Royaume-UniDossier1963-1965Grand Manchester

L'affaire Ian Brady

Par Nathan Penin · Publié le 1er octobre 2026

Avertissement. Ce dossier traite de crimes réels. Il ne contient aucune image ni description détaillée des sévices, mais son sujet peut heurter. Les victimes y sont nommées comme la presse l'a fait, avec sobriété.

Entre juillet 1963 et octobre 1965, Ian Brady, employé de bureau à Manchester, et sa compagne Myra Hindley ont tué cinq enfants et adolescents âgés de dix à dix-sept ans ; quatre ont été enterrés sur la lande de Saddleworth, qui a donné son nom à l'affaire des « Moors murders ». Pendant deux ans, aucune de ces disparitions n'a été reliée au couple. L'affaire a été découverte le 7 octobre 1965, lorsque le beau-frère de Myra Hindley, témoin du dernier meurtre, a prévenu la police. Jugés à Chester au printemps 1966, quelques mois après la suspension de la peine de mort, les deux accusés ont été condamnés à la réclusion à perpétuité. Ils n'ont avoué deux autres meurtres qu'en 1987 ; l'une de ces deux victimes n'a jamais été retrouvée. Ian Brady est mort en 2017 à l'hôpital de haute sécurité d'Ashworth, où il était interné depuis 1985.

Les faits

Ian Brady est né le 2 janvier 1938 à Glasgow. Après une jeunesse marquée par de petits délits, il s'installe dans la région de Manchester et travaille, au début des années 1960, comme employé aux écritures dans une entreprise de Gorton, un quartier ouvrier de l'est de la ville. Myra Hindley, née en 1942 à Manchester, y est embauchée comme dactylo en 1961 ; ils forment un couple à partir de la fin de cette année-là. En 1964, ils s'installent avec la grand-mère de Hindley dans la cité de Hattersley, près de Hyde, à l'est de l'agglomération.

Entre juillet 1963 et octobre 1965, ils tuent cinq enfants et adolescents : une adolescente de seize ans, deux garçons de douze ans, une fillette de dix ans et un jeune homme de dix-sept ans. Quatre de ces meurtres ont été précédés de violences sexuelles, selon les éléments réunis par l'enquête. Quatre victimes sont enterrées sur la lande de Saddleworth, à l'est de Manchester, le long de la route qui mène vers le Yorkshire. Les quatre premières disparitions donnent lieu à des recherches et à des appels à témoins, mais rien ne les relie au couple.

Comment l'enquête a abouti

L'affaire n'a pas été résolue par une enquête, mais par un témoin. Dans la nuit du 6 au 7 octobre 1965, le beau-frère de Myra Hindley assiste au meurtre d'un jeune homme de dix-sept ans au domicile du couple, à Hattersley. Il rentre chez lui et, au petit matin du 7 octobre, appelle la police depuis une cabine téléphonique de la cité. Les policiers de Hyde se rendent au domicile, y découvrent le corps et arrêtent Ian Brady. Myra Hindley est arrêtée le 11 octobre et inculpée de complicité.

Le témoin rapporte aussi des propos tenus par Brady sur d'autres meurtres et sur la lande. Les enquêteurs disposent alors de deux pistes. La première est un vieux cahier saisi au domicile, où figure, de la main de Brady, le nom d'un garçon de douze ans disparu en novembre 1963 : le premier lien matériel entre le couple et une disparition antérieure. La seconde vient des habitudes du couple. Le témoin se souvient que Brady fréquentait les gares ; les policiers retrouvent, mi-octobre, deux valises déposées à la consigne de la gare de Manchester Central. Elles contiennent des documents, des photographies et un enregistrement sonore qui deviendront des pièces centrales du procès. Une partie de ces pièces est aujourd'hui conservée aux Archives nationales britanniques, dans le fonds des assises (ASSI 84/430).

Ce sont ensuite des photographies qui orientent les fouilles. Parmi les clichés du couple figurent de nombreuses vues de la lande de Saddleworth, prises le long de la route A635. Les policiers cherchent à reconnaître ces paysages sur le terrain, avec l'aide d'habitants du voisinage qui avaient accompagné le couple lors de sorties sur la lande. Le corps de la fillette de dix ans, disparue le lendemain de Noël 1964, est retrouvé le 16 octobre selon la plupart des récits (le 10 selon Crime+Investigation) ; celui du garçon de douze ans disparu en 1963, le 21 octobre. Le 6 décembre 1965, à l'issue d'une audience préliminaire tenue à Hyde, Brady est renvoyé devant les assises pour les trois meurtres, Hindley pour deux, et pour avoir couvert le troisième.

Les enquêteurs soupçonnaient dès 1965 le couple d'être lié à deux autres disparitions, celle d'une adolescente de seize ans en juillet 1963 et celle d'un garçon de douze ans en juin 1964. Faute d'aveux et de corps, ces faits n'ont pas été poursuivis. Ils n'ont été établis que vingt ans plus tard. Au milieu des années 1980, un journaliste, Fred Harrison, rapporte des déclarations de Brady sur ces deux disparitions ; la police du Grand Manchester rouvre le dossier sous la direction du commissaire principal Peter Topping. Myra Hindley est conduite sur la lande en décembre 1986, puis reconnaît formellement, en février 1987, sa participation aux cinq meurtres. Le 1er juillet 1987, le corps de l'adolescente disparue en 1963 est retrouvé. Brady est à son tour conduit sur la lande quelques jours plus tard, sans résultat.

Le second garçon, disparu en juin 1964 à l'âge de douze ans, n'a jamais été retrouvé. Les recherches ont repris à plusieurs reprises : une opération discrète de la police du Grand Manchester, menée avec des scientifiques, s'est achevée en 2009 sans résultat. En septembre 2022, après qu'un auteur eut affirmé avoir découvert des restes sur la lande, la police a fouillé le site pendant une semaine ; le 7 octobre 2022, elle a conclu à l'absence de tout indice de sépulture, tout en indiquant que l'enquête n'était pas close. Ian Brady n'a jamais révélé où il se trouvait.

Chronologie de l'affaire

  1. Naissance d'Ian Brady.
  2. Myra Hindley, dix-huit ans, est embauchée comme dactylo dans l'entreprise de Gorton où Ian Brady est employé aux écritures. Ils forment un couple à partir de la fin de l'année.
  3. Disparition d'une adolescente de seize ans, premier des cinq meurtres. Quatre autres suivront jusqu'en octobre 1965 : deux garçons de douze ans (novembre 1963 et juin 1964), une fillette de dix ans (décembre 1964) et un jeune homme de dix-sept ans.
  4. Au petit matin, le beau-frère de Myra Hindley, témoin du meurtre commis la veille au domicile du couple, alerte la police de Hyde. Les policiers découvrent le corps de la victime ; Ian Brady est arrêté.
  5. Myra Hindley est arrêtée à son tour et inculpée de complicité.
  6. Grâce aux pièces saisies et à des photographies de la lande, les recherches permettent de retrouver le corps de la fillette de dix ans (le 16 octobre selon la plupart des sources) puis, le 21 octobre, celui d'un garçon de douze ans disparu en 1963.
  7. Entrée en vigueur de la loi suspendant pour cinq ans la peine de mort pour meurtre (Murder (Abolition of Death Penalty) Act 1965).
  8. Ouverture du procès, le 19 avril selon le Chester Standard et l'étude de Cummins, Foley et King (le 27 selon Crime+Investigation). Les deux accusés plaident non coupable.
  9. Ian Brady est reconnu coupable de trois meurtres, Myra Hindley de deux meurtres et d'avoir couvert Brady pour le troisième. Ils sont condamnés à la réclusion à perpétuité.
  10. Ian Brady est transféré de la prison vers un hôpital psychiatrique de haute sécurité, où il reste jusqu'à sa mort.
  11. Après la réouverture de l'enquête, Myra Hindley reconnaît sa participation aux cinq meurtres (février 1987). Les deux condamnés sont conduits séparément sur la lande. Le corps de l'adolescente disparue en 1963 est retrouvé le 1er juillet 1987 ; celui du garçon disparu en 1964 ne l'est pas. Aucun nouveau procès n'a lieu.
  12. Le ministre de l'Intérieur David Waddington fixe pour Myra Hindley une perpétuité réelle (whole life tariff), qui ne lui est notifiée qu'en 1994.
  13. La Chambre des lords rejette le recours de Myra Hindley et confirme le pouvoir du ministre de l'Intérieur de fixer une perpétuité réelle.
  14. Mort d'Ian Brady à soixante-dix-neuf ans. Myra Hindley était morte en détention le 15 novembre 2002.

Fiche de l'auteur

Ian Brady

Avec sa complice Myra Hindley, il a tué cinq enfants et adolescents dans la région de Manchester entre 1963 et 1965 ; l'affaire dite des « Moors murders » a durablement marqué la justice britannique.

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Les lieux liés à l'affaire

Le procès et le verdict

Le procès s'est ouvert le 19 avril 1966 devant les assises de Chester, présidées par le juge Fenton Atkinson ; Crime+Investigation date l'ouverture du 27 avril, mais le Chester Standard et l'étude universitaire de Cummins, Foley et King retiennent le 19 et une durée de quatorze audiences. L'accusation était conduite par l'Attorney General, Sir Elwyn Jones. Selon le magazine Time et le Chester Standard, le box des accusés avait été entouré d'un écran de verre renforcé, signe de l'hostilité du public. Ian Brady était accusé de trois meurtres ; Myra Hindley de deux, et d'avoir couvert Brady pour le troisième. Tous deux ont plaidé non coupable ; Brady a tenté de rejeter une partie des faits sur le témoin principal, le beau-frère de Hindley.

L'accusation reposait sur ce témoignage et sur les pièces saisies en octobre 1965 : un cahier, les objets retrouvés dans les valises de la consigne de Manchester Central, dont des photographies et un enregistrement sonore réalisé par les accusés, qui fut diffusé à l'audience. Le procès a aussi soulevé une question de procédure que relèvent Cummins, Foley et King : le témoin principal avait signé un contrat avec un journal dominical, ce que la défense a utilisé pour mettre en cause sa crédibilité.

Le 6 mai 1966, le jury a déclaré Ian Brady coupable des trois meurtres. Myra Hindley a été reconnue coupable de deux meurtres et d'avoir prêté assistance à Brady après le troisième. La loi suspendant la peine de mort pour meurtre étant entrée en vigueur le 9 novembre 1965, la peine capitale ne pouvait plus être prononcée : Brady a été condamné à trois peines concurrentes de réclusion à perpétuité, Hindley à deux, assorties pour elle d'une peine d'emprisonnement pour le troisième chef. Le juge a qualifié les deux accusés d'une méchanceté « qui dépasse l'entendement » (wicked beyond belief) et, selon les récits de référence, n'a vu aucune possibilité raisonnable d'amendement pour Brady.

Les deux meurtres avoués en 1987 n'ont pas été jugés. Le directeur des poursuites publiques (DPP) a estimé qu'un nouveau procès n'était pas nécessaire, les deux condamnés purgeant déjà des peines de perpétuité. Ian Brady est mort en 2017 sans avoir été rejugé ni libéré.

Ce que l'affaire a changé

L'affaire n'a pas, à elle seule, aboli la peine de mort : la loi présentée par le député Sydney Silverman a été adoptée en 1965 indépendamment d'elle, et elle est entrée en vigueur le 9 novembre 1965, un mois après l'arrestation de Brady. Mais le procès de Chester a été, selon un sociologue interrogé par Al Jazeera en 2017, le premier grand test pour une société qui devait désormais juger ses crimes les plus graves sans recours à l'exécution. La suspension, prévue pour cinq ans, a été rendue définitive par le Parlement en décembre 1969.

Son effet le plus durable porte sur la perpétuité. Au Royaume-Uni, la durée minimale à purger par un condamné à perpétuité (le tariff) était alors fixée par le ministre de l'Intérieur, après avis des juges. Pour Myra Hindley, le ministre Leon Brittan a retenu une durée provisoire de trente ans en 1985 ; son successeur David Waddington l'a portée en 1990 à une perpétuité réelle, qui ne lui a été notifiée qu'en 1994. Hindley, qui avait rompu avec Brady en 1970, a fait campagne pendant des décennies pour sa libération, soutenue notamment par le pair travailliste Lord Longford. Ses recours ont été rejetés : le 30 mars 2000, la Chambre des lords a confirmé que le ministre pouvait légalement fixer une perpétuité réelle, tout en rappelant que cette décision devait rester révisable. Le débat du 4 mai 2000 à la Chambre des lords montre combien le dossier était devenu un symbole : pour les uns, la règle avait été changée en cours de peine ; pour les autres, la perpétuité devait, dans ce cas, signifier la perpétuité. Brady aurait lui aussi figuré, au plus tard en 1994, parmi les détenus soumis à une perpétuité réelle.

Le 25 novembre 2002, dix jours après la mort de Myra Hindley en détention, la Chambre des lords a jugé, dans l'affaire Anderson, que la fixation de la peine minimale relevait d'un juge et non d'un ministre, conformément à l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme. Ce pouvoir a ensuite été transféré aux juges par le Criminal Justice Act de 2003. Cette réforme n'a pas été provoquée par l'affaire des landes, mais le dossier Hindley en a été l'exemple le plus discuté.

L'affaire a enfin marqué la manière dont la presse britannique couvre les meurtres en série. Pour une sociologue de l'université d'York, comme pour l'article publié par The Conversation en 2016, elle a été l'une des premières affaires de ce type à faire l'objet d'une couverture médiatique massive et durable, qui a souvent laissé au second plan les familles des victimes. La recherche, jamais achevée, du garçon disparu en 1964 en est la trace la plus visible.

Profil psychologique : ce que disent les experts

Expertises judiciaires

Au procès de Chester, en 1966, aucune expertise psychiatrique n'a été versée au débat sur la responsabilité de l'accusé. Les deux accusés ont plaidé non coupable en rejetant les faits sur le témoin principal, selon Crime+Investigation, et aucun témoignage psychiatrique n'a porté sur l'état mental de Brady, selon Wikipédia en anglais. Il a donc été jugé pénalement responsable et condamné à trois peines concurrentes de réclusion à perpétuité, le juge Fenton Atkinson qualifiant les deux accusés de « wicked beyond belief ». Ce verdict tranche la culpabilité ; il ne vaut pas diagnostic.

La psychiatrie n'est intervenue que pendant l'exécution de la peine. En novembre 1985, Brady a été transféré de la prison vers l'hôpital de haute sécurité de Park Lane, devenu Ashworth. Ce transfert ne relève pas de l'irresponsabilité pénale : il restait un condamné à perpétuité, soigné hors de la prison.

Deux décisions de justice ont ensuite porté sur son état. Le 10 mars 2000, le juge Maurice Kay, de la Haute Cour, a jugé légale son alimentation forcée après une grève de la faim commencée le 30 septembre 1999, qu'il tenait pour la manifestation d'un trouble de la personnalité (décision publiée par vLex ; Mental Health Law Online ; Irish Examiner). Le 28 juin 2013, un tribunal de santé mentale présidé par le juge Robert Atherton, que Brady avait saisi pour obtenir son retour en prison, a conclu qu'il « continue de souffrir d'un trouble mental » justifiant son maintien à l'hôpital, pour sa santé, sa sécurité et la protection d'autrui (ABC News, Fox News, Mental Health Law Online).

Diagnostics publiés

Les sources de presse retiennent qu'il aurait été déclaré psychopathe en 1985 (CNN, citant le Guardian ; The Irish Times ; Crime+Investigation), tandis qu'ABC News parle de schizophrénie paranoïde. Les motifs de la décision de 2013 expliquent cet écart : en juillet 1985, le Dr MacCulloch aurait décrit un trouble de la personnalité « de type psychopathique », et le formulaire de transfert d'août 1985 une maladie psychotique « de nature schizophréniforme ».

En 2013, les experts se sont opposés. Pour le Dr James Collins, psychiatre responsable de ses soins à Ashworth, Brady restait « chroniquement psychotique », atteint d'une schizophrénie paranoïde ancienne, selon ITV et la décision. Pour le Dr Adrian Grounds, psychiatre cité par la défense, les éléments étaient « insuffisants » pour conclure à une maladie mentale, selon ITV et la décision. Le tribunal aurait retenu des troubles de la personnalité antisociale et narcissique, jugé exact le diagnostic de schizophrénie paranoïde posé en 1985 et estimé l'état présent « complexe », en accordant plus de poids aux experts de l'hôpital.

Parcours documenté

Né le 2 janvier 1938 dans le quartier des Gorbals, à Glasgow, d'une mère célibataire serveuse, il a été confié à une famille d'accueil dès sa petite enfance, selon The Irish Times et Wikipédia. Il a comparu à plusieurs reprises devant le tribunal pour enfants pour des cambriolages, puis a été envoyé à Manchester vivre auprès de sa mère, remariée, avant de purger une peine en borstal (centre pour jeunes délinquants) ; il y a appris la comptabilité. Ses biographes relèvent ses lectures : Dostoïevski selon The Irish Times, des ouvrages sur le nazisme et le marquis de Sade selon Wikipédia. Rien ne permet d'établir un lien de cause à effet entre ce parcours et les crimes.

Ce qu'il a dit de lui-même

Les propos qui suivent sont ceux de l'auteur des faits ; ils sont à lire avec prudence. Devant le tribunal de 2013, Brady a contesté avoir jamais souffert d'une maladie mentale et affirmé avoir simulé la schizophrénie, par une forme de « method acting », pour quitter la prison (ABC News, Fox News, décision du tribunal). Le tribunal a rejeté cette version, jugeant les symptômes de 1985 trop graves pour avoir été feints aussi longtemps, sans exclure des exagérations ponctuelles. Il a aussi présenté ses crimes comme une expérience « existentielle », selon Associated Press et The Irish Times. Dans une lettre à la BBC citée par l'Irish Examiner, il aurait présenté sa grève de la faim comme une décision « rationnelle ».

En 2001, il a publié chez l'éditeur américain Feral House The Gates of Janus, essai sur le meurtre en série qui analyse d'autres criminels sans revenir sur ses propres crimes, selon IBTimes et Crime+Investigation : un texte de l'auteur des faits, lui aussi.

Lectures criminologiques

La justice a retenu en 1966 trois meurtres d'enfants et d'adolescents, dont deux ont aussi valu à Myra Hindley une condamnation pour meurtre ; deux autres meurtres, avoués en 1987, n'ont pas été jugés. Aucune typologie criminologique ne lui a été appliquée dans une source que nous ayons pu consulter directement, et son mode opératoire n'a fait l'objet d'aucune expertise publiée à notre connaissance. Pour ce que vaut cette approche, voir notre article sur le profilage criminel.

Ce qu'on ne sait pas

Le désaccord de 2013 n'a pas été levé : psychose chronique pour les experts de l'hôpital, trouble grave de la personnalité sans maladie mentale avérée pour ceux de la défense ; le tribunal a lui-même relevé que son refus de s'exprimer rendait le diagnostic difficile. Les résumés publiés ne concordent pas tous sur la portée de ses conclusions quant à une schizophrénie actuelle. On ignore dans quelle mesure il a simulé ou exagéré ses symptômes, et il est mort sans indiquer où se trouvait la victime jamais retrouvée.

Questions fréquentes

Combien de victimes ont fait Ian Brady et Myra Hindley ?

Cinq enfants et adolescents, âgés de dix à dix-sept ans, tués entre juillet 1963 et octobre 1965. En 1966, la justice n'a jugé que trois meurtres, ceux pour lesquels les preuves avaient été réunies. Les deux autres n'ont été avoués qu'en 1987 et n'ont pas donné lieu à un nouveau procès ; ils sont néanmoins établis par l'enquête et comptés parmi les victimes confirmées.

Comment Ian Brady a-t-il été arrêté ?

Le 7 octobre 1965 au matin, le beau-frère de Myra Hindley, qui avait assisté la veille au meurtre d'un jeune homme de dix-sept ans au domicile du couple, à Hattersley, a appelé la police de Hyde. Les policiers ont découvert le corps et arrêté Ian Brady le jour même. Myra Hindley a été arrêtée le 11 octobre. Les pièces saisies ont ensuite permis de relier le couple à deux autres meurtres.

Pourquoi Ian Brady n'a-t-il pas été condamné à mort ?

La loi suspendant la peine de mort pour meurtre au Royaume-Uni est entrée en vigueur le 9 novembre 1965, un mois après son arrestation et plusieurs mois avant son procès. Au moment du verdict, le 6 mai 1966, la seule peine encourue était la réclusion à perpétuité. La suspension a été rendue définitive par le Parlement en décembre 1969.

Quand Ian Brady est-il mort ?

Ian Brady est mort le 15 mai 2017, à soixante-dix-neuf ans, à l'hôpital psychiatrique de haute sécurité d'Ashworth, dans le Merseyside, où il était interné depuis 1985. Selon ITV, le coroner a conclu à une mort naturelle. Il n'a jamais indiqué où se trouvait la seule victime non retrouvée.

Pour aller plus loin : séries et livres

Sélection informative, sans lien affilié.

Sources

  1. Regina v. Secretary of State for the Home Department, ex parte Hindley (arrêt du 30 mars 2000), Chambre des lords (publications.parliament.uk)
  2. Regina v. Secretary of State for the Home Department, ex parte Anderson (arrêt du 25 novembre 2002), Chambre des lords (publications.parliament.uk)
  3. Anderson, R (on the application of) v Secretary of State for the Home Department [2002] UKHL 46, BAILII
  4. Myra Hindley, débat du 4 mai 2000, Hansard, Chambre des lords
  5. Moors murders Brady and Hindley photograph album (ASSI 84/430), pièces du procès de 1966, The National Archives (Royaume-Uni)
  6. Ian Brady mental health tribunal decision, Judiciary of England and Wales (archive web des National Archives)
  7. R (Brady) v Dr Collins [2000] EWHC 639 (Admin), Mental Health Law Online
  8. Chester sheds no tears for death of sadistic child killer Ian Brady, Chester Standard
  9. World: A Most Unusual Trial (1966), Time (archives)
  10. The Trial, dans Serial Killers and the Media: The Moors Murders Legacy (Cummins, Foley, King, 2019), Palgrave Macmillan (SpringerLink)
  11. Ian Brady is dead. The Moors Murderer died at Ashworth Security hospital (15 mai 2017), ITV News Granada
  12. Moors murderer Ian Brady died of natural causes (21 septembre 2017), ITV News Granada
  13. Police end search on Saddleworth Moor […] stating no evidence of remains (7 octobre 2022, titre abrégé), ITV News Granada
  14. Tribunal rules Moors murderer Ian Brady must stay in psychiatric hospital (29 juin 2013), ABC News (Australie)
  15. Ian Brady, notorious British serial killer, dies at 79 (mai 2017), CNN
  16. UK child killer Hindley dead (15 novembre 2002), CNN
  17. Why the Moors Murders ‘should never be forgotten’ (21 mai 2017), Al Jazeera
  18. Expert Reaction: Moors Murderer, Ian Brady, dies (mai 2017), Université d'York
  19. The Moors murders 50 years on: how Brady and Hindley became an awful ‘celebrity’ template, The Conversation
  20. Ian Brady : Crime File et The Trial, Crime+Investigation UK
  21. Myra Hindley : The Trial, Crime+Investigation UK
  22. The Abolition of Capital Punishment in Britain, Capital Punishment UK
  23. Murder (Abolition of Death Penalty) Act 1965, Wikipedia (en)
  24. Moors murders, Wikipedia (en)
  25. Meurtres de la lande, Wikipédia (fr)

Corrections et mises à jour

  • — Section « Profil psychologique » refondue en six rubriques, avec ses sources propres. Diagnostic de 1985 précisé : la décision du tribunal de santé mentale de 2013 fait état à la fois d'un trouble de la personnalité de type psychopathique et d'une maladie psychotique de nature schizophréniforme, ce qui explique la divergence entre sources de presse.

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