ColombieDossier1992-1999Une douzaine de départements de Colombie, dont Risaralda, Valle del Cauca, Quindío, Boyacá et Meta
L'affaire Luis Alfredo Garavito
Pendant les années 1990, Luis Alfredo Garavito, un homme sans domicile fixe qui allait de ville en ville, a tué des enfants et des adolescents dans une douzaine de départements de Colombie. Ses victimes, presque toutes des garçons issus de familles très pauvres, souvent livrés à eux-mêmes dans la rue, disparaissaient sans que personne relie ces disparitions entre elles. Il a fallu la découverte de sépultures clandestines, à la fin des années 1990, pour que le parquet général rapproche des dossiers dispersés. Arrêté en avril 1999 près de Villavicencio pour une autre affaire, il a été identifié puis est passé aux aveux en octobre. La justice colombienne a retenu 172 meurtres d'enfants. Le cumul de ses condamnations dépassait plusieurs siècles, mais la peine exécutable a été ramenée au maximum légal de quarante ans : il est mort en détention à Valledupar le 12 octobre 2023.
Les faits
Luis Alfredo Garavito est né le 25 janvier 1957 à Génova, une commune caféière du département de Quindío, dans l'ouest de la Colombie. Selon l'encyclopédie Britannica, il était l'aîné de sept enfants et n'a fréquenté l'école que quelques années. Adulte, il mène une vie itinérante, de petits métiers, passant d'une ville à l'autre sans attaches durables.
Pendant les années 1990, de 1992 à son arrestation en 1999 selon la période retenue par les enquêteurs, il tue des enfants et des adolescents dans une douzaine de départements : onze selon El Tiempo au moment de ses aveux, ainsi que selon CNN et Britannica ; treize selon El Espectador en 2023. Il s'agit de meurtres, souvent précédés de violences sexuelles. Ses victimes sont presque toutes des garçons de huit à seize ans, issus de familles très pauvres ; beaucoup travaillent ou vivent dans la rue, ou sur les marchés. Des meurtres d'enfants commis en 1998 en Équateur lui sont également imputés. Aucune victime n'est nommée dans ce dossier.
Comment l'enquête a abouti
Pendant des années, les disparitions ne sont pas reliées entre elles. Elles surviennent dans des villes éloignées, relèvent de parquets différents et concernent des enfants dont l'absence n'est pas toujours signalée, ou pas aussitôt. Dans la Colombie des années 1990, marquée par le conflit armé, les déplacements forcés de population et la pauvreté urbaine, la disparition d'un enfant des rues mobilise peu les autorités. Le profil de tueur itinérant de Garavito, qui ne reste jamais longtemps au même endroit, rend les rapprochements d'autant plus difficiles.
L'enquête prend son ampleur avec la découverte de sépultures clandestines d'enfants près de Pereira, dans le département de Risaralda. Selon El Tiempo et Wikipédia en anglais, les premières découvertes datent de novembre 1998 ; l'AFP situe l'ouverture de l'enquête en octobre 1998 et fait état de trente-six corps, chiffre que donne aussi Britannica. CNN et Britannica datent toutefois cette découverte de 1997. Selon El Tiempo, un groupe interinstitutionnel avait été constitué dès septembre 1998, réunissant deux procureurs, la police judiciaire du parquet (CTI), les services de renseignement (DAS), la police judiciaire de la police nationale et la médecine légale. Sa tâche est d'abord documentaire : rassembler et comparer des dossiers ouverts séparément, souvent classés, dans des régions qui ne communiquaient pas.
Le 22 avril 1999, dans une zone rurale proche de Villavicencio, dans le département du Meta, un homme est arrêté pour une tentative d'agression sexuelle sur un jeune garçon, interrompue par l'intervention d'un passant. L'homme se présente sous un faux nom. Il est d'abord détenu pour cette seule affaire. C'est le rapprochement avec le travail de l'équipe nationale qui permet de l'identifier comme Luis Alfredo Garavito : selon CNN, par une comparaison photographique ; selon El Tiempo, sa véritable identité aurait été établie le 20 juillet 1999. Selon Wikipédia en anglais, des objets personnels retrouvés sur plusieurs sites, dont des lunettes, auraient aussi orienté les enquêteurs, et des analyses génétiques auraient conforté l'identification. Ces derniers éléments ne sont pas recoupés par une seconde source consultée et restent au conditionnel.
Garavito nie d'abord. Le 28 octobre 1999, au terme d'un long interrogatoire mené par le parquet, il passe aux aveux pour environ 140 meurtres d'enfants, chiffre que publie El Tiempo deux jours plus tard. Dans les mois qui suivent, il guide les enquêteurs vers des sépultures non encore découvertes, ce qui permet d'identifier des victimes et de rendre des corps aux familles. Le parquet général a finalement retenu sa responsabilité dans 172 meurtres. En août 2003, selon Wikipédia en espagnol, qui cite l'agence EFE, il en aurait reconnu vingt-huit autres. Le nombre total reste inconnu.
Chronologie de l'affaire
- Naissance de Luis Alfredo Garavito, dans une commune caféière de l'ouest de la Colombie.
- Début de la période retenue par les enquêteurs pour les meurtres qui lui ont été imputés.
- Meurtres d'enfants commis en Équateur, qui lui seront imputés ; les sources divergent sur leur nombre (quatre ou deux).
- Découverte de sépultures clandestines d'enfants près de Pereira ; l'enquête prend une dimension nationale.
- Arrestation dans une zone rurale proche de la ville, pour une tentative d'agression sexuelle sur un jeune garçon, interrompue par un passant. Il se présente sous une fausse identité.
- Au terme d'un long interrogatoire mené par le parquet général, il passe aux aveux pour environ 140 meurtres d'enfants.
- La presse colombienne et internationale rend publics ses aveux.
- Première condamnation : cinquante-deux ans et six mois de prison pour un meurtre commis à Tunja et une tentative d'agression à Villavicencio, selon El Tiempo.
- Les condamnations prononcées dans plusieurs départements atteignent un cumul de 1 853 ans, selon la presse colombienne ; la peine exécutable est ramenée à quarante ans.
- Il aurait reconnu vingt-huit autres meurtres, selon Wikipédia en espagnol, qui cite l'agence EFE.
- Sa collaboration à la localisation de corps lui vaut une réduction de peine, ramenée à vingt-quatre ans selon CNN et Ámbito Jurídico.
- Un juge pénal colombien, compétent pour les crimes commis à l'étranger par des nationaux, le condamne pour des meurtres d'enfants commis en Équateur ; la peine est fixée à vingt-deux ans après révision, selon El Tiempo.
- La perspective d'une libération conditionnelle relance la polémique ; un juge la refuse.
- Mort de Luis Alfredo Garavito, à soixante-six ans, dans une clinique de Valledupar, des suites de plusieurs maladies, dont une leucémie et un cancer de l'œil, selon l'administration pénitentiaire (INPEC).
Fiche de l'auteur
Luis Garavito
Il a tué des enfants et adolescents des rues à travers une dizaine de départements colombiens pendant les années 1990. Arrêté en avril 1999, il a avoué près de deux cents meurtres et les juridictions colombiennes en ont retenu 172 ; il est l'un des tueurs en série les plus meurtriers jamais jugés. Il est mort de maladie en octobre 2023, à Valledupar, alors qu'il purgeait sa peine.
Les lieux liés à l'affaire
- Génova, Quindío — Naissance de Luis Alfredo Garavito (25 janvier 1957)
- Pereira, Risaralda — Découverte, à partir de novembre 1998, de sépultures clandestines d'enfants qui donnent à l'enquête son ampleur
- Villavicencio, Meta — Arrestation, le 22 avril 1999, dans une zone rurale proche de la ville, pour une autre affaire
- Tunja, Boyacá — Première condamnation, prononcée le 7 décembre 1999 par un tribunal pénal de la ville pour un meurtre d'enfant commis à Tunja
- Chone, province de Manabí (Équateur) — Ville où auraient été commis, selon Wikipédia en anglais, des meurtres d'enfants en Équateur en 1998
- Prison de La Tramacúa, Valledupar (Cesar) — Prison de haute sécurité où il a purgé sa peine ; mort dans une clinique de la ville le 12 octobre 2023
Le procès et le verdict
Il n'y a pas eu un procès Garavito, mais des dizaines de procédures. Les meurtres ayant été commis dans de nombreux départements, chacun relevait de la juridiction du lieu des faits : les dossiers ont été jugés séparément, à mesure que le parquet général (Fiscalía General de la Nación) les instruisait. La première condamnation a été prononcée le 7 décembre 1999 par un tribunal pénal de Tunja : cinquante-deux ans et six mois de prison pour un homicide aggravé et une tentative d'agression sexuelle sur mineur, la peine maximale de soixante ans ayant été réduite d'un huitième parce qu'il avait accepté les charges, selon El Tiempo. La presse de 2023 date ses condamnations de 2000 (AFP) ou de 2001 (Semana, El País de Cali) : ces dates correspondent vraisemblablement aux décisions suivantes et au premier cumul important. En juillet 2007, selon El Tiempo, 138 des 172 dossiers retenus avaient abouti à une condamnation, les autres étant encore à l'instruction ou en appel.
Le total des peines prononcées varie selon les sources : 1 853 ans (et neuf jours, précise El Colombiano) selon El Espectador, El País de Cali et El Colombiano ; 835 ans selon l'AFP et l'encyclopédie Britannica. Ces chiffres sont symboliques. Selon la presse colombienne (El Espectador, Semana, El Colombiano) et l'AFP, la peine effectivement exécutable a été ramenée à quarante ans, maximum légal applicable à son cas ; sa libération était ainsi prévue en 2039. Le mécanisme juridique exact de cette réduction n'est pas détaillé dans les sources consultées.
À ce plafond se sont ajoutés les mécanismes de réduction de peine. Selon CNN en Español et Ámbito Jurídico, sa collaboration à la localisation des corps lui a valu en 2006 une réduction à vingt-quatre ans, et les réductions pour travail et études en détention rendaient envisageable une libération conditionnelle bien avant le terme. C'est ce qui a nourri des polémiques répétées. En novembre 2021, alors qu'il avait purgé les trois cinquièmes de sa peine, un juge a refusé sa libération conditionnelle : selon Columna Digital, qui reprend El País, parce qu'il ne remplissait pas toutes les conditions et n'avait pas indemnisé les familles des victimes ; selon Wikipédia en espagnol, en application du Code de l'enfance et de l'adolescence, qui exclut certains bénéfices pour les crimes contre des mineurs.
Les meurtres commis en Équateur ont fait l'objet d'un traitement distinct. L'Équateur avait demandé son extradition, que la Cour suprême de justice colombienne a refusée, selon El Espectador, Semana et El País de Cali. En juillet 2007, selon El Tiempo, un juge pénal colombien, compétent pour les crimes commis à l'étranger par des ressortissants colombiens, l'a condamné pour les meurtres de quatre enfants équatoriens ; la peine, d'abord de quarante ans, a été ramenée à vingt-deux ans en révision. L'AFP évoque de son côté une condamnation à vingt-deux ans prononcée par contumace en Équateur. Les sources divergent aussi sur le nombre de victimes : quatre selon El Tiempo, Semana et El País de Cali, deux selon CNN et El Colombiano. Il est mort en détention en 2023.
Ce que l'affaire a changé
L'affaire Garavito est devenue en Colombie le symbole d'un décalage entre l'ampleur de crimes et la peine effectivement purgée. Le maximum de quarante ans, puis la perspective de réductions de peine, ont alimenté pendant deux décennies une indignation publique récurrente, relancée à chaque échéance, notamment en 2021, quand le président de la République, Iván Duque, s'est publiquement opposé à toute libération, selon Wikipédia en espagnol. En 2006, le Code de l'enfance et de l'adolescence a exclu, pour les crimes les plus graves commis contre des mineurs, plusieurs bénéfices comme les réductions de peine négociées ; il ne visait pas, en principe, des faits antérieurs à son adoption, mais Wikipédia en espagnol indique qu'il a été invoqué lors du refus de libération conditionnelle de 2021.
Le débat sur la perpétuité est plus large que cette seule affaire. Selon Ámbito Jurídico, cinq projets de réforme constitutionnelle visant à autoriser la perpétuité pour les crimes contre les enfants ont échoué au Congrès entre 2015 et 2018. En 2020, un acte législatif a modifié l'article 34 de la Constitution pour introduire une perpétuité révisable pour les meurtres et les violences sexuelles commis contre des mineurs. Le 2 septembre 2021, par son arrêt C-294/21, la Cour constitutionnelle l'a annulé par six voix contre trois, estimant qu'il portait atteinte à la dignité humaine et à l'objectif de réinsertion de la peine, selon le texte de l'arrêt, El Tiempo et l'agence EFE. Le nom de Garavito a été constamment invoqué dans ce débat, mais il serait inexact d'en faire la cause de la réforme, nourrie par de nombreuses affaires et par des campagnes d'opinion. Et, la loi pénale plus sévère n'étant pas rétroactive, elle ne l'aurait jamais concerné.
Ce que l'affaire a surtout mis en lumière, c'est la vulnérabilité des enfants des rues et des enfants qui travaillent, dans un pays où la pauvreté et le conflit armé jetaient de nombreuses familles sur les routes. Pendant des années, leurs disparitions n'ont été ni recensées ni rapprochées. L'enquête a montré, à l'inverse, ce que pouvait produire la mise en commun de dossiers dispersés par une équipe nationale. Nous n'avons pas trouvé, dans les sources consultées, de réforme de l'organisation des enquêtes directement attribuée à l'affaire.
Profil psychologique : ce que disent les experts
Expertises judiciaires
Après son arrestation, Luis Alfredo Garavito a été soumis à des examens psychiatriques et psychologiques, avec le concours de l'Institut national de médecine légale (Instituto Nacional de Medicina Legal y Ciencias Forenses). Selon l'anthropologue Juliana Gómez-Mejía (Revista Jurídicas, université de Caldas, 2020), ils ont conduit à le déclarer « imputable », c'est-à-dire pénalement responsable. Le psychologue Juan José Cañas Serrano, qui a fait carrière dans cet institut, cite la conclusion de l'expertise psychiatrique : le trouble relevé n'interférerait pas avec sa capacité à comprendre la gravité de ses actes.
Aucune irresponsabilité pénale n'a donc été retenue. La première condamnation, prononcée en décembre 1999 par un juge pénal de Tunja pour homicide aggravé et tentative d'agression sexuelle sur mineur, est intervenue après qu'il eut accepté les charges, selon El Tiempo ; la peine exécutable a ensuite été plafonnée à quarante ans. Ces décisions tranchent une question de droit ; elles ne valent pas diagnostic.
Diagnostics publiés
L'expertise officielle aurait conclu à un trouble de la personnalité antisociale (« trastorno antisocial de la personalidad »), selon Juan José Cañas Serrano, cité par Infobae en 2023, Juliana Gómez-Mejía et El Colombiano. Juliana Gómez-Mejía mentionne aussi un trouble de la personnalité schizoïde « à composantes psychopathiques », absent des autres sources.
Juan José Cañas Serrano, coauteur en 2012 de En los laberintos mentales de Garavito, juge ce diagnostic trop étroit. Sans avoir pu rencontrer l'intéressé, selon Vanguardia, il estime que le terme de psychopathie aurait dû être employé et que l'expertise aurait dû mentionner deux troubles qu'il tient pour présents, la pédophilie et le sadisme sexuel. Le psychiatre Luis Jiménez, interrogé par El Tiempo, parlerait d'un profil « de type psychopathique » et des mêmes paraphilies ; la psychiatre Heydy Luz Chica Urzola, dans Infobae, retiendrait aussi la pédophilie. Aucun de ces avis ne repose, à notre connaissance, sur un examen de l'intéressé : ce sont des lectures sur pièces, non des expertises judiciaires.
Parcours documenté
Né le 25 janvier 1957 à Génova, dans le Quindío, aîné de sept enfants, il a quitté l'école en cinquième année de primaire, selon Semana. L'hebdomadaire le décrit comme alcoolique et passé par deux hôpitaux psychiatriques. D'après une étude de cas publiée par le site Psicología Jurídica à partir du livre du journaliste Mauricio Aranguren Molina (2002), il aurait été hospitalisé à Armenia en 1980, puis trente-trois jours en 1984, pour un état dépressif ; Infobae rapporte qu'il consultait alors un psychiatre et fréquentait les Alcooliques anonymes, sans rien dire de son attirance pour les enfants. Le détail de ces séjours vient d'une seule filière documentaire.
La presse et plusieurs auteurs font état de violences paternelles et d'agressions sexuelles subies vers l'âge de douze ans. Ces éléments reposent pour l'essentiel sur son propre récit. Juan José Cañas Serrano rappelle que de telles expériences « influencent » sans être « déterminantes » : aucun lien de cause à effet n'est établi.
Ce qu'il a dit de lui-même
Les propos qui suivent sont ceux de l'auteur des faits ; ils sont à lire avec prudence. Lors de son interrogatoire d'octobre 1999, dont Semana a publié des extraits, il a déclaré n'avoir « jamais eu de problèmes psychiques », tout en attribuant ses actes à l'alcool et à quelque chose qui l'aurait « poussé » ; il a demandé pardon « à Dieu, à beaucoup de gens, à la société et à la justice ». Il a aussi dit entendre des voix et recevoir des ordres, ce qu'un enquêteur cité par El Tiempo tenait pour une ruse.
En détention, il s'est présenté comme converti et repenti. Dans un entretien avec le journaliste Guillermo Prieto, dit Pirry, diffusé par RCN en juin 2006, il a dit aspirer à siéger au Congrès pour défendre les enfants, propos qu'un éditorial d'El Tiempo a jugé cynique. Mark Benecke, biologiste médico-légal allemand qui l'a rencontré en 2002, note qu'il demandait pardon sans montrer de signe de véritable remords.
Lectures criminologiques
La justice a retenu des homicides aggravés et des violences sexuelles sur mineurs, commis dans de nombreux départements. Le mode opératoire décrit par les enquêteurs tient à la mobilité de l'auteur et au choix d'enfants pauvres, dont la disparition était peu signalée. Óscar Armando Díaz Beltrán, psychiatre de l'Institut de médecine légale à Cali, a conseillé l'équipe d'enquête ; il dit, dans El País de Cali, avoir demandé que les cas semblables lui soient signalés de tout le pays.
Mark Benecke et ses coauteurs l'ont comparé, dans Minerva Medicolegale (2005), au cas allemand de Jürgen Bartsch ; ils relèvent qu'il était tenu pour responsable de ses actes. Aucune typologie du type « organisé / désorganisé » ne lui est appliquée nommément dans les sources que nous avons pu ouvrir. Sur la portée de ces approches, voir notre article sur le profilage criminel.
Ce qu'on ne sait pas
Nous n'avons pas trouvé le rapport d'expertise lui-même : ses auteurs, sa date et ses méthodes nous restent inconnus, et son contenu n'est connu que par des citations de seconde main. Les experts divergent sur les mots : trouble de la personnalité antisociale pour l'expertise officielle, psychopathie et paraphilies pour ceux qui l'ont commentée ensuite. La réalité et l'étendue des violences subies dans l'enfance restent invérifiables : Mark Benecke écrit que la police les tenait pour établies, mais que Garavito refusait d'en parler. Enfin, les psychiatres interrogés par El Tiempo en 2006 excluaient toute réinsertion ; aucune expertise publiée n'a tranché la question.
Questions fréquentes
Combien de victimes a fait Luis Alfredo Garavito ?
La justice colombienne lui a imputé 172 meurtres d'enfants et d'adolescents, chiffre repris par El Espectador et El Tiempo : ce sont ses victimes confirmées. En 2007, 138 de ces dossiers avaient abouti à une condamnation, selon El Tiempo ; Britannica avance 189 condamnations. Il avait avoué environ 140 meurtres en octobre 1999, puis davantage, jusqu'à près de 200 selon plusieurs médias. Des meurtres d'enfants commis en Équateur en 1998 lui ont aussi été imputés. Le nombre réel reste incertain.
Comment Luis Alfredo Garavito a-t-il été arrêté ?
Le 22 avril 1999, il a été arrêté près de Villavicencio, dans le département du Meta, pour une tentative d'agression sexuelle sur un jeune garçon, interrompue par l'intervention d'un passant. Il se présentait sous une fausse identité. Les enquêteurs du parquet général, qui rapprochaient depuis des mois des dossiers de disparitions dans plusieurs départements, l'ont ensuite identifié comme le suspect recherché. Il est passé aux aveux le 28 octobre 1999.
Pourquoi Luis Alfredo Garavito n'a-t-il pas été condamné à la perpétuité ?
La Constitution colombienne interdit la perpétuité. Malgré un cumul de condamnations de plusieurs siècles, la peine exécutable a été ramenée à quarante ans, maximum légal applicable à son cas selon la presse colombienne. Un acte législatif de 2020 a introduit une perpétuité révisable pour les crimes les plus graves contre les enfants, mais la Cour constitutionnelle l'a annulé le 2 septembre 2021 (arrêt C-294/21). La loi pénale plus sévère n'étant pas rétroactive, cette réforme n'aurait de toute façon pas pu s'appliquer à son cas.
Quand Luis Alfredo Garavito est-il mort ?
Il est mort le 12 octobre 2023, à soixante-six ans, dans une clinique de Valledupar, dans le nord de la Colombie, où il avait été transféré depuis la prison de haute sécurité de La Tramacúa. Selon l'administration pénitentiaire (INPEC), il souffrait notamment d'une leucémie et d'un cancer de l'œil. Il n'était jamais sorti de détention depuis son arrestation en avril 1999.
Pour aller plus loin : livres
Sélection informative, sans lien affilié.
- Livre En los laberintos mentales de Garavito : dos psicólogos jurídicos reflexionan sobre el mayor asesino sexual serial de niños en Colombia, Juan José Cañas Serrano et Ángela Cristina Tapias Saldaña (Ediciones SIC, Bucaramanga, 318 pages (en espagnol), 2012) — Ouvrage de deux psychologues spécialisés en psychologie juridique, présenté à l'université de Manizales en octobre 2012. Non traduit en français. Lien non affilié.
- Article El intento de frenar la libertad de Garavito y el debate sobre la cadena perpetua (Ámbito Jurídico, 26 octobre 2018 (en espagnol)) — Revue juridique colombienne : l'affaire replacée dans l'histoire des projets de réforme sur la perpétuité. Lien non affilié.
- Article Sentencia C-294 de 2021 (Corte Constitucional de Colombia, 2 septembre 2021 (en espagnol)) — Texte intégral de l'arrêt qui a annulé l'introduction de la perpétuité révisable dans la Constitution. Lien non affilié.
- Article Luis Garavito (Encyclopædia Britannica (en anglais)) — Notice biographique synthétique. Lien non affilié.
Sources
- El asesino de niños fue condenado a 52 años de cárcel (17 décembre 1999), El Tiempo (archives)
- El hombre que mató a 140 niños (30 octobre 1999), El Tiempo (archives)
- Así fue capturado autor de 140 muertes (3 novembre 1999), El Tiempo (archives)
- Violador Luis Alfredo Garavito fue condenado a 22 años de cárcel en Ecuador (27 juillet 2007), El Tiempo (archives)
- Sentencia C-294 de 2021 (2 septembre 2021), Corte Constitucional de Colombia
- Luis Alfredo Garavito murió en una clínica de Valledupar, anuncia el INPEC (12 octobre 2023), El Espectador
- Muerte de Luis Alfredo Garavito : ¿cuántos años le quedaban de condena? (octobre 2023), Semana
- ¿A cuántos años fue condenado Luis Alfredo Garavito y cuántos le quedaban? (octobre 2023), El País (Cali)
- Tras 24 años de estar preso, murió el asesino serial Garavito (octobre 2023), El Colombiano
- ¿Cuánto le faltaba a Luis Alfredo Garavito para cumplir su condena? (octobre 2023), El Colombiano
- Colombia's deadliest serial killer dies serving his sentence (13 octobre 2023), AFP (via Malay Mail)
- Garavito, el violador y asesino de casi 200 niños en Colombia que tendría la posibilidad de salir de prisión (1er novembre 2021), CNN en Español
- Un juez colombiano niega la libertad condicional a Alfredo Garavito (2 novembre 2021, d'après El País), Columna Digital
- El intento de frenar la libertad de Garavito y el debate sobre la cadena perpetua (26 octobre 2018), Ámbito Jurídico
- Corte Constitucional tumba la pena perpetua a violadores de niños (2 septembre 2021), El Tiempo
- Constitucional colombiano tumba la cadena perpetua para violadores de niños (EFE, 2 septembre 2021), SWI swissinfo.ch
- En los laberintos mentales de Garavito (25 octobre 2012), Vanguardia
- Luis Garavito, Encyclopædia Britannica
- Luis Alfredo Garavito, Wikipedia (es)
- Luis Garavito, Wikipedia (en)
Corrections et mises à jour
- — Section « Profil psychologique » refondue en six rubriques, avec ses sources propres.
Signaler une erreur — réponse sous 15 jours, procédure de rectification.