JaponDossier1988-1989Tokyo, Saitama
L'affaire Tsutomu Miyazaki
Entre août 1988 et juin 1989, quatre fillettes âgées de quatre à sept ans ont été tuées dans l'ouest de l'agglomération de Tokyo et dans la préfecture voisine de Saitama. Tsutomu Miyazaki, un employé d'imprimerie de vingt-six ans, a été interpellé en juillet 1989 à Hachiōji pour un autre fait, puis a reconnu les meurtres. Son procès, ouvert en 1990, a duré sept ans en première instance et s'est joué sur une seule question : était-il pénalement responsable ? Trois rapports d'expertise psychiatrique ont abouti à des conclusions divergentes. Condamné à mort en 1997, il a vu sa peine confirmée par la Cour suprême en janvier 2006 et a été pendu le 17 juin 2008. L'affaire a aussi laissé une trace durable dans la presse japonaise, qui a fait des « otaku » les suspects d'une génération entière.
Les faits
Tsutomu Miyazaki est né en 1962 à Itsukaichi, une commune de l'ouest de l'agglomération de Tokyo aujourd'hui intégrée à la ville d'Akiruno, selon Wikipédia. À la fin des années 1980, il travaille dans une imprimerie, selon The Japan Times et Wikipédia en japonais.
Entre août 1988 et juin 1989, quatre fillettes âgées de quatre à sept ans disparaissent dans l'ouest de la région de Tokyo et dans la préfecture voisine de Saitama, puis sont retrouvées mortes. La justice a qualifié ces faits d'enlèvements suivis de meurtres. Pendant ces mois, des courriers adressés aux familles des victimes ont renforcé l'émotion dans tout le pays. Ce dossier n'en dit pas davantage sur les faits eux-mêmes : les victimes étaient des enfants.
La série se déroule à la charnière de deux époques : l'empereur Hirohito meurt en janvier 1989 et l'ère Shōwa cède la place à l'ère Heisei. En 2008, The Washington Post décrivait encore Tsutomu Miyazaki comme l'un des criminels les plus honnis de l'histoire récente du Japon.
Comment l'enquête a abouti
L'affaire n'a pas été résolue par une percée de l'enquête, mais par un flagrant délit sans rapport apparent avec elle. En juillet 1989, Tsutomu Miyazaki est interpellé à Hachiōji, dans l'ouest de Tokyo, pour des faits commis sur une fillette, selon The Japan Times et l'AFP. Selon Wikipédia, c'était le 23 juillet, et le père de l'enfant l'avait surpris en train de la photographier ; les versions anglaise et japonaise de l'encyclopédie divergent sur la suite immédiate de la scène. Il est d'abord poursuivi pour ce seul fait.
Les enquêteurs le rapprochent rapidement de la série de disparitions qui inquiète la région depuis l'été précédent. Au cours de sa garde à vue, il passe des aveux ; il est arrêté pour meurtre en août 1989 (le 11 août, selon Wikipédia en japonais), puis mis en cause pour les quatre affaires.
La perquisition de sa chambre devient un événement médiatique. Les policiers y saisissent des milliers de cassettes vidéo et de nombreux mangas : environ 6 000 cassettes selon The Japan Times et ABC News, 5 763 selon Wikipédia en anglais, 5 787 selon Wikipédia en japonais. Les images de cette pièce encombrée tournent en boucle à la télévision. Selon Wikipédia en japonais, l'immense majorité de ces cassettes étaient des enregistrements d'émissions télévisées et de dessins animés, et seule une petite partie avait un rapport avec les faits ; d'après le témoignage d'un journaliste du Yomiuri Shimbun cité par l'encyclopédie, une équipe de télévision privée aurait par ailleurs placé une revue pour adultes en évidence avant de filmer la pièce, pour rendre l'image plus parlante. Le critique Eiji Ōtsuka a soutenu une thèse voisine, selon Wikipédia en anglais. Ces deux points ne sont rapportés, dans nos sources, que par l'encyclopédie et restent donc à prendre au conditionnel. La médiatisation de la perquisition a, elle, pesé lourd dans la suite de l'affaire, qui s'est jouée autant devant l'opinion que devant les juges.
Chronologie de l'affaire
- Naissance de Tsutomu Miyazaki dans une commune de l'ouest de l'agglomération de Tokyo.
- Premier des quatre meurtres retenus par la justice. Les victimes sont des fillettes de quatre à sept ans.
- Quatrième et dernier meurtre retenu. Entre-temps, des courriers adressés aux familles ont accru l'émoi dans le pays.
- Il est interpellé pour des faits commis sur une fillette, sans lien apparent avec la série (le 23 juillet, selon Wikipédia). Les enquêteurs le rapprochent ensuite des meurtres.
- Après ses aveux, il est arrêté pour meurtre (le 11 août selon Wikipédia en japonais). La perquisition de sa chambre et ses milliers de cassettes vidéo font la une de la presse.
- Ouverture du procès en première instance.
- Remise d'un premier rapport d'expertise psychiatrique, établi par une équipe de cinq psychiatres et d'un psychologue, qui conclut à sa pleine responsabilité pénale.
- Une seconde expertise, confiée à plusieurs psychiatres, rend des conclusions divisées : schizophrénie selon un rapport, trouble dissociatif de l'identité selon l'autre, tous deux concluant à une responsabilité atténuée.
- Le tribunal retient sa pleine responsabilité et le condamne à mort.
- La cour d'appel confirme la peine de mort.
- La Cour suprême rejette son pourvoi : malgré un trouble grave de la personnalité, il était pleinement responsable au moment des faits. La condamnation devient définitive début février 2006.
- Exécution par pendaison, avec deux autres condamnés, sur ordre du ministre de la Justice Kunio Hatoyama. Il avait quarante-cinq ans.
Fiche de l'auteur
Tsutomu Miyazaki
Auteur de quatre meurtres d'enfants dans la région de Tokyo en 1988 et 1989 ; l'affaire a nourri au Japon un long débat sur l'expertise psychiatrique et le traitement médiatique.
Les lieux liés à l'affaire
- Itsukaichi (aujourd'hui Akiruno), Tokyo — Commune de l'ouest de Tokyo où vivait Tsutomu Miyazaki, né en 1962
- Préfecture de Saitama (secteur ouest) — Région où ont été commis la plupart des faits, entre août 1988 et juin 1989
- Hachiōji, Tokyo — Interpellation pour un autre fait, le 23 juillet 1989
- Tribunal de district et Haute Cour de Tokyo, Kasumigaseki — Procès en première instance (1990-1997) et en appel (jusqu'en 2001)
- Cour suprême du Japon, Tokyo — Rejet du dernier recours le 17 janvier 2006
- Centre de détention de Tokyo, Kosuge — Lieu de détention et d'exécution, le 17 juin 2008
Le procès et le verdict
Le procès s'est ouvert devant le tribunal de district de Tokyo en 1990 (le 30 mars, selon les versions anglaise et japonaise de Wikipédia) et a duré sept ans. L'accusé ne contestait pas pour l'essentiel la matérialité des faits, qu'il avait reconnus en garde à vue. Les débats ont porté sur sa responsabilité pénale : en droit japonais, une personne privée de discernement au moment des faits est irresponsable, et une personne dont le discernement était seulement altéré bénéficie d'une atténuation obligatoire de la peine, qui exclut la peine capitale (article 39 du Code pénal). L'enjeu de l'expertise psychiatrique était donc la vie de l'accusé.
Trois rapports d'expertise ont été versés au dossier, et ils ne concordaient pas : NHK a consacré à ces « trois rapports d'expertise psychiatrique » un numéro de son magazine Close-up Gendai, diffusé le 10 avril 1997, quatre jours avant le verdict. Selon Wikipédia en japonais, la première expertise, remise en 1992, concluait à une pleine responsabilité ; la seconde, confiée à plusieurs spécialistes et présentée en 1995, retenait une responsabilité atténuée, mais divergeait sur le diagnostic, schizophrénie selon un rapport, trouble dissociatif de l'identité selon l'autre. Japan Today, en 2008, rappelait que des experts désignés par la cour avaient évoqué ces deux diagnostics. En 1999, à l'ouverture du procès en appel, The Japan Times résumait ainsi le dossier : deux des trois expertises concluaient que l'accusé n'était pas pleinement responsable, la troisième qu'il pouvait répondre de ses actes, et le tribunal avait retenu cette dernière ; le site Anime News Network précisait en 2006 que c'était l'expertise concluant à un trouble de la personnalité qui avait été suivie.
Le 14 avril 1997, le tribunal a écarté la thèse d'une responsabilité atténuée : il a jugé que l'accusé avait conscience de la gravité de ses actes et de leurs conséquences, et l'a condamné à mort. La Haute Cour de Tokyo a confirmé la peine en juin 2001 (le 28 juin, selon Wikipédia), après avoir entendu une défense qui plaidait toujours l'irresponsabilité, selon The Japan Times. Le 17 janvier 2006, la Cour suprême a rejeté son pourvoi, au terme de seize ans de procédure, en retenant qu'il souffrait d'un trouble grave de la personnalité mais qu'il était pleinement responsable au moment des faits, selon Japan Today et The Japan Times. La condamnation est devenue définitive en février 2006, selon Japan Today ; le 2 février, précise Wikipédia en japonais.
Tsutomu Miyazaki a été pendu le 17 juin 2008 au centre de détention de Tokyo, en même temps que deux autres condamnés à mort, sur ordre du ministre de la Justice Kunio Hatoyama, selon Japan Today, The Washington Post, The Japan Times et l'AFP.
Ce que l'affaire a changé
La justice et la peine de mort. Nous n'avons trouvé aucune réforme du droit pénal japonais directement attribuable à l'affaire Miyazaki. Elle a en revanche illustré deux traits du système judiciaire du pays. Le premier est sa lenteur dans les dossiers capitaux : seize ans se sont écoulés entre l'ouverture du procès et la décision de la Cour suprême, dont sept en première instance, en grande partie consacrés à la question de la responsabilité. Le procès a nourri un débat plus large sur la place de l'expertise psychiatrique dans la justice pénale, que NHK a porté à l'antenne avant même le verdict.
Le second est la discrétion qui entoure les exécutions et leur dépendance à la signature du ministre de la Justice. En juin 2008, Tsutomu Miyazaki a été exécuté deux ans et quatre mois après que sa condamnation était devenue définitive, alors que le délai moyen était d'environ huit ans entre 1998 et 2007, relevait The Japan Times. Avec ces trois pendaisons, Kunio Hatoyama, ministre de la Justice depuis août 2007, avait ordonné treize exécutions, plus qu'aucun autre ministre depuis la reprise des exécutions en 1993, selon The Japan Times et Japan Today ; il les justifiait par l'intérêt de la justice et la protection d'un État de droit. Il restait alors 102 condamnés dans les couloirs de la mort, selon Japan Today et The Washington Post. Ce dernier rapportait que le ministre avait envisagé de rendre les exécutions automatiques dans un délai de six mois après l'épuisement des recours, sans signature ministérielle, et qu'Amnesty International voyait dans le rythme de 2008 la preuve que le Japon s'orientait vers des exécutions « routinières et en grand nombre ». L'Assemblée générale des Nations unies avait appelé à un moratoire, tandis que la peine de mort conservait au Japon un large soutien dans l'opinion, selon le même journal.
L'image des otaku. C'est sur le terrain médiatique que l'affaire a laissé la trace la plus durable. La découverte de sa collection de cassettes a conduit une partie de la presse à le désigner comme un « meurtrier otaku », et des émissions de télévision ont employé ce mot, jusque-là confidentiel, pour décrire le suspect, installant l'idée d'un lien entre une sous-culture d'amateurs de mangas, d'anime et de vidéos et la délinquance, selon The Japan Times. Avant lui, notait le quotidien en 2006, les auteurs de crimes de ce type étaient plutôt présentés comme des délinquants au parcours difficile. Des commentateurs ont élargi le diagnostic à toute une génération : le psychanalyste Keigo Okonogi s'inquiétait ainsi, selon Wikipédia, d'une jeunesse entière privée des relations humaines les plus élémentaires.
Les travaux universitaires ont ensuite lu cet épisode comme une panique morale, au sens que la sociologie donne à ce terme : une réaction médiatique disproportionnée qui fait d'un groupe social le symbole d'une menace. La chercheuse britannique Sharon Kinsella a fait valoir que de grandes collections de mangas et de vidéos étaient alors courantes dans les chambres des jeunes de la région de Tokyo, et le journaliste Fumiya Ichihashi a soupçonné que les informations diffusées avaient été choisies pour coller aux stéréotypes, selon Wikipédia. En 2013, l'universitaire Diane Lewis revenait dans Flow Journal sur cette construction médiatique. Au Japon même, des critiques issus du monde des sous-cultures, comme Eiji Ōtsuka, ont pris la défense des amateurs et développé un contre-discours. Selon The Japan Times et Flow Journal, la stigmatisation a pesé sur les otaku jusqu'à la fin des années 1990. En 2006, The Japan Times observait que la presse ne désignait plus Miyazaki que comme un meurtrier d'enfants, tandis que la culture otaku, devenue un marché de premier plan, s'affichait ouvertement à Akihabara.
Profil psychologique : ce que disent les experts
Expertises judiciaires
Le procès s'est joué sur la responsabilité pénale, et le tribunal de district de Tokyo a ordonné plusieurs expertises psychiatriques successives. Trois rapports aux conclusions différentes ont été versés au dossier, rappelait NHK en avril 1997. Selon The Japan Times, deux d'entre eux estimaient que l'accusé n'était pas pleinement responsable de ses actes, le troisième qu'il pouvait en répondre ; c'est ce dernier que le tribunal a suivi.
Le 14 avril 1997, le tribunal a retenu une pleine responsabilité et prononcé la peine de mort, jugeant, selon Amnesty International, que l'accusé avait conscience de la gravité et des conséquences de ses actes. La Haute Cour de Tokyo a confirmé en juin 2001, puis la Cour suprême le 17 janvier 2006 : elle a relevé un trouble extrême de la personnalité, sans y voir un trouble mental de nature à écarter la responsabilité, selon The Japan Times et Japan Today. Les juridictions n'ont pas posé de diagnostic : elles ont arbitré entre des expertises contradictoires et répondu à une question de droit, celle de l'irresponsabilité pénale ou de l'atténuation de la peine.
Diagnostics publiés
Le premier rapport, remis en 1992 selon Wikipédia en japonais, aurait conclu à un trouble de la personnalité, sans schizophrénie, compatible avec une pleine responsabilité ; Anime News Network confirme que l'expertise suivie par les juges retenait un trouble de la personnalité.
Le second collège, désigné fin 1992 d'après la même notice, se serait divisé et aurait remis deux rapports en 1995 : l'un décrivait un état psychotique réactionnel dominé par une personnalité multiple, aujourd'hui appelée trouble dissociatif de l'identité, l'autre une schizophrénie, et tous deux concluaient à une responsabilité atténuée. Amnesty International et Japan Today rapportent ces deux diagnostics sans nommer leurs auteurs. L'un de ces experts, le psychiatre Nobuo Nakayasu, de l'université de Tokyo, a publié son rapport en 2001 ; son éditeur le présente comme portant sur une schizophrénie à son stade initial. Les sources que nous avons pu ouvrir se contredisent sur l'auteur de chaque thèse : nous ne nommons donc pas les autres experts.
Parcours documenté
Tsutomu Miyazaki est né le 21 août 1962 à Itsukaichi, dans l'ouest de Tokyo. Selon Wikipédia en anglais et en japonais, une malformation congénitale des avant-bras limitait le mouvement de ses mains ; le premier collège d'experts y aurait vu l'origine d'un sentiment d'infériorité. Issu d'une famille aisée dont les parents étaient accaparés par leur entreprise, il aurait été en grande partie élevé par son grand-père, mort en mai 1988, trois mois avant le premier des meurtres ; le second collège aurait donné à ce deuil un rôle déclencheur. Il travaillait dans une imprimerie. Ce sont des lectures d'experts : la justice n'a établi aucun lien de cause à effet avec les crimes.
Ce qu'il a dit de lui-même
Les propos qui suivent sont ceux de l'auteur des faits ; ils sont à lire avec prudence. À l'ouverture du procès, en 1990, il a dit avoir agi comme dans un rêve, selon Wikipédia en japonais et la présentation du livre du journaliste Takahiro Takino. À l'audience, il a ensuite attribué les faits à un « homme-rat » qui lui serait apparu, rapportent The Japan Times et Japan Today. En janvier 2000, devant la Haute Cour, il a affirmé que ses aveux lui avaient été extorqués par des violences policières, selon The Japan Times. Dans une lettre adressée à l'agence Kyodo avant l'arrêt de la Cour suprême, il écrivait penser avoir fait « une bonne chose ». Il n'a jamais exprimé de regret envers les familles, relèvent The Japan Times et Amnesty International.
Lectures criminologiques
La justice a retenu des enlèvements suivis de meurtres commis sur quatre enfants, avec un mobile sexuel auquel s'ajoutait un désir de collection d'images, selon The Washington Post et Wikipédia en japonais. Aucune typologie criminologique ne lui est appliquée nommément dans nos sources. Le psychiatre Masaaki Noda aurait jugé en 2001 l'arrêt d'appel fondé du point de vue psychiatrique, selon The Japan Times.
Les travaux universitaires portent surtout sur la réception de l'affaire. La sociologue Sharon Kinsella a décrit en 1998, dans le Journal of Japanese Studies, une « panique otaku » : après la médiatisation de la perquisition, la presse a fait des amateurs de mangas et de vidéos des suspects en puissance. L'historien William M. Tsutsui, en 2008, et le chercheur Patrick W. Galbraith, en 2020, prolongent cette analyse : l'« otaku » dangereux est une construction médiatique, non une catégorie clinique.
Ce qu'on ne sait pas
Aucun consensus n'existe sur le diagnostic : les experts désignés par le même tribunal ne se sont accordés ni sur la nature du trouble ni sur ses effets, et nos sources divergent jusque sur l'auteur de chaque thèse. Nous n'avons lu ni les rapports ni le texte des trois décisions, connus seulement par des comptes rendus de presse, d'encyclopédie et d'éditeur. Reste son état au moment de l'exécution : il était suivi en psychiatrie en détention, selon Amnesty International et Japan Today, et ses avocats préparaient une demande de révision qui n'avait pas encore été déposée, selon The Japan Times.
Questions fréquentes
Combien de victimes a fait Tsutomu Miyazaki ?
La justice japonaise l'a condamné pour quatre meurtres, ses victimes confirmées : quatre fillettes âgées de quatre à sept ans, tuées entre août 1988 et juin 1989 dans la préfecture de Saitama et à Tokyo. Aucune autre victime ne lui a été attribuée par les sources de référence.
Comment Tsutomu Miyazaki a-t-il été arrêté ?
En juillet 1989 (le 23, selon Wikipédia), à Hachiōji, dans l'ouest de Tokyo, il a été interpellé pour des faits commis sur une fillette, sans lien apparent avec la série. Les enquêteurs l'ont ensuite rapproché des meurtres de la région, qu'il a reconnus. Il a été arrêté pour meurtre en août 1989.
Quand Tsutomu Miyazaki a-t-il été exécuté ?
Il a été pendu le 17 juin 2008 au centre de détention de Tokyo, à quarante-cinq ans, avec deux autres condamnés, sur ordre du ministre de la Justice Kunio Hatoyama. Sa condamnation à mort, prononcée en 1997, avait été confirmée par la Cour suprême le 17 janvier 2006.
Pourquoi l'affaire Miyazaki est-elle liée aux otaku ?
Après son arrestation, la presse et la télévision japonaises ont largement montré sa collection de quelque 6 000 cassettes vidéo et de mangas et en ont fait la figure repoussoir des « otaku ». Des chercheurs ont ensuite analysé cette couverture comme une panique morale qui a stigmatisé les amateurs de mangas et d'anime pendant une bonne partie des années 1990.
Pour aller plus loin : documentaires et livres
Sélection informative, sans lien affilié.
- Documentaire Close-up Gendai : 3通の精神鑑定書 〜宮崎勤被告の7年〜 (Trois rapports d'expertise psychiatrique : les sept ans du procès de Tsutomu Miyazaki) (NHK (en japonais), 1997) — Numéro du magazine d'information de NHK diffusé le 10 avril 1997, consacré aux expertises contradictoires. La page d'archive existe ; disponibilité du programme en visionnage à vérifier. Lien non affilié.
- Article Defining the Heisei Era: Examining the rise of otaku culture (The Japan Times (en anglais)) — Retour sur la façon dont l'affaire a pesé sur l'image des otaku, puis sur la réhabilitation de cette culture pendant l'ère Heisei. Lien non affilié.
- Article Media Fantasies and Moral Panics (Diane Lewis) (Flow Journal, 2013 (en anglais)) — Article universitaire de vulgarisation sur la notion de panique morale appliquée aux otaku. Lien non affilié.
- Article Death of a serial killer (éditorial, 20 juin 2008) (The Japan Times (en anglais)) — Éditorial publié après l'exécution, sur le rythme des exécutions sous le ministre Kunio Hatoyama. Lien non affilié.
- Livre 宮崎勤精神鑑定書:多重人格説の検証, Takahiro Takino (瀧野隆浩) (Kōdansha, coll. +α bunko (en japonais), 2000) — Enquête d'un journaliste qui a suivi le procès, consacrée aux expertises psychiatriques et à la thèse du trouble dissociatif ; édition de poche révisée (ISBN 978-4-06-256410-6). Pas de traduction française identifiée. Lien non affilié.
- Livre 宮崎勤裁判, Ryūzō Saki (佐木隆三) (Asahi Shimbunsha, Asahi bunko, trois volumes (en japonais), 2000) — Chronique du procès par un écrivain spécialiste des affaires criminelles (1937-2015), qui a suivi les audiences. Pas de traduction française identifiée ; épuisé, disponibilité à vérifier (occasion ou bibliothèque). Lien non affilié.
Sources
- Serial child killer Tsutomu Miyazaki, 2 others executed (17 juin 2008), Japan Today
- Death of a serial killer (éditorial, 20 juin 2008), The Japan Times
- Japan Hangs Three Killers As Pace of Executions Rises (17 juin 2008), The Washington Post
- Japan confirms execution of cannibal killer (18 juin 2008), ABC News (Australie)
- Sifting through the geeks -- that's all of us -- to identify the perverts (29 janvier 2006), The Japan Times
- Defining the Heisei Era: Examining the rise of otaku culture, The Japan Times
- Close-up Gendai : 3通の精神鑑定書 〜宮崎勤被告の7年〜 (10 avril 1997), NHK
- Media Fantasies and Moral Panics (Diane Lewis, mai 2013), Flow Journal
- Serial killer Miyazaki, two others hanged (18 juin 2008), The Japan Times
- 連続幼女殺害事件の宮崎死刑囚ら3人、刑執行 (17 juin 2008), AFPBB News (AFP)
- Serial killer Miyazaki must hang: Supreme Court (18 janvier 2006), The Japan Times
- Otaku Murderer Death Sentence Upheld (17 janvier 2006), Anime News Network
- Serial killer claims he was forced into confessing (27 janvier 2000), The Japan Times
- Alleged serial killer 'insane' (21 décembre 1999), The Japan Times
- Insanity cited in serial killer's death penalty appeal (22 décembre 1999), The Japan Times
- Tsutomu Miyazaki, Wikipedia (en)
- 東京・埼玉連続幼女誘拐殺人事件, Wikipédia (ja)
Corrections et mises à jour
- — Section « Profil psychologique » refondue en six rubriques, avec ses sources propres.
- — Expertises de 1995 : formulation revue dans la chronologie et le procès, les sources divergeant sur l'auteur de chaque diagnostic.
Signaler une erreur — réponse sous 15 jours, procédure de rectification.