États-UnisDossier1972-1989État de New York
L'affaire Arthur Shawcross
En 1972, à Watertown, dans le nord de l'État de New York, Arthur Shawcross a reconnu avoir tué deux enfants. Un accord de plaider-coupable l'a fait condamner pour homicide involontaire aggravé à vingt-cinq ans de prison au plus. Il a obtenu sa libération conditionnelle en 1987, après moins de quinze ans de détention, en dépit d'évaluations psychiatriques défavorables. Chassé de plusieurs villages où son passé avait été révélé, il a été installé à Rochester, sans que les autorités locales en soient averties. Entre mars 1988 et décembre 1989, il y a tué au moins onze femmes, pour la plupart en grande précarité. Arrêté en janvier 1990 grâce à une surveillance aérienne, il a été jugé sain d'esprit et condamné à 250 ans de prison. Il est mort en détention en 2008.
Les faits
Arthur Shawcross est né le 6 juin 1945 et a grandi dans la région de Watertown, petite ville du nord de l'État de New York, près de la frontière canadienne. Appelé sous les drapeaux, il a servi au Vietnam ; les récits de combats qu'il a faits par la suite n'ont trouvé aucune confirmation dans ses états de service. Revenu à Watertown, il a été condamné pour des cambriolages et un incendie volontaire.
Il était en liberté conditionnelle pour ces faits lorsque, en 1972, deux enfants de Watertown ont été tués : un garçon de dix ans en mai, une fillette de huit ans en septembre. Shawcross a reconnu les deux meurtres. Le procureur du comté de Jefferson a cependant accepté un accord de plaider-coupable. Selon Biography.com et les versions française, espagnole et italienne de Wikipédia, les poursuites pour la mort du garçon ont été abandonnées faute de preuves directes, et Shawcross a plaidé coupable d'homicide involontaire aggravé (manslaughter au premier degré) pour celle de la fillette ; la version anglaise de Wikipédia présente l'accord comme couvrant les deux décès. Selon cette dernière, l'accusation craignait aussi qu'un procès pour meurtre n'aboutisse à une qualification atténuée. Il a été condamné en octobre 1972 à une peine indéterminée de vingt-cinq ans au plus.
Entre mars 1988 et décembre 1989, alors qu'il avait été libéré moins d'un an plus tôt, il a tué au moins onze femmes dans la région de Rochester, pour la plupart vivant de la prostitution ou en grande précarité. La justice l'a condamné pour ces onze meurtres.
Comment l'enquête a abouti
L'histoire de l'enquête commence en réalité en prison. Shawcross a purgé sa peine dans plusieurs établissements, dont Attica puis Green Haven. Selon la version anglaise de Wikipédia, des psychiatres l'avaient décrit comme un « psychopathe schizoïde », avant qu'un avis ultérieur, rendu selon la même source par un personnel peu expérimenté, ne le juge plus dangereux. Il a obtenu sa libération conditionnelle en 1987, à sa sixième demande selon Oxygen, après moins de quinze ans de détention. Le directeur exécutif de l'administration des libérations conditionnelles a ensuite défendu la décision, en soulignant qu'il aurait de toute façon été libéré d'office en 1989 grâce aux remises de peine pour bonne conduite. Les sources divergent sur le mois : avril 1987 selon Biography.com et Wikipédia, juin selon UPI.
La réinsertion a tourné court. Placé d'abord à Binghamton, puis dans le village de Delhi, dans le comté de Delaware, il en a été chassé dès que son passé a été connu : selon une dépêche reprise par le Deseret News, sa propriétaire, élue du conseil du village, l'a fait expulser, et le chef de la police locale rapportait que les habitants craignaient pour leurs enfants. Après un bref passage à Fleischmanns, il a été installé fin juin 1987 à Rochester, la grande ville de l'ouest de l'État. Son dossier y est resté confidentiel : selon Biography.com, son casier avait été mis sous scellés pour éviter une nouvelle réaction de la population, et, selon la version anglaise de Wikipédia, son agent de probation n'a pas averti les autorités locales.
À partir de mars 1988, des femmes ont disparu à Rochester. Leurs corps ont été retrouvés, souvent longtemps après, dans des lieux isolés de l'agglomération, notamment le long des gorges de la rivière Genesee. Pendant près de deux ans, l'enquête a piétiné. L'ancien enquêteur Robert Keppel, connu pour son rôle dans l'affaire Ted Bundy, aurait ensuite reproché aux enquêteurs de s'être trop fiés au modus operandi : comme celui-ci variait d'un meurtre à l'autre, ils auraient cru longtemps à plusieurs auteurs.
Le dénouement est venu des airs. Le 3 janvier 1990, lors d'une surveillance en hélicoptère, les enquêteurs ont découvert le corps d'une victime près de Salmon Creek, dans le nord-ouest du comté de Monroe, et ont repéré un homme et une voiture à proximité, sur un pont. Le véhicule a été suivi jusqu'à une maison de retraite, puis jusqu'au domicile de Shawcross. Interrogé, il a fini par reconnaître les meurtres. Selon UPI, il a été formellement arrêté et présenté au tribunal municipal de Rochester le vendredi 5 janvier 1990, pour huit meurtres d'abord, avant que d'autres chefs ne s'ajoutent ; selon les sources, la date de l'arrestation varie entre le 2 et le 5 janvier. C'est alors seulement que les enquêteurs, et la population, ont appris qu'il s'agissait d'un homme libéré trois ans plus tôt après la mort de deux enfants.
Chronologie de l'affaire
- Naissance d'Arthur Shawcross. Il grandit dans la région de Watertown.
- Meurtre d'un garçon de dix ans. Un second meurtre, celui d'une fillette de huit ans, suit en septembre 1972. Shawcross, alors en liberté conditionnelle pour des cambriolages et un incendie volontaire, reconnaît les deux faits.
- Accord de plaider-coupable : il est condamné pour homicide involontaire aggravé (manslaughter au premier degré) à une peine indéterminée de vingt-cinq ans au plus. Selon la plupart des sources, les poursuites pour la mort du garçon sont abandonnées faute de preuves directes.
- Libération conditionnelle, à sa sixième demande selon Oxygen, après moins de quinze ans de détention : en avril selon Biography.com et Wikipédia, en juin selon UPI.
- Dès que son passé est connu, les habitants protestent ; il doit quitter successivement plusieurs localités du sud de l'État.
- Il est installé à Rochester, où son dossier reste confidentiel. Les autorités locales n'auraient pas été prévenues de son arrivée.
- Premier des meurtres de la série de Rochester. Les victimes sont des femmes, pour la plupart vivant de la prostitution ou en grande précarité.
- Dernier meurtre retenu, fin décembre 1989.
- Lors d'une surveillance aérienne, les enquêteurs découvrent le corps d'une victime et repèrent Shawcross à proximité. Il est suivi, interrogé, puis arrêté ; UPI date l'arrestation formelle et la comparution du vendredi 5 janvier.
- Ouverture du procès pour dix meurtres. La défense plaide l'aliénation mentale.
- Après treize semaines de débats et six heures et demie de délibération selon AP, le jury le déclare sain d'esprit et coupable de dix meurtres au second degré.
- Le juge Donald Wisner le condamne à dix peines consécutives de vingt-cinq ans à perpétuité, soit 250 ans. Il plaide ensuite coupable d'un onzième meurtre dans le comté de Wayne et reçoit une nouvelle peine de perpétuité.
- Entrée en vigueur de la loi new-yorkaise sur l'enregistrement des délinquants sexuels (Sex Offender Registration Act), dans le sillage du mouvement national dit Megan's Law.
- Mort d'Arthur Shawcross à soixante-trois ans, d'un arrêt cardiaque, après son transfert depuis la prison de Sullivan.
Fiche de l'auteur
Arthur Shawcross « Le tueur de Genesee River »
Condamné pour onze meurtres commis autour de Rochester en 1988 et 1989, alors qu'il avait déjà été condamné en 1972 pour la mort d'un enfant (il en avait avoué deux), puis libéré en 1987.
Les lieux liés à l'affaire
- Watertown, comté de Jefferson (New York) — Meurtres des deux enfants en 1972 ; plaider-coupable et condamnation en octobre 1972
- Prison de Green Haven, Stormville (New York) — Prison de haute sécurité dont il sort en libération conditionnelle en 1987
- Delhi, comté de Delaware (New York) — Village où il est placé après sa libération et dont il doit partir face à l'hostilité des habitants (1987)
- Rochester, comté de Monroe (New York) — Ville où il est installé fin juin 1987 ; meurtres de mars 1988 à décembre 1989 ; procès de 1990
- Salmon Creek, près de Spencerport (comté de Monroe) — Secteur où la surveillance aérienne le repère le 3 janvier 1990
- Prison de Sullivan, Fallsburg (New York) — Dernier lieu de détention
- Albany Medical Center, Albany — Décès le 10 novembre 2008
Le procès et le verdict
Le procès s'est ouvert en novembre 1990 devant la cour du comté de Monroe, à Rochester, sous la présidence du juge Donald Wisner. L'accusation, conduite par le premier substitut du procureur Charles Siragusa, portait sur dix meurtres commis dans le comté. Shawcross avait reconnu les faits après son arrestation ; la défense n'a donc pas contesté qu'il en était l'auteur, mais a plaidé non coupable pour cause d'aliénation mentale, en vue de faire reconnaître son irresponsabilité pénale.
Pendant treize semaines, les débats ont surtout porté sur l'expertise psychiatrique. La psychiatre Dorothy Otnow Lewis, citée par la défense, a soutenu qu'il souffrait de lésions cérébrales, d'un trouble dissociatif de l'identité et d'un stress post-traumatique lié à des violences subies dans l'enfance et à la guerre du Vietnam ; des enregistrements de séances d'hypnose ont été projetés aux jurés. L'accusation a répliqué que ces récits étaient invérifiables ou démentis par ses états de service, et, selon l'agence AP, a présenté un expert concluant qu'il simulait la maladie mentale pour échapper à la prison.
En décembre 1990, après six heures et demie de délibération selon AP, le jury l'a déclaré sain d'esprit et coupable de dix meurtres au second degré. Début février 1991, le juge Wisner l'a condamné à dix peines consécutives de vingt-cinq ans à perpétuité, soit 250 ans, présentées par l'accusation comme la plus lourde peine jamais prononcée dans l'État de New York, qui n'appliquait pas alors la peine de mort. Il a ensuite plaidé coupable du meurtre d'Elizabeth Gibson dans le comté voisin de Wayne et a été condamné à une nouvelle peine de perpétuité. Ce sont onze victimes confirmées pour la série de Rochester, auxquelles s'ajoutent les deux enfants de Watertown.
Ce que l'affaire a changé
L'affaire Shawcross est d'abord celle d'une récidive après une libération conditionnelle, et c'est sur ce terrain qu'elle a pesé. Dès janvier 1990, la décision de 1987 a été mise en cause publiquement. Selon Oxygen, le président de la commission des crimes et des prisons du Sénat de l'État a réagi publiquement, et le procureur du comté de Monroe, Howard Relin, qui présidait alors l'association des procureurs de l'État, a milité pour que les procureurs et les familles de victimes puissent être entendus lors des audiences de libération conditionnelle. Le psychiatre Michael Stone, professeur à l'université Columbia, a plus tard cité cette libération comme l'un des exemples les plus flagrants de remise en liberté injustifiée.
L'affaire a aussi posé, de manière très concrète, la question de l'information des communautés. À Delhi, c'est la révélation de son passé qui a provoqué son départ ; à Rochester, où ce passé était tenu secret, personne n'a su qui il était avant son arrestation. Ce débat a pris une ampleur nationale quelques années plus tard, avec les lois dites « Megan's Law » : la loi fédérale sur l'enregistrement des délinquants sexuels de 1994 (Jacob Wetterling Act), puis la loi fédérale sur l'information du public signée en mai 1996. Dans l'État de New York, la loi sur l'enregistrement des délinquants sexuels (Sex Offender Registration Act) est entrée en vigueur le 21 janvier 1996. Il faut toutefois être prudent : nous n'avons trouvé aucune source établissant que ces lois aient été adoptées à cause de l'affaire Shawcross. Elle fait partie du contexte qui les a rendues possibles, sans en être l'origine directe.
Un dernier prolongement est plus anecdotique. Selon l'agence AP, des dessins réalisés par Shawcross en prison ont été vendus en 2001, avant que l'État n'interdise en 2002 la vente d'œuvres de détenus de ce type.
Profil psychologique : ce que disent les experts
Expertises judiciaires
Au procès de Rochester, ouvert à l'automne 1990, Shawcross ne contestait pas être l'auteur des dix meurtres poursuivis : sa défense plaidait l'aliénation mentale (not guilty by reason of insanity), c'est-à-dire l'irresponsabilité pénale. Les débats ont donc porté sur l'expertise psychiatrique. La défense a fait entendre pendant plusieurs jours la psychiatre Dorothy Otnow Lewis, spécialiste des auteurs de violences. L'accusation, conduite par le premier substitut Charles Siragusa, a cité le psychiatre Park Dietz, pour qui l'accusé simulait la maladie mentale afin d'échapper à la prison, selon l'agence AP et le magazine 585.
À la mi-décembre 1990, le jury a écarté l'aliénation mentale et déclaré Shawcross coupable de dix meurtres au second degré ; le 1er février 1991, le juge Donald Wisner l'a condamné à dix peines consécutives de vingt-cinq ans à perpétuité, selon UPI et 585. La durée du délibéré varie selon les sources, de six heures et demie (AP) à une demi-heure (Quillette). Ce verdict tranche la responsabilité pénale ; il ne vaut pas diagnostic.
La division d'appel (Appellate Division) de la Cour suprême de l'État de New York a confirmé la condamnation à l'unanimité dans l'arrêt People v. Shawcross. Elle a rejeté le grief d'une assistance psychiatrique insuffisante, en relevant que la psychiatre choisie par la défense était « an internationally recognized expert in the field of violent criminal behavior », et jugé régulières les instructions données au jury sur l'« extreme emotional disturbance », moyen de défense distinct de l'aliénation.
Diagnostics publiés
Selon AP, Dorothy Otnow Lewis attribuait les meurtres à des lésions cérébrales, à des violences subies dans l'enfance et à l'expérience de la guerre du Vietnam. Elle aurait conclu, selon Quillette et la version anglaise de Wikipédia, à un trouble dissociatif de l'identité (on parlait alors de personnalité multiple) et à un stress post-traumatique, et fait état d'un kyste comprimant le lobe temporal et de cicatrices au lobe frontal ; sa propre notice Wikipédia mentionne aussi une épilepsie psychomotrice. Une personnalité distincte, portant le prénom de sa mère, se serait manifestée au moment des faits. D'autres neurologues n'auraient rien constaté d'anormal ni observé de crise, selon la notice consacrée à Lewis.
Park Dietz aurait conclu, selon Quillette, la version anglaise de Wikipédia et le magazine 585, à un trouble de la personnalité antisociale ; il l'a décrit à l'audience comme dépourvu de scrupules moraux et d'empathie. Il tenait le trouble dissociatif de l'identité pour une « hoax », une imposture, et estimait que Lewis avait invité Shawcross à endosser des rôles, selon le Boston Globe et Oxygen. Pendant sa première détention, des psychiatres de l'administration pénitentiaire l'auraient décrit comme un « psychopathe schizoïde », selon la seule version anglaise de Wikipédia.
Parcours documenté
Né le 6 juin 1945 à Kittery, dans le Maine, Shawcross a grandi à Watertown. Les dossiers scolaires, selon Biography.com et la version française de Wikipédia, font état d'un quotient intellectuel inférieur à la moyenne, d'une énurésie prolongée et d'un penchant pour les brimades et la violence ; il a quitté l'école après avoir échoué en neuvième année. Appelé sous les drapeaux en avril 1967, il a servi au Vietnam dans une unité de ravitaillement, sans poste de combat. Après sa condamnation de 1972, il a obtenu en 1987 sa libération conditionnelle de la prison de Green Haven, selon UPI et l'agence AP reprise par le Deseret News.
La défense a rattaché ses actes à des violences subies dans l'enfance ; c'est une hypothèse, aucun lien de cause à effet n'a été établi. Sa famille a toujours contesté le récit d'une enfance maltraitée, selon Biography.com et le Reporter de l'institut de technologie de Rochester, qui relève qu'aucun signalement n'avait été fait à l'époque.
Ce qu'il a dit de lui-même
Les propos qui suivent sont ceux de l'auteur des faits ; ils sont à lire avec prudence. Shawcross a décrit une enfance dominée par une mère autoritaire et marquée par des abus sexuels. Il s'est attribué au Vietnam des dizaines de morts au combat et des atrocités : selon Biography.com, il n'a tué personne pendant son service, et l'ancien agent du FBI Robert Ressler a jugé ces récits « manifestement faux », selon les versions anglaise et française de Wikipédia. Sous hypnose, lors d'entretiens filmés par Lewis et projetés au procès, il a parlé d'une voix aiguë de femme et évoqué une prétendue vie antérieure dans l'Angleterre médiévale, selon AP et Den of Geek. Il avait pourtant affirmé à Park Dietz n'avoir jamais entendu de voix ni eu d'autres personnalités, selon AP. Invité à s'exprimer avant le prononcé de la peine, il a répondu : « No comment at this time », selon UPI.
Lectures criminologiques
La justice a retenu onze meurtres de femmes, pour la plupart en grande précarité : dix jugés dans le comté de Monroe, un onzième reconnu par plaider-coupable dans le comté de Wayne. Pour l'accusation, les efforts de Shawcross pour dissimuler les corps traduisaient une intention consciente, incompatible avec l'aliénation, selon Charles Siragusa cité par le Reporter. Le même magistrat l'a présenté, à l'audience de condamnation, comme « a fraud and a liar ... whose stories changed to fit his needs », selon UPI.
Aucune typologie criminologique ne lui est appliquée nommément dans les sources que nous avons pu consulter directement. Sur les limites de ces grilles, voir notre article sur le profilage criminel.
Ce qu'on ne sait pas
Le désaccord entre Dorothy Otnow Lewis et Park Dietz n'a jamais été tranché sur le plan médical : le jury s'est prononcé sur la responsabilité, non sur l'existence des lésions cérébrales ou du trouble dissociatif. Le recours à l'hypnose a fragilisé les récits recueillis par la défense. Ce que l'on sait de son enfance et de sa guerre vient en grande partie de ses propres déclarations, démenties par sa famille et par ses états de service. Enfin, le contenu des évaluations psychiatriques réalisées en prison avant 1987 n'est pas accessible dans les sources que nous avons consultées.
Questions fréquentes
Combien de victimes a fait Arthur Shawcross ?
La justice a retenu onze meurtres de femmes commis dans la région de Rochester entre mars 1988 et décembre 1989 : dix jugés par la cour du comté de Monroe, un onzième reconnu par plaider-coupable dans le comté de Wayne. S'y ajoutent les deux enfants tués à Watertown en 1972, dont il avait reconnu la mort mais pour lesquels il n'a été condamné, par un accord, que pour homicide involontaire aggravé. Ce sont ses victimes confirmées.
Pourquoi Arthur Shawcross a-t-il été libéré en 1987 ?
Condamné en 1972 à vingt-cinq ans au plus, il a obtenu sa libération conditionnelle en 1987, à sa sixième demande selon Oxygen. L'administration des libérations conditionnelles a fait valoir son bon comportement en détention et indiqué qu'il aurait de toute façon été libéré d'office en 1989 au titre des remises de peine. Des évaluations psychiatriques le décrivaient pourtant comme dangereux, et la décision a été très critiquée après son arrestation.
Comment Arthur Shawcross a-t-il été arrêté ?
Le 3 janvier 1990, une surveillance aérienne a permis de découvrir le corps d'une victime près de Salmon Creek, dans le comté de Monroe, et de repérer Shawcross à proximité. Suivi jusqu'à son domicile, il a été interrogé puis arrêté ; il a reconnu les meurtres. Selon UPI, il a été formellement inculpé le 5 janvier 1990. Les sources varient sur la date exacte de l'arrestation, entre le 2 et le 5 janvier.
Quand Arthur Shawcross est-il mort ?
Arthur Shawcross est mort le 10 novembre 2008, à soixante-trois ans, à l'Albany Medical Center, où il avait été transféré depuis la prison de Sullivan, à Fallsburg, après s'être plaint de douleurs à la jambe. Le décès a été attribué à un arrêt cardiaque. Il purgeait une peine de 250 ans, plus une perpétuité.
Pour aller plus loin : documentaires et livres
Sélection informative, sans lien affilié.
- Livre The Misbegotten Son: A Serial Killer and His Victims, Jack Olsen (Delacorte Press (en anglais), 1993) — L'enquête de référence d'un journaliste américain sur l'affaire, de l'enfance de Shawcross à la série de Rochester, avec une large place faite aux victimes et aux décisions de l'administration. Consultable en prêt numérique sur Internet Archive ; pas de traduction française identifiée. Lien non affilié.
- Documentaire Crazy, Not Insane (HBO (HBO Max), réalisation Alex Gibney, 2020) — Documentaire consacré à la psychiatre Dorothy Otnow Lewis et à ses expertises controversées, dont celle présentée au procès de Rochester. Fiche HBO Max consultée en octobre 2026 ; disponibilité en France à vérifier. Lien non affilié.
- Article Why Was Serial Killer Arthur Shawcross Paroled Before Murder Spree? (Oxygen (en anglais)) — Synthèse sur la décision de libération de 1987 et les réactions qu'elle a suscitées après l'arrestation. Lien non affilié.
Sources
- Paroled child killer arrested in serial killings (6 janvier 1990), UPI Archives
- Paroled killer brought fear to small town (7 janvier 1990), Deseret News (AP)
- Serial killer Arthur Shawcross sentenced to 250 years (2 février 1991), UPI Archives
- Serial killer Arthur Shawcross dead at 63 (novembre 2008), NBC News (Associated Press)
- 'He Should Suffer': Why Was Serial Killer Arthur Shawcross Paroled Before Murder Spree?, Oxygen
- Arthur Shawcross, Biography.com
- Sex Offender Registry : questions fréquentes (date d'effet du Sex Offender Registration Act), New York State Division of Criminal Justice Services
- Megan's Law, Wikipedia (en)
- The Misbegotten Son (Jack Olsen, Delacorte Press, 1993), notice et prêt numérique, Internet Archive
- Whoever Fights Monsters (Robert K. Ressler et Tom Shachtman), notice, Internet Archive
- The Anatomy of Evil (Michael H. Stone, Prometheus Books, 2009), notice, Internet Archive
- Crazy, Not Insane (Alex Gibney, 2020), fiche, HBO Max
- Arthur Shawcross, Wikipedia (en)
- Arthur Shawcross, Wikipédia (fr)
- Arthur Shawcross, Wikipedia (es)
- Arthur Shawcross, Wikipedia (it)
Corrections et mises à jour
- — Section « Profil psychologique » refondue en six rubriques, avec ses sources propres.
- — « Les faits » : la série de Rochester commence moins d'un an après la libération conditionnelle de 1987, et non quinze mois après.
Signaler une erreur — réponse sous 15 jours, procédure de rectification.