FranceDossier1987-2003Yonne, Marne, Ardennes, Loire-Atlantique, Belgique

L'affaire Michel Fourniret

Par Nathan Penin · Publié le 18 septembre 2026 · mis à jour le 30 septembre 2026

Avertissement. Ce dossier traite de crimes réels. Il ne contient aucune image ni description détaillée des sévices, mais son sujet peut heurter. Les victimes y sont nommées comme la presse l'a fait, avec sobriété.

Entre 1987 et 2001, Michel Fourniret a enlevé et tué sept jeunes filles et jeunes femmes en France et en Belgique, avec l'aide de son épouse Monique Olivier. Arrêté en juin 2003 après qu'une adolescente a réussi à s'échapper de sa camionnette, il a été condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité, en 2008 puis en 2018. Il est mort en détention en 2021, avant d'être jugé pour l'enlèvement d'une fillette de neuf ans en 2003, qu'il avait reconnu en 2020.

Les faits

Entre décembre 1987 et mai 2001, Michel Fourniret a enlevé, violé et tué sept jeunes filles et jeunes femmes âgées de 12 à 22 ans, dans l'Yonne, la Marne, les Ardennes, la Loire-Atlantique et en Belgique. Ce sont les sept meurtres pour lesquels il a été définitivement condamné en 2008 : Fabienne Leroy, Jeanne-Marie Desramault, Céline Saison et quatre victimes mineures, que le site ne nomme pas. Un huitième meurtre, celui de Farida Hammiche en 1988, a été jugé en 2018. Il a par ailleurs reconnu trois autres crimes (Marie-Angèle Domèce, Joanna Parrish et une fillette de neuf ans) pour lesquels il est mort avant d'être jugé, et les enquêteurs lui ont attribué, sans pouvoir l'établir, d'autres disparitions.

Sa particularité, dans l'histoire criminelle française, tient au rôle de son épouse. Monique Olivier, rencontrée par correspondance pendant sa détention, a servi d'appât : une femme au volant, parfois accompagnée d'un enfant, inspirait confiance aux jeunes filles à qui elle proposait de les conduire. Fourniret disait rechercher des « vierges » ; ce mot, qu'il a lui-même employé, a donné son nom à une partie de l'enquête, mais les faits relèvent de la qualification pénale d'enlèvement, de viol et de meurtre. Le couple a vécu successivement dans l'Yonne, au château du Sautou à Donchery (Ardennes), puis, de 1991 à son arrestation, à Sart-Custinne, en Belgique, à quelques kilomètres de la frontière française.

Comment l'enquête a abouti

L'affaire Fourniret est d'abord celle d'un homme passé entre les mailles de plusieurs polices pendant seize ans. Ses crimes s'étalent sur deux pays et cinq départements ; chaque disparition a été traitée localement, et rien ne reliait un ancien condamné pour agressions sexuelles, libéré en 1987, à des affaires survenues à des centaines de kilomètres les unes des autres. La disparition d'une fillette de 12 ans près de Namur, en 1989, a même été rattachée pendant des années à celle des victimes de Marc Dutroux. Le fichier national des empreintes génétiques (FNAEG) n'existait pas avant 1998, et Fourniret n'y figurait pas.

Le dénouement ne doit rien à un recoupement d'enquêteurs. Le 26 juin 2003, à Ciney, en Belgique, une adolescente de 13 ans accepte de monter dans la camionnette d'un homme qui lui demande un renseignement. Attachée à l'arrière du véhicule, elle parvient à se libérer et à sauter en marche ; un automobiliste note la plaque d'immatriculation. Fourniret est arrêté le jour même à son domicile de Sart-Custinne. Il se tait. Pendant un an, les enquêteurs belges, qui découvrent son passé judiciaire français, ne disposent que d'une tentative d'enlèvement.

C'est Monique Olivier qui fait basculer le dossier. Interrogée à de nombreuses reprises, elle finit par parler en juin 2004 et met son mari en cause dans une série de meurtres, en France et en Belgique. Confronté à ces déclarations, Fourniret reconnaît les faits, puis conduit les enquêteurs sur les lieux : deux corps sont exhumés dans le parc du château du Sautou, dont celui de la fillette disparue près de Namur en 1989. Une cellule d'enquête franco-belge est mise en place ; les aveux sont ensuite recoupés, affaire par affaire, avec les éléments matériels et les circonstances des disparitions, ce qui permet de retenir sept meurtres pour le procès de 2008 et d'en écarter d'autres, faute de preuves, jusqu'à ce que de nouveaux aveux, en 2018 et 2020, rouvrent les dossiers de l'Yonne et celui de la disparition de 2003.

Chronologie de l'affaire

  1. Première condamnation de Michel Fourniret, né en 1942 à Sedan, pour des agressions sexuelles sur mineures. D'autres condamnations suivent dans les années 1970 et 1980.
  2. Incarcéré dans la région parisienne pour des agressions sur de jeunes filles. En détention, il entame une correspondance avec Monique Olivier, qui a répondu à une petite annonce.
  3. Libéré après trois ans de détention. Le couple s'installe dans l'Yonne, puis dans les Ardennes.
  4. Disparition d'une lycéenne de 17 ans, sur le chemin du lycée à Auxerre. Monique Olivier, au volant, lui a proposé de la conduire.
  5. Meurtre de Farida Hammiche, épouse d'un ancien codétenu, dans les Yvelines, pour s'emparer d'un butin enterré. Ce crime ne sera jugé qu'en 2018.
  6. Fabienne Leroy, 20 ans, est enlevée sur un parking de supermarché près de Châlons-sur-Marne et tuée dans le camp militaire de Mourmelon.
  7. Disparition de Jeanne-Marie Desramault, étudiante rencontrée dans un train. Le couple achète cette année-là le château du Sautou, à Donchery.
  8. Une fillette de 12 ans disparaît près de Namur en rentrant de chez une amie. L'affaire sera longtemps rattachée, à tort, à celle de Marc Dutroux.
  9. Une adolescente de 13 ans est enlevée près d'un centre commercial de Rezé ; son corps est retrouvé trois jours plus tard sur une plage de Vendée.
  10. Disparition de Céline Saison, 18 ans, à la sortie d'un examen à Charleville-Mézières. Son corps est retrouvé en juillet en Belgique.
  11. Disparition d'une adolescente de 13 ans, à Sedan. Son corps est retrouvé en mars 2002 dans la forêt belge.
  12. Une adolescente de 13 ans, montée dans la camionnette de Fourniret à Ciney, parvient à se détacher et à sauter du véhicule. Un automobiliste relève la plaque d'immatriculation. Fourniret est arrêté le jour même à Sart-Custinne.
  13. Après un an de silence, Monique Olivier passe aux aveux devant les enquêteurs belges et met en cause son mari dans plusieurs meurtres. Fourniret reconnaît les faits quelques jours plus tard et conduit les enquêteurs aux corps enterrés au Sautou.
  14. Ouverture du procès devant la cour d'assises des Ardennes pour sept meurtres. Le 28 mai, Fourniret est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté incompressible ; Monique Olivier à la perpétuité avec vingt-huit ans de sûreté. Aucun des deux ne fait appel.
  15. Devant la juge d'instruction, Fourniret reconnaît les meurtres de Marie-Angèle Domèce (1988) et de Joanna Parrish (1990) dans l'Yonne, pour lesquels il avait d'abord bénéficié d'un non-lieu.
  16. La cour d'assises des Yvelines le condamne à une seconde réclusion à perpétuité pour le meurtre de Farida Hammiche ; Monique Olivier est condamnée à vingt ans de réclusion pour complicité.
  17. Mis en examen en novembre 2019 pour l'enlèvement d'une fillette de 9 ans disparue en janvier 2003, Fourniret reconnaît l'avoir tuée. Des fouilles sont menées à Ville-sur-Lumes, sans que le corps soit retrouvé.
  18. Décès de Michel Fourniret, 79 ans, à l'hôpital, où il avait été transféré depuis la prison. L'action publique s'éteint pour les affaires Domèce et Parrish et pour la disparition de 2003.
  19. Jugée seule pour complicité dans ces trois affaires, Monique Olivier est condamnée par la cour d'assises des Hauts-de-Seine à la réclusion criminelle à perpétuité avec vingt ans de sûreté. La décision est devenue définitive faute d'appel.

Fiche de l'auteur

Michel Fourniret

Arrêté en Belgique en 2003 après l'enlèvement manqué d'une adolescente qui a pu s'enfuir, il a été confondu grâce aux déclarations de son épouse Monique Olivier. Condamné pour sept meurtres en 2008, puis pour un huitième en 2018, il a avoué en 2020 l'enlèvement d'une fillette disparue en 2003 mais est mort en 2021 avant d'être jugé pour cette affaire.

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Les lieux liés à l'affaire

Le procès et le verdict

Le procès principal s'est tenu du 27 mars au 28 mai 2008 devant la cour d'assises des Ardennes, à Charleville-Mézières. Michel Fourniret comparaissait pour sept meurtres commis entre 1987 et 2001, la plupart précédés d'enlèvement et de viol, et Monique Olivier pour complicité dans plusieurs d'entre eux. L'accusé, qui avait choisi de se taire pendant l'instruction puis d'avouer, a peu parlé à l'audience. Le 28 mai 2008, la cour l'a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté incompressible, la peine la plus lourde du droit français, possible parce que l'un des crimes, commis en 2001 à Sedan, était postérieur à la loi de 1994 qui l'a créée. Monique Olivier a été condamnée à la perpétuité avec vingt-huit ans de sûreté. Ni l'un ni l'autre n'a fait appel : la condamnation est devenue définitive.

Un second procès s'est tenu en novembre 2018 devant la cour d'assises des Yvelines, à Versailles, pour le meurtre de Farida Hammiche, tuée en avril 1988. L'affaire était différente des autres : la victime était l'épouse d'un ancien codétenu de Fourniret, et le mobile était l'appropriation d'un butin enterré, lié au « gang des postiches ». Le 16 novembre 2018, Fourniret a été condamné à une nouvelle réclusion criminelle à perpétuité et Monique Olivier à vingt ans de réclusion. Le corps n'a jamais été retrouvé.

Trois autres affaires n'ont jamais été jugées à son encontre. Les meurtres de Marie-Angèle Domèce (1988) et de Joanna Parrish (1990), dans l'Yonne, avaient d'abord fait l'objet d'un non-lieu avant que Fourniret ne les reconnaisse en 2018 ; l'enlèvement d'une fillette de neuf ans, en 2003, lui a valu une mise en examen en 2019 et des aveux en mars 2020. Sa mort, le 10 mai 2021, a entraîné l'extinction de l'action publique à son égard. Ces trois dossiers ont été jugés en décembre 2023 devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine, où seule Monique Olivier comparaissait : elle a été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité avec vingt ans de sûreté, décision devenue définitive faute d'appel.

Ce que l'affaire a changé

L'affaire a d'abord mis en lumière l'absence de coordination entre enquêtes distantes, en France comme entre la France et la Belgique, et le fait qu'un condamné pour des faits sexuels sur mineures ait pu récidiver dès sa libération sans suivi. Elle est régulièrement citée dans les débats qui ont conduit au renforcement du suivi socio-judiciaire, à l'extension du fichier des empreintes génétiques et à la création, en 2004, du fichier judiciaire des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS). Fourniret est par ailleurs l'un des rares condamnés français à s'être vu appliquer la période de sûreté incompressible instaurée en 1994.

Plus tard, la disparition de 2003 a servi de cas d'école pour le traitement des « cold cases » : c'est le procès de Monique Olivier, en 2023, qui a inauguré le pôle national dédié aux crimes sériels ou non élucidés, créé par la loi de décembre 2021 et installé au tribunal de Nanterre. Ce pôle centralise désormais les dossiers anciens dispersés entre juridictions, précisément ce qui avait fait défaut dans les années 1980 et 1990.

Profil psychologique : ce que disent les experts

Expertises judiciaires

Devant la cour d'assises des Ardennes, à Charleville-Mézières, plusieurs psychiatres et psychologues ont présenté à la mi-mai 2008 les conclusions de leur expertise psychiatrique et psychologique. Selon les comptes rendus de La Libre Belgique et du Journal du dimanche, publiés le 16 mai 2008, les psychiatres n'ont décelé chez Michel Fourniret ni maladie mentale ni trace de psychose : il avait conscience de ses actes. Les dépêches d'Associated Press reprises à l'annonce du verdict résument dans le même sens que les experts l'avaient jugé sain d'esprit et d'une intelligence légèrement supérieure à la moyenne. Aucune abolition du discernement n'a donc été plaidée ni retenue, et la question de l'irresponsabilité pénale ne s'est pas posée. Selon la notice de Wikipédia en français, des experts belges seraient parvenus dès septembre 2004 à la même conclusion.

Le 28 mai 2008, la cour l'a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté incompressible, que La Libre Belgique et Europe 1 désignent comme une « perpétuité incompressible » ; certaines dépêches anglophones d'Associated Press ont alors évoqué, à tort semble-t-il, une sûreté de trente ans. Ce verdict tranche la question de la culpabilité et de la responsabilité ; il ne vaut pas diagnostic médical.

Diagnostics publiés

Le psychiatre Bernard Dufossez l'aurait décrit, selon La Libre Belgique, comme un homme vaniteux, d'un orgueil démesuré, à la personnalité mégalomane, qui intellectualiserait pour masquer des pulsions sadiques et perverses ; il l'aurait jugé « ni curable ni adaptable en l'état actuel de nos connaissances ». Le psychologue et psychanalyste Philippe Herbelot aurait vu en lui, selon La Dernière Heure et le Journal du dimanche, un « pervers narcissique » plutôt qu'un pervers sexuel, animé davantage par la volonté d'humilier que par la recherche d'une satisfaction sexuelle, et l'aurait lui aussi déclaré incurable. Le psychologue Jean-Luc Ployé, qui l'avait examiné pendant huit heures en mai 2005 à la prison de Forest, à Bruxelles, aurait conclu à un sadisme « exacerbé » et pathologique et à un risque de récidive qu'il jugeait absolu, selon La Dernière Heure ; il l'a décrit plus tard, dans la presse, comme « un grand manipulateur ». Ces qualifications relèvent de la description de la personnalité, non d'une maladie mentale au sens du droit pénal.

Parcours documenté

Né le 4 avril 1942 à Sedan, dans les Ardennes, fils d'un ouvrier de la métallurgie, Michel Fourniret est décrit par ses biographes comme un joueur d'échecs et un lecteur assidu. Il aurait fait son service militaire en Algérie, selon la notice de Wikipédia en français. Il a été condamné à plusieurs reprises pour des agressions sexuelles sur mineures à partir de la seconde moitié des années 1960 ; les sources situent la première condamnation en 1966 ou en 1967. Incarcéré en 1984, il a été libéré en 1987 et le premier des meurtres jugés en 2008 a été commis moins de trois mois plus tard. Dans les dernières années de sa vie, il souffrait de troubles de la mémoire liés à une maladie dégénérative, qui ont gêné les interrogatoires des juges d'instruction, selon Europe 1 et Euronews. Il est mort le 10 mai 2021.

Philippe Herbelot a relié ses troubles à des blessures narcissiques précoces et à une relation difficile avec sa mère. C'est une hypothèse d'expert : aucun lien de cause à effet n'a été établi.

Ce qu'il a dit de lui-même

Les propos qui suivent sont ceux de l'auteur des faits ; ils sont à lire avec prudence. Fourniret a lui-même affirmé avoir subi des abus de la part de sa mère dans l'enfance, selon les notices de Wikipédia en français et en anglais ; rien ne permet de le vérifier. Dans sa correspondance de détenu, il aurait fait part de son obsession pour la virginité, et il a lui-même employé le mot « vierges » pour désigner les jeunes filles qu'il recherchait.

À l'ouverture du procès, le 27 mars 2008, il a refusé de parler et brandi une feuille portant la mention « Sans huis clos, bouche cousue », selon L'Avenir ; son avocat avait annoncé qu'il se tairait si les débats n'étaient pas tenus à huis clos, selon France 24. Il a gardé ce silence presque tout au long des audiences, ne le rompant que par de brèves interventions, et a annoncé qu'il ne ferait pas appel. Pour Philippe Herbelot, ce silence était une manière de montrer qu'il restait « le plus fort ».

Lectures criminologiques

La justice a retenu des enlèvements, des viols ou tentatives de viol et des meurtres de jeunes filles et de jeunes femmes, en France et en Belgique, commis avec la complicité de son épouse, Monique Olivier, condamnée par le même arrêt. Le mode opératoire et le mobile retenus sont ceux de crimes à caractère sexuel ; les experts ont insisté sur la satisfaction sadique qu'il en tirait, selon Associated Press. Le meurtre de Farida Hammiche, jugé en 2018, fait exception : la cour d'assises des Yvelines a retenu un mobile crapuleux, l'appropriation d'un butin enterré, et Europe 1 le présente comme le seul crime crapuleux qui lui soit attribué.

Aucune typologie criminologique ne lui a été appliquée dans une source que nous ayons pu consulter directement, au-delà de la lecture de Jean-Luc Ployé, qui le range parmi les profils les plus dangereux des classifications d'experts. L'affaire illustre surtout les limites du profilage : rien n'a permis de le désigner avant qu'une victime ne s'échappe. Pour ce que vaut cette approche, voir notre article sur le profilage criminel.

Ce qu'on ne sait pas

Les experts s'accordent sur l'absence de maladie mentale et sur sa dangerosité, mais divergent sur la nature de ce qui le poussait : perversion sexuelle centrée sur la virginité, comme il le disait lui-même, ou besoin de domination et d'humiliation dont la virginité ne serait que l'habillage, selon Philippe Herbelot. L'origine de ses troubles reste inconnue, et ce que l'on sait de son enfance vient pour l'essentiel de ses propres déclarations, invérifiables. Son silence au procès, puis le déclin de sa mémoire, ont laissé sans réponse une partie des questions des enquêteurs, notamment sur les disparitions dans lesquelles il restait soupçonné à sa mort.

Questions fréquentes

Combien de victimes a fait Michel Fourniret ?

Michel Fourniret a été définitivement condamné pour huit meurtres : ceux de sept jeunes filles et jeunes femmes tuées entre 1987 et 2001, jugés en 2008 à Charleville-Mézières, et celui de Farida Hammiche, tuée en 1988, jugé en 2018 à Versailles. Il a reconnu trois autres meurtres, ceux de deux jeunes femmes dans l'Yonne en 1988 et 1990 et celui d'une fillette de neuf ans enlevée en Seine-et-Marne en 2003, pour lesquels il est mort avant d'être jugé. Les enquêteurs l'ont soupçonné dans d'autres disparitions, sans pouvoir l'établir.

Quelle peine Michel Fourniret a-t-il reçue ?

Le 28 mai 2008, la cour d'assises des Ardennes l'a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté incompressible, souvent appelée « perpétuité réelle ». C'est la peine la plus lourde du droit français : elle exclut en principe toute libération. Elle était applicable parce que l'un des meurtres, commis en 2001, était postérieur à la loi de 1994 qui l'a créée. Fourniret n'a pas fait appel. Le 16 novembre 2018, la cour d'assises des Yvelines l'a condamné à une seconde perpétuité.

Quand Michel Fourniret est-il mort ?

Michel Fourniret est mort le 10 mai 2021, à 79 ans, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Il y avait été transféré depuis la prison de Fresnes, où il purgeait deux peines de réclusion criminelle à perpétuité. Sa mort a entraîné l'extinction de l'action publique à son égard : il ne pouvait plus être jugé pour les trois meurtres reconnus après 2008, ni pour les disparitions dans lesquelles il restait soupçonné.

Qu'est-il advenu des affaires pour lesquelles Fourniret n'a pas été jugé ?

Elles ont été jugées sans lui. Le 19 décembre 2023, la cour d'assises des Hauts-de-Seine, à Nanterre, a rendu son verdict sur les meurtres de Marie-Angèle Domèce (1988) et de Joanna Parrish (1990), dans l'Yonne, et sur l'enlèvement et le meurtre d'une fillette en 2003. Seule son épouse, Monique Olivier, comparaissait, pour complicité. Elle a été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité avec vingt ans de sûreté. Ce procès était le premier du pôle national consacré aux crimes sériels ou non élucidés, créé par une loi de décembre 2021.

Pour aller plus loin : documentaires, films, livres et podcasts

Sélection informative, sans lien affilié.

Sources

  1. Michel Fourniret, Wikipédia (fr)
  2. Michel Fourniret, Wikipedia (en)
  3. Michel Fourniret et Monique Olivier condamnés à perpétuité, La Libre Belgique, 28 mai 2008
  4. Serial killer, wife jailed over French murders, NBC News / Associated Press, mai 2008
  5. Assassinat pour le trésor des « postiches » : perpétuité pour Michel Fourniret, 20 ans pour Monique Olivier, Europe 1, novembre 2018
  6. Retour sur le procès de Monique Olivier, Seban Avocats, analyse du procès de 2023
  7. French serial killer's widow, Monique Olivier, convicted for her part in murders, CBS News / AFP, 19 décembre 2023
  8. Le tueur en série Michel Fourniret est mort à l'âge de 79 ans, Europe 1, 10 mai 2021
  9. Michel Fourniret, French serial killer, dead at 79, Euronews / AFP, 10 mai 2021

Corrections et mises à jour

  • — Questions fréquentes ajoutées (nombre de victimes, perpétuité incompressible, décès, affaires jugées en 2023), avec leurs sources. Victimes mineures : noms retirés du texte, du titre et de la description, conformément à la charte.
  • — Sélection « Pour aller plus loin » complétée (France 2, RTBF, Le Parisien, livre d'Alain Hamon) ; nombre d'épisodes de la série Netflix corrigé (cinq) ; lien vers le nouveau dossier Émile Louis.

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