BelgiqueDossier1933-1936Liège
L'affaire Marie Becker
Entre 1933 et 1936, plusieurs personnes âgées de Liège, pour la plupart des femmes aisées, sont mortes après avoir fréquenté Marie Becker, une ancienne couturière devenue dame de compagnie et garde-malade. Les médecins ont conclu à des morts naturelles. Ce sont des lettres anonymes adressées à la justice qui ont conduit à son arrestation, en octobre 1936, alors qu'elle s'apprêtait selon l'enquête à empoisonner une nouvelle personne. Pendant plus d'un an, un collège d'experts a dû prouver, longtemps après les décès, l'emploi de la digitaline, un médicament cardiaque. En juillet 1938, la cour d'assises de Liège l'a reconnue coupable de onze assassinats et de cinq tentatives, et l'a condamnée à mort. Comme toutes les condamnations à mort prononcées alors en Belgique, la peine a été commuée ; elle est morte en détention en 1942, sous l'occupation allemande.
Les faits
Marie-Alexandrine Petitjean est née en 1879 dans un milieu rural. Installée à Liège, elle y a travaillé comme couturière et a épousé Charles Becker, dont elle a gardé le nom. Son mari est mort en 1932. Devenue veuve, ancienne commerçante, elle s'est placée comme dame de compagnie et garde-malade auprès de personnes âgées, pour la plupart des femmes seules et aisées.
Entre 1933 et 1936, plusieurs de ces personnes sont mortes après l'avoir reçue chez elles. Selon L'Avenir, Marie Becker leur empruntait de l'argent avant leur décès ; selon RetroNews, l'argent était bien le moteur de ses actes. La justice a retenu onze assassinats, dix femmes et un homme selon L'Avenir, et cinq tentatives d'assassinat sur des personnes tombées gravement malades mais qui ont survécu. Le poison employé était la digitaline, un médicament destiné aux malades du cœur. Les médecins appelés au chevet des victimes ont conclu à des morts naturelles, le plus souvent d'origine cardiaque.
Comment l'enquête a abouti
Des lettres anonymes. L'affaire n'est pas partie d'un constat médical, mais de dénonciations. Selon RetroNews, qui a dépouillé la presse de l'époque, la justice a reçu une première lettre anonyme en 1933, après un premier décès, puis une deuxième en 1935. Selon Wikipédia, celle-ci accusait nommément Marie Becker d'empoisonnement après la mort d'une femme dont le médecin avait attribué le décès à une crise hépatique suivie d'une insuffisance cardiaque. Ces deux signalements sont restés sans suite. Une troisième lettre est parvenue au parquet de Liège le 12 octobre 1936. Leur auteur n'a jamais été identifié.
L'arrestation. Cette fois, la police a agi. En octobre 1936 — le 16 selon Wikipédia en anglais —, Marie Becker a été arrêtée au moment où elle se rendait chez une femme qui l'avait invitée et qu'elle fréquentait depuis peu. Selon L'Avenir, elle s'apprêtait à commettre un nouvel empoisonnement. Un flacon de digitaline a été trouvé dans son sac ; elle a expliqué le détenir pour ses propres troubles cardiaques. La presse française, du Figaro au Journal, s'est fait l'écho de l'arrestation dès le 20 octobre 1936.
La perquisition. Selon les journaux cités par RetroNews, les enquêteurs ont trouvé chez elle une fiole d'oxycyanure de mercure, un autre toxique, dissimulée dans un mouchoir, ainsi que des bibelots, des bijoux et des vêtements ayant appartenu à des femmes décédées, et une quantité de digitaline que la presse disait suffisante pour tuer cinquante personnes. Selon Wikipédia, l'instruction a établi qu'elle s'était procuré dix-sept flacons de digitaline, et les enquêteurs ont retrouvé le sac dans lequel l'une des défuntes conservait sa fortune, 40 000 francs belges. Des testaments jugés faux ont aussi été saisis.
Prouver un empoisonnement après coup. C'était le cœur de l'instruction, qui a duré plus d'un an. La digitaline pose un problème particulier : prescrite aux cardiaques, elle provoque des troubles qui ressemblent à ceux de la maladie qu'elle soigne, et les décès avaient été enregistrés comme naturels, parfois des années plus tôt. Il fallait donc exhumer des corps et y rechercher le toxique. RetroNews rapporte que les exhumations de deux veuves âgées de 90 et 76 ans ont révélé des traces de poison, « probablement de la digitaline » selon la presse d'alors.
Pour y parvenir, la justice s'est adressée à l'université de Liège. Selon Wikipédia, un collège d'experts de plusieurs disciplines a été réuni, pour la première fois en Belgique : le médecin légiste Firket, que L'Avenir crédite d'avoir décelé la digitaline, les professeurs Moureau et Bohet, le biochimiste Marcel Florkin et le pharmacologue Zénon Bacq, tous deux alors enseignants à l'université de Liège. Faute de méthode établie, les experts ont procédé par expérimentation : sur des animaux, sur des personnes mortes récemment d'accidents de la route, et lors de l'autopsie d'une personne qui s'était suicidée avec ce médicament. Ce travail de médecine légale et de toxicologie est, selon la RTBF, ce qui fait l'importance de l'affaire. L'instruction a également réexaminé la mort de Charles Becker en 1932 ; trois médecins ont attesté qu'il souffrait d'un cancer, et ce décès n'a pas été retenu.
Chronologie de l'affaire
- Naissance de Marie-Alexandrine Petitjean dans un milieu rural. Elle s'installe plus tard à Liège, où elle devient couturière.
- Mort de son mari, Charles Becker. L'instruction réexaminera ce décès ; trois médecins attesteront qu'il souffrait d'un cancer, et il ne fera pas partie des faits jugés.
- Premier décès retenu par la justice. Une première lettre anonyme signale à la justice une mort suspecte dans l'entourage de Marie Becker ; elle reste sans suite.
- Une deuxième lettre anonyme l'accuse d'empoisonnement après un nouveau décès que le médecin traitant avait attribué à une insuffisance cardiaque.
- Une nouvelle lettre anonyme parvient au parquet de Liège (le 12 octobre selon RetroNews). Quelques jours plus tard, Marie Becker est arrêtée au domicile d'une femme qu'elle fréquentait, avec un flacon de digitaline dans son sac.
- La perquisition met au jour des bijoux et des effets ayant appartenu à des femmes décédées, de l'argent et des substances toxiques. Marie Becker est écrouée à la prison Saint-Léonard.
- Instruction : exhumations, analyses toxicologiques et expérimentations d'un collège d'experts de l'université de Liège chargé d'établir l'emploi de la digitaline.
- Ouverture du procès devant la cour d'assises de Liège, selon La Libre Belgique et la presse de l'époque (RetroNews et Wikipédia en anglais donnent le 7 juillet). Les audiences durent un mois.
- Le jury répond oui à 35 des 38 questions. Marie Becker est reconnue coupable de onze assassinats et de cinq tentatives, et condamnée à mort (le 9 juillet selon RetroNews).
- Conformément à la pratique en vigueur en temps de paix, la peine de mort est commuée en détention perpétuelle.
- Invasion et occupation de la Belgique par l'Allemagne ; Marie Becker reste en détention.
- Mort de Marie Becker en détention, à soixante-deux ou soixante-trois ans.
Fiche de l'auteur
Marie Becker « la veuve Becker »
Née Petitjean, cette couturière de Liège a été reconnue coupable d'avoir empoisonné onze personnes de son entourage, pour la plupart des femmes âgées, entre 1933 et 1936. L'instruction a fait progresser la médecine légale et la toxicologie en Belgique.
Les lieux liés à l'affaire
- Liège — Ville où Marie Becker exerce comme couturière puis comme dame de compagnie et garde-malade ; lieu des décès retenus par la justice (1933-1936) et de l'arrestation (octobre 1936)
- Université de Liège — Universitaires liégeois réunis en collège d'experts pour l'instruction (1936-1938)
- Prison Saint-Léonard, Liège — Lieu de détention de Marie Becker après son arrestation
- Palais des Princes-Évêques, Liège — Siège de la cour d'assises de Liège : procès et verdict (juillet 1938)
- Prison de Forest, Bruxelles — Décès de Marie Becker en détention (11 juin 1942), selon la plupart des sources
Le procès et le verdict
Le procès s'est ouvert devant la cour d'assises de Liège, qui siégeait au palais des Princes-Évêques, le 7 juin 1938, selon le dossier de La Libre Belgique et la notice d'une reconstitution radiophonique néerlandaise. RetroNews et Wikipédia en anglais donnent le 7 juillet, date difficile à concilier avec les comptes rendus d'audience que la presse française publiait dès le 1er juillet ; l'instruction avait duré dix-sept mois selon RetroNews. Les débats ont occupé un mois. Wikipédia en français et La Libre Belgique évoquent environ trois cents témoins. L'affaire a eu un grand retentissement : La Libre rappelle que la foule se pressait aux assises, et la presse française, du Figaro au Populaire, en a rendu compte. Selon Wikipédia, le jury était exclusivement masculin.
L'accusation reposait sur un faisceau de preuves : les flacons de digitaline, la présence chez l'accusée de bijoux, d'effets et d'argent ayant appartenu à des défuntes, des testaments que l'enquête tenait pour faux, et surtout les conclusions des experts. Marie Becker n'a jamais varié : pendant toute l'instruction puis à l'audience, elle a nié, expliquant notamment la digitaline trouvée sur elle par ses propres troubles cardiaques.
Le 8 juillet 1938, selon la RTBF, l'audience a repris à 17 h 50 pour la lecture du verdict. Après moins d'une demi-heure de délibération, le jury a répondu oui à toutes les questions sauf trois, sur les trente-huit qui lui étaient posées. Marie Becker a été reconnue coupable de onze assassinats, c'est-à-dire de meurtres avec préméditation (voir meurtre et assassinat), de cinq tentatives d'assassinat, ainsi que de vols et de faux. Elle a été condamnée à mort. RetroNews date ce verdict du 9 juillet, date à laquelle il a été rapporté par la presse.
La sentence n'a pas été exécutée. Depuis les années 1860, la Belgique n'exécutait plus en temps de paix : le ministre de la Justice Jules Bara avait instauré la commutation automatique des condamnations à mort, et la dernière exécution pour un crime de droit commun commis en temps de paix remontait à 1863. La peine de Marie Becker a donc été commuée en détention perpétuelle. Elle est morte en prison le 11 juin 1942, sous l'occupation allemande.
Ce que l'affaire a changé
L'héritage le plus solidement documenté de l'affaire est scientifique. La RTBF souligne qu'elle a fait avancer la médecine légale et la toxicologie en Belgique, et Wikipédia écrit que les pratiques et les connaissances en ces matières en ont été « profondément et durablement marquées ». Pour la première fois dans le pays, selon la même source, des universitaires de plusieurs disciplines ont été réunis en collège pour démontrer un empoisonnement survenu des mois ou des années plus tôt, avec une substance dont les effets se confondaient avec ceux d'une maladie cardiaque. Nous n'avons pas trouvé de seconde source détaillant ces apports, ni de publication scientifique des experts issue de l'affaire.
La question de l'accès à la digitaline se pose naturellement : comment une garde-malade a-t-elle pu se procurer dix-sept flacons d'un médicament dangereux ? Nous n'avons trouvé, dans les sources consultées, ni la réponse à cette question, ni aucune réforme de la délivrance des médicaments en Belgique attribuable à l'affaire Becker. Nous ne pouvons donc pas affirmer qu'elle a modifié la réglementation pharmaceutique.
L'affaire illustre enfin deux traits de la justice belge de l'entre-deux-guerres. D'abord, le rôle des dénonciations anonymes : les deux premières lettres sont restées sans effet, et c'est la troisième, en octobre 1936, qui a déclenché l'enquête, après plusieurs décès supplémentaires. Ensuite, le statut de la peine de mort : prononcée par la cour d'assises, elle n'était plus exécutée en temps de paix depuis les années 1860, et la condamnation de Marie Becker a été commuée comme toutes les autres. La Belgique n'a recouru de nouveau à l'exécution qu'après la Libération, pour des faits de collaboration et des crimes de guerre, avant d'abolir formellement la peine de mort en 1996.
Dans la mémoire collective, La Libre présente Marie Becker comme la première tueuse en série de l'histoire judiciaire belge, et la DH la range parmi les grandes criminelles du pays.
Profil psychologique : ce que disent les experts
Expertises judiciaires
Les experts de l'instruction étaient des médecins légistes, des chimistes et des pharmacologues, chargés d'établir la cause des décès et non la personnalité de l'accusée. La question de son état mental a pourtant été posée à l'audience. Selon le dossier que La Libre Belgique a consacré à l'affaire en 2017, le journal titrait le 17 juin 1938, au lendemain de leur déposition : « La responsabilité de l'accusée est entière, déclarent les médecins psychiatres ». Aucune des sources que nous avons pu ouvrir ne donne le nom de ces médecins ni le détail de leur expertise psychiatrique ; ce point repose sur cette seule source.
Les comptes rendus consultés ne font état d'aucune demande d'irresponsabilité pénale : l'accusée niait les faits. Le 8 juillet 1938, la cour d'assises de Liège l'a déclarée coupable de onze assassinats et de cinq tentatives et l'a condamnée à mort, peine commuée en détention perpétuelle. Elle a été incarcérée et non internée, comme l'a rappelé en 2017 le psychiatre Samuel Leistedt, interrogé par La Libre Belgique. Ce verdict tranche la culpabilité et la responsabilité ; il ne vaut pas diagnostic.
Diagnostics publiés
Aucune expertise publiée à notre connaissance.
Parcours documenté
Marie-Alexandrine Petitjean est née le 14 juillet 1879 à Wamont, village de la région de Landen, dans une famille de paysans. Peu scolarisée, elle aurait obtenu du curé du village qu'il lui apprenne à lire, selon La Libre Belgique et la notice de Wikipédia en anglais. À seize ans, elle s'est installée à Liège, où elle a appris la couture. Elle a épousé Charles Becker vers 1906, puis tenu un commerce de vêtements, ouvert en 1920 selon La Libre Belgique, qui n'a pas survécu à la crise de 1929 ; elle s'est alors placée comme couturière à domicile, puis comme dame de compagnie et garde-malade. Veuve en 1932, elle entretenait depuis la fin des années 1920 une liaison avec un homme plus jeune qu'elle d'une vingtaine d'années, dix-huit selon L'Avenir.
Les témoins du procès, tels que les résume La Libre Belgique, la décrivaient comme « courageuse, persévérante, travailleuse, frivole », et serviable avec ses clientes. Les sources consultées ne mentionnent aucun antécédent judiciaire, et aucun expert n'a présenté ce parcours comme la cause des crimes.
Ce qu'elle a dit d'elle-même
Les propos qui suivent sont ceux de l'auteure des faits ; ils sont à lire avec prudence. Marie Becker n'a jamais avoué. Pendant l'instruction comme à l'audience, elle a tout nié et traité les témoins de menteurs, selon La Libre Belgique et L'Excelsior du 1er juillet 1938, cité par RetroNews. Elle expliquait la digitaline trouvée en sa possession par ses propres troubles cardiaques. À la lecture du verdict, d'après Le Journal du 9 juillet 1938 cité par RetroNews, elle a déclaré : « Je vous avoue que je suis innocente ». Elle est morte en 1942 sans être revenue sur ses dénégations.
Lectures criminologiques
La justice a retenu un mobile d'argent : sommes empruntées aux victimes et jamais remboursées, bijoux et titres soustraits, testaments tenus pour faux. L'Avenir y ajoute les dépenses liées à sa liaison. Le mode opératoire tenait à sa position de femme de confiance auprès de personnes âgées et isolées, et à un médicament dont les effets se confondaient avec ceux d'une maladie du cœur.
Elisabeth Lange, auteure d'un livre sur l'affaire citée par La Libre Belgique, écarte toute explication exceptionnelle : Marie Becker aurait tué « par opportunisme », pour sortir de difficultés où elle s'était elle-même engagée. Samuel Leistedt, psychiatre et professeur de médecine à l'Université libre de Bruxelles et à l'université de Mons, interrogé en 2017 par le même journal, relève que le poison est statistiquement fréquent chez les femmes auteures de meurtres en série, le plus souvent pour des motifs rationnels comme l'argent ; il précise ne pas savoir si Marie Becker souffrait d'une pathologie. Ce sont des généralités statistiques, énoncées quatre-vingts ans après les faits et sans examen de l'intéressée. Aucune typologie ne lui a été appliquée nommément dans les sources consultées.
En mai 2019, le procès a été rejoué au palais de justice de Liège, en marge d'un festival de cinéma. L'avocat Jean-Dominique Franchimont, qui y tenait la défense, annonçait dans L'Avenir qu'il plaiderait le doute, en rappelant qu'aucune analyse de sang ni d'urine n'avait été pratiquée à l'époque. C'est une mise en scène, non une révision du procès.
Ce qu'on ne sait pas
Le contenu du rapport des psychiatres, leurs noms et les questions qui leur étaient posées ne figurent dans aucune source que nous ayons pu lire. Le dossier d'assises n'a pas été consulté, et les ouvrages d'Elisabeth Lange et de Liliane Schraûwen ne nous sont connus que par des citations. On ignore si Marie Becker souffrait réellement du cœur, comme elle l'affirmait. On ignore surtout ce qui a conduit une femme de cinquante-trois ans, sans antécédent connu, à commettre ces actes : la question, posée par Jean-Dominique Franchimont, reste ouverte au-delà du mobile financier retenu par la cour.
Plusieurs notices en langue anglaise s'écartent enfin des sources belges : elles la font naître en 1877, lui imputent la mort de son mari, que la justice n'a pas retenue, ou affirment qu'elle se serait vantée de ses crimes, quand les comptes rendus d'audience décrivent des dénégations constantes. Nous ne les avons pas suivies.
Questions fréquentes
Combien de victimes a fait Marie Becker ?
La cour d'assises de Liège l'a reconnue coupable, en juillet 1938, de onze assassinats par empoisonnement et de cinq tentatives d'assassinat : ce sont ses victimes confirmées. La plupart des victimes étaient des femmes âgées de son entourage ; L'Avenir compte dix femmes et un homme parmi les morts. La Libre évoque une quinzaine de personnes empoisonnées, ce qui correspond au total des assassinats et des tentatives.
Comment Marie Becker a-t-elle été arrêtée ?
Grâce à des lettres anonymes. Selon RetroNews, la justice en a reçu en 1933, en 1935 puis le 12 octobre 1936 ; leur auteur n'a jamais été identifié. En octobre 1936, la police l'a arrêtée au domicile d'une femme qu'elle fréquentait, avec un flacon de digitaline dans son sac. La perquisition a mis au jour d'autres flacons et des biens de personnes décédées. Des exhumations et des analyses toxicologiques ont ensuite établi les empoisonnements.
Pourquoi Marie Becker n'a-t-elle pas été exécutée ?
Parce que la Belgique n'appliquait plus la peine de mort en temps de paix. Depuis les années 1860, les condamnations à mort y étaient systématiquement commuées par voie de grâce ; la dernière exécution pour un crime commis en temps de paix datait de 1863. Condamnée à mort en juillet 1938, Marie Becker a vu sa peine commuée en détention perpétuelle. La peine de mort n'a été formellement abolie en Belgique qu'en 1996.
Quand et où Marie Becker est-elle morte ?
Elle est morte en détention le 11 juin 1942, pendant l'occupation allemande, à la prison de Forest, à Bruxelles, selon RetroNews et Wikipédia. Le quotidien L'Avenir la fait mourir à la prison Saint-Léonard de Liège, où elle avait été écrouée en 1936 ; nous retenons Forest, mieux attesté.
Pour aller plus loin : livres
Sélection informative, sans lien affilié.
- Livre Les Grandes Affaires criminelles de Belgique, Liliane Schraûwen (Éditions De Borée, 2014) — Recueil d'affaires belges dont un long chapitre est consacré à la veuve Becker ; c'est l'une des sources de l'article de Wikipédia. Lien non affilié.
- Livre Histoires criminelles en Belgique, Liliane Schraûwen (Éditions Luc Pire (quatre tomes), 2015) — Série d'histoires criminelles belges citée par la RTBF à propos de l'affaire Becker ; le tome concerné n'a pas pu être vérifié. Lien non affilié.
- Livre Les grands dossiers criminels en Belgique, volume 1, René Haquin et Pierre Stéphany (Lannoo, 2005) — Ouvrage de deux journalistes belges spécialistes des affaires judiciaires ; à chercher en bibliothèque ou d'occasion. Disponibilité à vérifier. Lien non affilié.
- Article La veuve Becker, une empoisonneuse pour faire avancer la médecine légale et la toxicologie en Belgique (RTBF (avec Liliane Schraûwen)) — Le récit du verdict et la portée scientifique de l'affaire. Lien non affilié.
- Article Marie Becker, l'empoisonneuse de Liège (RetroNews (BnF), 2021) — L'affaire racontée à travers la presse française de 1936 et 1938 ; accès complet sur abonnement. Lien non affilié.
Sources
- La veuve Becker, une empoisonneuse pour faire avancer la médecine légale et la toxicologie en Belgique (2017, mis à jour en 2025), RTBF
- Marie Becker, l'empoisonneuse de Liège (14 septembre 2021), RetroNews (BnF)
- Connaissez-vous la veuve Becker, cette serial killer liégeoise ? (3 mai 2019), L'Avenir
- Marie Becker, la première tueuse en série belge : le poison est l'arme de prédilection des femmes (12 novembre 2017), La Libre Belgique
- Marie Becker, la première tueuse en série belge : « Le poison est l'arme de prédilection des femmes » (dossier de Laura Lieu, 2017), La Libre Belgique
- Misdaadreconstructie: De zaak Marie Becker (notice d'une reconstitution radiophonique de la KRO), Hoorspelen.eu
- Les grandes criminelles belges de l'histoire (26 août 2022), La DH
- Affaire Becker, Wikipédia (fr)
- Marie Alexandrine Becker, Wikipedia (en)
- Peine de mort en Belgique, Wikipédia (fr)
- Capital punishment in Belgium, Wikipedia (en)
- Liliane Schraûwen (bibliographie), Wikipédia (fr)
- Zénon Bacq, Wikipédia (fr)
- Marcel Florkin, Wikipédia (fr)
- Les Grandes Affaires criminelles de Belgique (Liliane Schraûwen, 2014), Éditions De Borée
- Les grands dossiers criminels en Belgique, vol. 1 (René Haquin et Pierre Stéphany, 2005), Lannoo
Corrections et mises à jour
- — Section « Profil psychologique » refondue en six rubriques, avec ses sources propres. Date d'ouverture du procès corrigée : 7 juin 1938 (et non 7 juillet), d'après La Libre Belgique et la presse de l'époque ; les audiences ont duré un mois.
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