États-UnisDossier1891-1894Illinois, Pennsylvanie, Indiana, Ontario

L'affaire H. H. Holmes

Par Nathan Penin · Publié le 1er octobre 2026

Avertissement. Ce dossier traite de crimes réels. Il ne contient aucune image ni description détaillée des sévices, mais son sujet peut heurter. Les victimes y sont nommées comme la presse l'a fait, avec sobriété.

Herman Webster Mudgett, qui se faisait appeler H. H. Holmes, était un escroc installé à Chicago, auteur de fraudes à l'assurance, de dettes jamais payées et de mariages bigames. En septembre 1894, son associé Benjamin Pitezel est retrouvé mort à Philadelphie, dans ce qui devait passer pour un accident permettant de toucher une assurance-vie. L'enquête qui suit, menée par l'assureur puis par le détective Frank Geyer, de la police de Philadelphie, établit que trois enfants de Pitezel, confiés à Holmes, ont été tués eux aussi. Holmes n'a été jugé et condamné que pour un seul meurtre, celui de Pitezel, en novembre 1895 ; il a été pendu le 7 mai 1896. Le « château » aux chambres secrètes et les quelque deux cents victimes qui lui restent attachés relèvent pour l'essentiel de la presse à sensation et de récits ultérieurs, comme l'a montré l'historien Adam Selzer.

Les faits

Herman Webster Mudgett est né le 16 mai 1861 à Gilmanton, dans le New Hampshire. Après des études de médecine dans le Michigan, il arrive à Chicago en 1886 sous le nom de H. H. Holmes et reprend une pharmacie dans le quartier d'Englewood, au sud de la ville. À partir de 1887, il fait construire en face un immeuble : des commerces au rez-de-chaussée, des appartements loués à l'étage, puis, en 1892, un troisième niveau annoncé comme un hôtel pour l'Exposition universelle de 1893. Sa vie documentée est d'abord celle d'un escroc : achats à crédit jamais payés, fraudes à l'assurance, mariages contractés sans divorce préalable.

Plusieurs femmes de son entourage disparaissent à Chicago entre 1891 et 1893, parmi lesquelles, selon la presse de 1895 et l'historien Adam Selzer, Julia Conner et sa fille, une employée, Emeline Cigrand, et deux sœurs, Minnie et Anna Williams. Holmes n'a jamais été jugé pour ces disparitions : sa responsabilité reste probable mais non établie par la justice.

L'affaire qui le perd est celle de Benjamin Pitezel, son associé dans plusieurs escroqueries. Le 4 septembre 1894, Pitezel est retrouvé mort dans un local de Callowhill Street, à Philadelphie, où il exerçait sous un faux nom. L'assurance-vie de 10 000 dollars souscrite sur sa tête est versée. Dans les semaines qui suivent, Holmes prend en charge trois des enfants de Pitezel, deux filles et un garçon, avec lesquels il voyage de ville en ville. Ils ne seront jamais revus vivants.

Comment l'enquête a abouti

L'enquête ne part ni d'un corps ni d'une disparition, mais d'une dénonciation. En juillet 1894, incarcéré quelques jours à Saint-Louis pour une escroquerie, Holmes avait exposé à un codétenu, le braqueur de trains Marion Hedgepeth, son projet de fraude à l'assurance-vie, en échange de l'adresse d'un avocat complaisant. S'estimant lésé, selon les récits de l'époque, Hedgepeth révèle le projet. Selon le livre de Frank Geyer, l'inspecteur de la Fidelity Mutual Life reçoit ces révélations le 9 octobre 1894. L'assureur fait appel aux détectives de l'agence Pinkerton, qui retrouvent Holmes : il est arrêté à Boston le 17 novembre 1894, d'abord pour fraude, et transféré à Philadelphie.

Holmes reconnaît l'escroquerie à l'assurance, mais soutient que Pitezel est vivant, puis qu'il s'est donné la mort, et que les enfants sont en sécurité avec une connaissance. Pendant plus de six mois, l'affaire en reste là. En juin 1895, en lien avec le procureur George S. Graham, le détective Frank Geyer, de la police de Philadelphie, part reconstituer l'itinéraire de l'automne 1894. Geyer n'appartient pas à l'agence Pinkerton, même si celle-ci, selon son propre récit, lui prête son concours.

Sa méthode est celle de l'époque, appliquée avec obstination : de ville en ville, à travers le Midwest puis en Ontario, il consulte les registres d'hôtels et les agences de location, et montre aux témoins des photographies de Holmes et des enfants. À Toronto, avec l'aide d'un détective de la police locale et par voie de presse, il retrouve une maison louée par Holmes en octobre 1894. Le 15 juillet 1895, il y établit la mort des deux filles, dont la presse américaine fait ses titres dès le lendemain. Le garçon reste introuvable. Après des semaines de recherches infructueuses à Indianapolis, Geyer étend son enquête aux faubourgs : le 27 août 1895, à Irvington, un agent immobilier reconnaît Holmes comme locataire d'une maison où sont découverts les éléments établissant la mort de l'enfant.

Entre-temps, l'immeuble de Chicago est fouillé à son tour. La presse s'en empare dès juillet 1895 et lui attribue des dizaines de victimes ; un incendie, en août, l'endommage gravement. C'est de ces semaines, plus que des faits établis, que naît la légende.

Chronologie de l'affaire

  1. Naissance de Herman Webster Mudgett dans une famille aisée de Nouvelle-Angleterre.
  2. Arrivé à Chicago sous le nom de H. H. Holmes, il reprend une pharmacie dans le quartier d'Englewood, au sud de la ville.
  3. Il ajoute un troisième étage à l'immeuble qu'il fait construire en face de la pharmacie depuis 1887, présenté comme un hôtel pour l'Exposition universelle de 1893. Selon Adam Selzer, cet étage n'a jamais été achevé, meublé ni ouvert au public.
  4. Brièvement incarcéré pour une escroquerie, il partage la détention de Marion Hedgepeth, un braqueur de trains, à qui il expose un projet de fraude à l'assurance-vie.
  5. Benjamin Pitezel est retrouvé mort dans le local où il exerçait sous un faux nom. L'assurance-vie de 10 000 dollars souscrite sur sa tête auprès de la Fidelity Mutual Life est versée.
  6. L'assureur reçoit, par l'intermédiaire de la police de Saint-Louis, les révélations de Hedgepeth sur la fraude. Les détectives de l'agence Pinkerton sont mis sur la trace de Holmes.
  7. Holmes est arrêté, d'abord pour fraude, puis transféré à Philadelphie. Trois enfants de Pitezel, qui voyageaient avec lui, restent introuvables.
  8. Le détective Frank Geyer part reconstituer l'itinéraire de Holmes et des enfants à travers le Midwest et l'Ontario.
  9. Geyer et un détective de la police de Toronto établissent la mort de deux des enfants dans une maison louée par Holmes en octobre 1894.
  10. Geyer établit la mort du troisième enfant dans une maison louée par Holmes dans ce faubourg d'Indianapolis.
  11. Ouverture du procès pour le meurtre de Benjamin Pitezel devant la cour d'oyer and terminer de Philadelphie.
  12. Le jury le déclare coupable de meurtre au premier degré. Il est condamné à mort à la fin du mois de novembre.
  13. La Cour suprême de Pennsylvanie rejette son appel (Commonwealth v. Mudgett). Au printemps, une confession revendiquant vingt-sept meurtres est publiée par la presse ; plusieurs des personnes citées sont vivantes.
  14. Holmes est pendu dans l'enceinte de la prison, à trente-quatre ans.
  15. À la demande de descendants, sa dépouille est exhumée ; l'examen dentaire confirme son identité et met fin à la rumeur selon laquelle il aurait échappé à l'exécution.

Fiche de l'auteur

H. H. Holmes

Escroc (de son vrai nom Herman Webster Mudgett) et propriétaire à Chicago d'un immeuble présenté comme un hôtel pour l'Exposition universelle de 1893 (jamais ouvert au public selon les historiens), souvent présenté comme le premier tueur en série américain. Il n'a été jugé et condamné que pour un seul meurtre, celui de son associé Benjamin Pitezel ; les enquêteurs lui attribuent neuf victimes, et ses aveux de 27 meurtres restent en grande partie invérifiables.

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Les lieux liés à l'affaire

Le procès et le verdict

Holmes n'a été jugé que pour un seul crime : le meurtre de Benjamin Pitezel. Le procès s'est tenu du 28 octobre au 2 novembre 1895 devant la cour d'oyer and terminer de Philadelphie, présidée par le juge Michael Arnold. L'accusation était portée par le procureur du district, George S. Graham ; la défense par les avocats William A. Shoemaker et Samuel Rotan. Dès le premier jour, Holmes a congédié ses avocats pour mener lui-même l'interrogatoire des jurés et des témoins, avant de les reprendre ; la presse nationale en a fait ses titres, comme l'Evening Times de Washington le 28 octobre.

La question centrale était de savoir si Pitezel s'était donné la mort ou s'il avait été tué. L'accusation a soutenu, expertise médicale à l'appui, que le chloroforme retrouvé dans son corps ne pouvait pas avoir été absorbé par lui-même ; la Cour suprême de Pennsylvanie jugera ce témoignage régulièrement admis. Le juge Arnold a en revanche écarté les éléments relatifs à la mort des trois enfants, considérés comme se rapportant à des crimes distincts : le jury n'a donc pas entendu le cœur de l'enquête de Geyer. La défense n'a fait citer aucun témoin propre.

Le 2 novembre 1895, après une courte délibération, le jury l'a déclaré coupable de meurtre au premier degré ; il a été condamné à mort à la fin du mois. En appel, la Cour suprême de Pennsylvanie a rejeté l'ensemble de ses moyens (Commonwealth v. Mudgett, 174 Pa. 211, 1896), estimant que l'accusé avait eu un procès équitable, « et c'est tout ce qu'il est en droit d'exiger ». Holmes a été pendu à la prison de Moyamensing le 7 mai 1896. Il n'a jamais été jugé pour les enfants Pitezel, ni pour aucune des disparitions de Chicago : la condamnation définitive porte sur un seul meurtre.

Ce que l'affaire a changé

Aucune réforme légale ou policière n'est directement attribuable à l'affaire Holmes. Son enquête illustre une époque où le travail d'investigation est souvent financé ou impulsé par des intérêts privés, ici une compagnie d'assurance et l'agence Pinkerton, et où un détective municipal doit suivre un suspect à travers plusieurs États et une frontière, sans fichier commun ni coopération organisée. La réussite de Geyer tient à des registres d'hôtels, à la presse et à des témoins.

L'affaire a surtout changé la façon dont on la raconte. Au plus fort du journalisme à sensation, les journaux ont publié à l'été 1895 des descriptions de l'immeuble d'Englewood que rien ne vient étayer. Au printemps 1896, Holmes a vendu à la presse une confession revendiquant vingt-sept meurtres ; plusieurs des personnes qu'il disait avoir tuées étaient vivantes, et sur l'échafaud il niait encore la mort des enfants Pitezel, selon le San Francisco Call du 8 mai 1896. Le chiffre de deux cents victimes, encore répété, remonterait selon History.com à une phrase non étayée d'un livre de Herbert Asbury paru en 1940. En 2003, The Devil in the White City d'Erik Larson a fait connaître l'affaire à un large public, en assumant dans ses notes des scènes reconstituées.

En 2017, Adam Selzer a repris les sources primaires. Ses conclusions : le troisième étage de l'immeuble n'a jamais été achevé, meublé ni ouvert au public ; l'immeuble servait d'abord à escroquer fournisseurs, investisseurs et assureurs ; les victimes probables étaient des proches, des employées ou des associés, visés pour des raisons d'argent, et non des visiteurs de l'Exposition. Il retient environ neuf meurtres « avec une certaine confiance ». L'historien Harold Schechter, dont les premiers livres avaient relayé la légende, juge lui aussi que les récits de visiteurs tués dans l'immeuble relèvent de la fabrication. La même année, l'exhumation de la dépouille de Holmes a confirmé son identité et mis fin à la rumeur de sa survie.

Profil psychologique : ce que disent les experts

Expertises judiciaires

Aucune expertise psychiatrique n'a été versée au procès ouvert le 28 octobre 1895 devant la cour d'oyer and terminer de Philadelphie, pour le seul meurtre de Benjamin Pitezel. La défense, assurée par William A. Shoemaker et Samuel Rotan, n'a présenté aucune défense d'aliénation : selon l'arrêt de la Cour suprême de Pennsylvanie (Commonwealth v. Mudgett, 1896) et le récit du procès publié par le Schuylkill Valley Journal, elle n'a fait citer aucun témoin et s'est bornée à plaider le doute raisonnable, en soutenant que Pitezel avait pu se donner la mort. Les experts entendus, cités par l'accusation, se sont prononcés sur une question de fait : le chloroforme retrouvé dans le corps ne pouvait pas, selon eux, avoir été absorbé volontairement.

Le jury l'a déclaré coupable de meurtre au premier degré le 2 novembre 1895 ; la condamnation à mort a suivi, le 30 novembre selon le Schuylkill Valley Journal. La Cour suprême de Pennsylvanie a rejeté l'appel, jugeant que l'accusé avait eu « a fair trial, and that is all he has a right to demand ». La question de sa responsabilité pénale ne s'est donc jamais posée. Ce verdict tranche la culpabilité ; il ne vaut pas diagnostic.

Diagnostics publiés

Aucune expertise publiée à notre connaissance.

Parcours documenté

Herman Webster Mudgett est né le 16 mai 1861 à Gilmanton, dans le New Hampshire, dans une famille aisée, selon le Smithsonian Magazine et Wikipédia. Marié à dix-sept ans, en 1878, il a étudié la médecine, brièvement à l'université du Vermont puis à l'université du Michigan, dont il est sorti diplômé en juin 1884 ; ses mémoires de 1895 et Wikipédia concordent sur ce point. Pendant ses études, il aurait dérobé des cadavres pour monter des escroqueries à l'assurance-vie, selon les mêmes sources, ce qui repose en partie sur ses propres aveux.

Sa vie adulte documentée est celle d'un escroc : achats à crédit jamais payés, fraudes à l'assurance, mariages contractés sans divorce préalable. Le détective Frank Geyer le décrit en 1896 comme un menteur porté à « a sort of florid ornamentation », doté d'une « enormous capacity for duplicity and deceit » : c'est le jugement d'un enquêteur, non d'un médecin. Les récits qui rattachent ses crimes à une enfance difficile ou à une fascination précoce pour la mort reposent sur des anecdotes, souvent tirées de ses propres écrits ; aucun lien de cause à effet n'est établi.

Ce qu'il a dit de lui-même

Les propos qui suivent sont ceux de l'auteur des faits ; ils se contredisent d'une version à l'autre et doivent être lus avec la plus grande prudence. Dans Holmes' Own Story, publié à Philadelphie en 1895 pendant sa détention, il se présente comme un homme d'affaires élevé par des parents pieux, malchanceux et lésé par ses créanciers ; il raconte que des camarades l'avaient forcé, enfant, à affronter un squelette dans le cabinet d'un médecin, épreuve qui l'aurait guéri de ses peurs. Il y nie toute responsabilité dans la mort des enfants Pitezel et en accuse des tiers.

Au printemps 1896, après sa condamnation, il a vendu à la presse une confession revendiquant vingt-sept meurtres. Adam Selzer en a recensé plusieurs versions, parues dans le Philadelphia Inquirer, le New York Journal et le North American ; plusieurs des personnes qu'il disait avoir tuées étaient vivantes. On y lit la phrase la plus citée, « I was born with the devil in me », rapportée par le Smithsonian Magazine et par History.com ; il s'y décrivait aussi, selon le Philadelphia Inquirer, comme un « degenerate » et un « moral idiot », vocabulaire de l'époque qu'il s'appliquait à lui-même. Le 7 mai 1896, sur l'échafaud, il n'a plus reconnu que la mort de deux femmes, à la suite d'interventions médicales clandestines, et a nié avoir tué Benjamin Pitezel ou ses enfants, selon le San Francisco Call du lendemain et le Schuylkill Valley Journal.

Lectures criminologiques

La justice n'a retenu qu'un meurtre, commis dans le cadre d'une fraude à l'assurance-vie de 10 000 dollars : le mobile retenu est financier. L'historien Adam Selzer, qui a repris les sources primaires dans H. H. Holmes: The True History of the White City Devil (2017), étend cette lecture : les meurtres qu'on peut lui relier visaient des personnes qui en savaient trop ou le gênaient, et tuer aurait été pour lui un moyen de poursuivre ses escroqueries, non une compulsion. C'est une lecture d'historien, non une typologie criminologique ; aucune ne lui a été appliquée nommément dans les sources que nous avons consultées. Erik Larson, dans The Devil in the White City (2003), en a donné un récit grand public dont certaines scènes, de l'aveu de l'auteur, sont reconstituées sans document : il ne peut servir de base à un portrait psychologique. Sur les limites de ces lectures rétrospectives, voir notre article sur le profilage criminel.

Ce qu'on ne sait pas

Le nombre réel de ses victimes reste inconnu. Une seule mort a été jugée ; celle de trois enfants Pitezel a été établie par l'enquête de Geyer sans jamais être jugée. Selzer retient environ neuf meurtres « avec une certaine confiance », selon History.com et A&E, à peu près ce que soupçonnait la police de l'époque, selon lui. Les vingt-sept meurtres de la confession sont en partie démentis, et le chiffre de deux cents, issu selon Selzer d'une phrase non étayée d'un livre de Herbert Asbury paru en 1940, ne repose sur aucune source. La part de légende, nourrie par la presse à sensation de 1895, par ses propres mensonges et par les récits du XXe siècle, empêche de démêler ce qui relevait chez lui du calcul ou d'un éventuel trouble : aucun médecin ne l'ayant examiné sur ce point, la question reste sans réponse documentée.

Questions fréquentes

Combien de victimes a fait H. H. Holmes ?

La justice ne l'a condamné que pour un seul meurtre, celui de son associé Benjamin Pitezel, à Philadelphie en 1895. L'enquête du détective Frank Geyer a établi la mort de trois des enfants de Pitezel, qui n'a jamais été jugée. L'historien Adam Selzer estime qu'on peut lui attribuer avec une certaine confiance environ neuf meurtres. Sa confession de 1896 en revendiquait vingt-sept, mais plusieurs des personnes citées étaient vivantes ; le chiffre de deux cents, souvent répété, ne repose sur aucune source sérieuse (voir les victimes suspectées).

Le « château » de H. H. Holmes a-t-il vraiment existé ?

L'immeuble a existé : un bâtiment de trois étages à Englewood, au sud de Chicago, avec des commerces au rez-de-chaussée et des appartements loués à l'étage. Selon l'historien Adam Selzer, le troisième étage, annoncé en 1892 comme un hôtel pour l'Exposition universelle, n'a jamais été achevé ni ouvert au public. Les trappes, chambres secrètes et visiteurs disparus par dizaines sont pour l'essentiel une construction de la presse à sensation de 1895, reprise et amplifiée au XXe siècle.

Comment H. H. Holmes a-t-il été arrêté ?

Par une affaire d'assurance. En octobre 1894, un codétenu à qui il avait exposé son projet, le braqueur de trains Marion Hedgepeth, a révélé la fraude montée autour de la mort de Benjamin Pitezel. L'assureur, la Fidelity Mutual Life, a fait rechercher Holmes par des détectives de l'agence Pinkerton. Il a été arrêté à Boston le 17 novembre 1894, puis transféré à Philadelphie.

Quand H. H. Holmes est-il mort ?

Il a été pendu le 7 mai 1896 à la prison de Moyamensing, à Philadelphie, après le rejet de son appel par la Cour suprême de Pennsylvanie. En 2017, sa dépouille a été exhumée à la demande de descendants : l'examen dentaire a confirmé son identité, contredisant une rumeur ancienne selon laquelle il aurait échappé à l'exécution.

Pour aller plus loin : livres

Sélection informative, sans lien affilié.

Sources

  1. Commonwealth v. Mudgett, 174 Pa. 211 (1896), arrêt de la Cour suprême de Pennsylvanie, CourtListener
  2. The trial of Herman W. Mudgett, alias H. H. Holmes, for the murder of Benjamin F. Pitezel (Bisel, 1897), notice, UC Berkeley Law Library
  3. The Holmes-Pitezel case (Frank P. Geyer, 1896), Internet Archive
  4. H. H. Holmes and the Murder Castle: Topics in Chronicling America (introduction et chronologie), Library of Congress
  5. H. H. Holmes : sélection d'articles de presse 1894-1914, Library of Congress, Chronicling America
  6. He Died for Ducats (19 novembre 1894), The Anaconda Standard, via Chronicling America
  7. Buried in a Cellar (16 juillet 1895), The San Francisco Call, via Chronicling America
  8. Holmes His Own Lawyer (28 octobre 1895), The Evening Times (Washington), via Chronicling America
  9. Hanged for Many Crimes (8 mai 1896), The San Francisco Call, via Chronicling America
  10. H.H. Holmes executed in Philadelphia in May 1896, The Philadelphia Inquirer
  11. The Enduring Mystery of H.H. Holmes, America's ‘First’ Serial Killer, Smithsonian Magazine
  12. Did H.H. Holmes Really Build a ‘Murder Castle’?, History.com
  13. H. H. Holmes’ Murder Trial (Joe Tyson, décembre 2018), Schuylkill Valley Journal
  14. The Toronto link to America’s bloodiest serial killer (22 juillet 2015), Spacing Toronto
  15. Indianapolis Collected: The Devil in the Circle City, Historic Indianapolis
  16. H. H. Holmes: The True History of the White City Devil (Adam Selzer, Skyhorse, 2017), notice, AbeBooks
  17. Le diable dans la ville blanche (Erik Larson, Le Cherche Midi, 2011), notice, Fnac
  18. Frank Geyer, Wikipedia (en)
  19. George S. Graham, Wikipedia (en)
  20. H. H. Holmes, Wikipedia (en)

Corrections et mises à jour

  • — Section « Profil psychologique » refondue en six rubriques, avec ses sources propres.

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