronto)
- Where Shadows Linger (W. Leslie Holmes et Bruce Northorp, Heritage House, 2000), fiche, AbeBooks
- Clifford Olson, Wikipedia (en)
Corrections et mises à jour
- — Section « Profil psychologique » refondue en six rubriques, avec ses sources propres.
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