FranceDossier1855-1861Ain, Lyon
L'affaire Martin Dumollard
Entre 1855 et 1861, Martin Dumollard, journalier de la Côtière de l'Ain, a abordé à Lyon de jeunes domestiques sans place en leur promettant un emploi bien payé dans une maison bourgeoise de la campagne. Il les conduisait à pied, de nuit, vers les bois des environs de Montluel. Pendant six ans, les plaintes et les disparitions n'ont pas été reliées entre elles. L'affaire s'est dénouée à la fin du mois de mai 1861, quand l'une de ces jeunes femmes, Marie Pichon, a réussi à s'enfuir et à donner un signalement précis. Jugé avec son épouse par la cour d'assises de l'Ain à Bourg-en-Bresse, du 29 janvier au 1er février 1862, il a été condamné à mort pour trois meurtres et guillotiné à Montluel le 8 mars 1862.
Les faits
Martin Dumollard est né en 1810 à Tramoyes, dans l'Ain, dans une grande pauvreté. Selon la thèse d'Edmond Cavaniol et Wikipédia, son père, originaire de Hongrie, aurait été exécuté en Italie en 1814 ; sa mère l'aurait élevé dans la misère. Devenu journalier et ouvrier agricole, il épouse Marie-Anne Martinet, rencontrée selon Wikipédia et Vice alors qu'ils servaient tous deux au château de Sure, à Saint-André-de-Corcy. Le couple s'installe au Montellier, puis à Dagneux, sur la Côtière de l'Ain, entre Lyon et Montluel.
Ses victimes sont de jeunes domestiques sans place. Au milieu du XIXe siècle, Lyon attire des milliers de filles venues des campagnes pour « se placer » dans les maisons bourgeoises ; celles qui cherchent un emploi attendent souvent autour des bureaux de placement et des ponts du Rhône. Selon la Tribune de Lyon et Wikipédia, Martin Dumollard les abordait, notamment dans le quartier de la Guillotière, en se présentant comme l'envoyé d'un maître qui cherchait une servante pour une maison de campagne, avec un salaire avantageux. Il les emmenait ensuite, à pied et à la tombée de la nuit, vers les bois des environs de Montluel. Entre 1855 et 1861, la justice lui a attribué trois meurtres et une série d'agressions et de vols commis selon le même procédé. Les effets des jeunes femmes étaient rapportés au domicile du couple.
Comment l'enquête a abouti
Pendant six ans, rien ne relie ces faits entre eux. En février 1855, le corps d'une jeune domestique, Marie Baday, est découvert dans un bois de Tramoyes ; l'enquête ne remonte pas jusqu'à lui. La même année et les suivantes, d'autres jeunes femmes, abordées à Lyon selon le même scénario, parviennent à s'enfuir ou sont dépouillées de leurs affaires. Certaines portent plainte. Mais ces plaintes sont déposées dans des juridictions différentes, à Lyon ou dans l'Ain, et rien, dans l'organisation de la police et de la gendarmerie de l'époque, ne permet de rapprocher systématiquement des signalements dispersés. Les jeunes domestiques qui disparaissent, souvent loin de leur famille, ne sont pas toujours recherchées. Une autre jeune femme est tuée dans le bois de Montmain, à Dagneux, vers 1857 ; son corps ne sera retrouvé qu'après l'arrestation, et elle n'a jamais été identifiée. En février 1861, Marie-Eulalie Bussod est tuée près de Pizay.
Le dénouement tient au sang-froid d'une survivante. À la fin du mois de mai 1861 (le 26 selon la thèse d'Edmond Cavaniol, le 28 selon la Wikipédia anglophone, Vice et Caedes), Marie Pichon, une domestique en quête de place, est abordée sur le pont de la Guillotière par un homme qui lui propose un emploi à la campagne. Elle le suit vers l'Ain. Le soir venu, sur un chemin isolé, il l'agresse ; elle parvient à se dégager et à s'enfuir dans la nuit, jusqu'à une ferme de Balan, chez un cultivateur nommé Joly, qui lui porte secours.
Son témoignage est précis : le signalement de l'homme et le trajet suivi. Selon Wikipédia, un garde champêtre reconnaît dans ce signalement un journalier de Dagneux, Martin Dumollard, que les villageois surnomment « Raymond ». Le juge d'instruction de Trévoux ordonne son arrestation. Il est arrêté à Dagneux le 2 juin 1861, selon la Wikipédia anglophone, une version archivée de la Wikipédia francophone et Caedes ; Marie Pichon le reconnaît lors d'une confrontation le lendemain.
La perquisition du domicile du couple change la nature de l'affaire. Les enquêteurs y saisissent une très grande quantité de vêtements et d'objets féminins : environ 1 250 pièces selon Wikipédia, Caedes et Geri Walton, plus d'un millier selon la Tribune de Lyon. Selon Wikipédia et Caedes, ces effets auraient appartenu à plusieurs centaines de femmes différentes, chiffre que l'émission d'Europe 1 rapporte, elle, au nombre de vêtements ; aucune source consultée ne permet de trancher. Cette découverte a fait supposer, dès 1861, l'existence de nombreuses autres victimes. L'instruction rouvre les plaintes anciennes, entend les jeunes femmes qui avaient échappé à leur agresseur, et conduit à l'exhumation de deux corps : celui de l'inconnue du bois de Montmain et celui de Marie-Eulalie Bussod, dans un bois de Pizay. Son épouse, chez qui ont été retrouvés une partie des effets, est arrêtée à son tour pour recel. Au total, selon la Tribune de Lyon et la Wikipédia anglophone, une douzaine de faits ont été rattachés à Martin Dumollard : trois meurtres et neuf agressions ou tentatives.
Chronologie de l'affaire
- Naissance de Martin Dumollard, le 21 ou le 22 avril 1810 selon les sources ; la Wikipédia anglophone indique le 22 juin, et certains récits le font naître en 1811.
- Une jeune domestique, Marie Baday, est retrouvée morte dans un bois de Tramoyes. C'est le premier meurtre retenu ; l'enquête de l'époque ne remonte pas jusqu'à lui.
- Plusieurs jeunes femmes abordées selon le même procédé échappent à leur agresseur ou sont dépouillées de leurs affaires. Leurs plaintes restent sans suite.
- Meurtre d'une jeune femme jamais identifiée, en 1856, 1857 ou 1858 selon les sources. Son corps ne sera découvert qu'après l'arrestation.
- Meurtre de Marie-Eulalie Bussod, domestique, le 25 ou le 26 février 1861 selon les sources.
- Abordée sur le pont de la Guillotière, Marie Pichon le suit vers l'Ain, puis lui échappe de nuit et trouve refuge dans une ferme de Balan (le 26 mai selon la thèse d'Edmond Cavaniol, le 28 selon d'autres récits).
- Arrestation de Martin Dumollard à son domicile. La perquisition met au jour une très grande quantité de vêtements et d'effets féminins. Son épouse est arrêtée à son tour.
- L'instruction conduit à l'exhumation de deux corps, dont celui de Marie-Eulalie Bussod.
- Ouverture du procès devant la cour d'assises de l'Ain. Soixante et onze témoins sont entendus en quatre audiences.
- Martin Dumollard est condamné à mort ; Marie-Anne Martinet, son épouse, à vingt ans de travaux forcés.
- Exécution publique à Montluel, au petit matin, devant plusieurs milliers de personnes (le 9 mars selon la thèse d'Edmond Cavaniol, seule à donner cette date).
- Marie-Anne Martinet meurt à la maison centrale d'Auberive, avant le terme de sa peine.
Fiche de l'auteur
Martin Dumollard « Le tueur de servantes »
Journalier de l'Ain qui attirait des servantes lyonnaises par une promesse de place ; l'une d'elles, échappée en 1861, a permis son arrestation.
Les lieux liés à l'affaire
- Tramoyes, Ain — Naissance de Martin Dumollard (1810) ; bois où est retrouvée, en février 1855, la première victime connue
- Pont et quartier de la Guillotière, Lyon — Lieu où il abordait de jeunes domestiques en quête de place, dont Marie Pichon en mai 1861
- Dagneux, Ain — Domicile du couple ; perquisition et arrestation (juin 1861)
- Balan, Ain — Ferme où Marie Pichon trouve refuge après s'être échappée (mai 1861)
- Trévoux, Ain — Siège du tribunal et du juge d'instruction ; détention du couple pendant l'instruction
- Palais de justice de Bourg-en-Bresse — Cour d'assises de l'Ain : procès du 29 janvier au 1er février 1862
- Montluel, Ain — Exécution publique sur la place Bourgeat, aujourd'hui place Carnot (8 mars 1862)
Le procès et le verdict
Martin Dumollard et son épouse, Marie-Anne Martinet, ont comparu devant la cour d'assises de l'Ain, au palais de justice de Bourg-en-Bresse, lors de quatre audiences tenues du 29 janvier au 1er février 1862. Le compte rendu imprimé à Lyon la même année chez Darmet et Guérin, conservé à la BnF et recensé par Criminocorpus, résume les chefs d'accusation : assassinats, viols, vols qualifiés et, pour l'épouse, complicité par recel. Selon Wikipédia et le site Vice, soixante et onze témoins ont été entendus. Wikipédia et l'historienne Geri Walton, qui s'appuie sur la presse britannique de 1862, évoquent une foule de quatre à cinq mille personnes venues aux abords du palais dès l'ouverture.
L'accusation reposait sur trois meurtres, ceux de Marie Baday en 1855, d'une inconnue retrouvée dans le bois de Montmain et de Marie-Eulalie Bussod en 1861, ainsi que sur une série d'agressions et de vols commis contre d'autres jeunes domestiques. La Tribune de Lyon résume le verdict en trois meurtres et neuf agressions. Selon la thèse d'Edmond Cavaniol (1920), le jury aurait retenu les meurtres et les vols mais écarté les accusations de viol ; nous n'avons pas pu vérifier ce point sur le texte des réponses du jury. La défense avait mis en avant l'enfance misérable de l'accusé ; elle n'a pas convaincu.
Le 1er février 1862, au terme de deux heures de délibération selon le récit de Françoise Vergnault, Martin Dumollard a été condamné à mort. Marie-Anne Martinet a été condamnée à vingt ans de travaux forcés, comme l'indique l'arrêt reproduit dans une complainte imprimée à Lyon et recensée par Criminocorpus ; elle est morte en détention à Auberive, en Haute-Marne, en 1875, selon Wikipédia et Geri Walton.
Martin Dumollard a été guillotiné en public à Montluel, sur l'actuelle place Carnot, le 8 mars 1862, selon Wikipédia, la Tribune de Lyon, Vice et Geri Walton ; la thèse d'Edmond Cavaniol donne la date du 9 mars, que nous n'avons retrouvée nulle part ailleurs. L'heure varie selon les récits, entre cinq et huit heures du matin. Selon plusieurs d'entre eux, il n'a jamais reconnu l'ensemble des faits.
Ce que l'affaire a changé
L'affaire Dumollard n'a pas, à notre connaissance, entraîné de réforme de la loi ni de l'organisation de la police. Elle met surtout en lumière ce qui manquait à la justice de son temps : aucun fichier, aucune centralisation des plaintes, aucune circulation des signalements entre Lyon et l'Ain. Pendant six ans, des agressions commises selon le même procédé, contre des victimes au profil identique, n'ont pas été rapprochées. C'est le témoignage d'une survivante, non le travail de recoupement, qui a permis l'arrestation. L'affaire rappelle, comme celle d'Hélène Jégado quelques années plus tôt, combien une série criminelle pouvait passer inaperçue lorsqu'elle frappait des domestiques isolées, éloignées de leur famille.
Elle a en revanche marqué les esprits. La presse française et britannique l'a suivie, et des complaintes imprimées à Lyon ont circulé dès 1862, dont certaines sont conservées à la BnF. Victor Hugo aurait évoqué Dumollard dans Les Misérables, parus au printemps 1862, comme un orphelin devenu bandit. L'affaire est aussi souvent présentée comme celle du « premier tueur en série français », une formule discutable : d'autres séries antérieures sont documentées, et notre article sur le premier tueur en série français fait le point. La télévision s'en est emparée en 1967, dans la série judiciaire de l'ORTF En votre âme et conscience.
Plus d'un siècle et demi plus tard, l'affaire connaît une forme de mémoire nouvelle, tournée vers les victimes. Selon la Tribune de Lyon, un collectif réuni autour d'un diacre et du maire de Dagneux cherche à retrouver les lieux où les jeunes femmes ont été découvertes pour y poser des croix, avec l'objectif d'une commémoration le 8 mars 2027, à la fois anniversaire de l'exécution et Journée internationale des droits des femmes.
Profil psychologique : ce que disent les experts
Expertises judiciaires
Aucune expertise psychiatrique de l'accusé n'a été publiée, et rien, dans les sources que nous avons pu consulter, n'indique qu'il en ait été ordonné une. Edmond Cavaniol, qui a repris le dossier dans une thèse de médecine soutenue à Lyon en 1920, écrit qu'il ne possédait « aucun rapport médical concernant son état mental ». Les seuls médecins que cette thèse mentionne pour l'instruction de 1861 sont ceux qui ont examiné les corps des victimes.
Aucune des sources consultées ne rapporte que la folie ait été plaidée. D'après le récit de Françoise Vergnault, établi à partir des Causes célèbres de tous les peuples d'A. Fouquier (1865), son avocat, Me Lardière, a invoqué l'enfance de l'accusé et non un trouble mental. La question de l'irresponsabilité pénale ne paraît donc pas avoir été posée à la cour d'assises de l'Ain, qui l'a condamné à mort le 1er février 1862. Ce verdict tranche la culpabilité ; il ne vaut pas diagnostic.
Diagnostics publiés
Aucune expertise publiée à notre connaissance.
Parcours documenté
Martin Dumollard est né en 1810 à Tramoyes, dans l'Ain. Selon Wikipédia et la thèse d'Edmond Cavaniol, il a été placé comme berger dès l'âge de huit ans environ. Sa mère est morte dans la pauvreté à Dagneux, en 1842 selon la Wikipédia anglophone. Il a épousé Marie-Anne Martinet, domestique comme lui, en 1840 selon Cavaniol.
Il avait déjà eu affaire à la justice avant 1855. Edmond Cavaniol le dit « repris de justice, deux fois déjà condamné pour vols » ; le journaliste Arnaud Pagès évoque, dans Vice, un premier séjour d'un an en prison après de petits larcins. Nous n'avons trouvé ni les dates ni les juridictions de ces condamnations.
Rien, dans ces éléments, n'établit un lien de cause à effet entre cette enfance et les crimes jugés en 1862.
Ce qu'il a dit de lui-même
Les propos qui suivent sont ceux de l'auteur des faits ; ils sont à lire avec prudence. Selon la thèse d'Edmond Cavaniol, Martin Dumollard a d'abord tout nié, puis s'est présenté comme le simple intermédiaire d'autres hommes : il disait s'être affilié à Lyon, en 1853, à « deux ou trois malfaiteurs » auxquels il aurait livré les jeunes femmes contre de l'argent, et leur avoir obéi par crainte ; Vice parle de deux hommes barbus qui l'auraient contraint. Les magistrats n'ont pas retenu ce récit.
À l'audience, il a raconté que son père, venu de Hongrie, avait été arrêté puis exécuté à Padoue en 1814, sous ses yeux d'enfant. Edmond Cavaniol tient l'épisode pour acquis ; Vice y voit un mensonge destiné à apitoyer les jurés. Aucune source consultée ne permet de le vérifier.
Pendant l'instruction, il a conduit les magistrats jusqu'au lieu où reposait l'une des victimes, tout en niant d'autres faits, selon les notices de Wikipédia ; Edmond Cavaniol rapporte de son côté qu'il n'avouait que placé devant les preuves. Il n'a jamais reconnu l'ensemble des accusations : selon Françoise Vergnault, il se disait encore innocent le jour de l'exécution et affirmait payer « pour les autres ».
Lectures criminologiques
Le mobile retenu par la justice est d'abord le vol : les effets des jeunes femmes étaient rapportés au domicile du couple. La cour l'a condamné pour assassinats et vols ; selon Edmond Cavaniol, le jury aurait répondu négativement sur les viols, qui figuraient parmi les chefs d'accusation, ce que nous n'avons pas pu vérifier sur le texte de l'arrêt.
Deux lectures rétrospectives ont été publiées. En 1920, Edmond Cavaniol, dans une thèse présidée par le professeur Étienne Martin, étudie le crâne du condamné, alors conservé au musée de médecine légale de la faculté de Lyon. Il conclut à une débilité mentale, relève des « stigmates physiques de dégénérescence » et une « inaffectivité absolue », et explique les crimes par une constitution « résultant de l'hérédité et de l'éducation ». Cette lecture relève de l'anthropologie criminelle de son temps, dont les catégories sont aujourd'hui abandonnées ; son auteur reconnaît lui-même n'avoir pu examiner l'homme, mort depuis cinquante-huit ans.
Victor Hugo, enfin, a fait de l'affaire un exemple de misère sociale : Les Misérables, parus en 1862, évoquent un « orphelin devenu bandit ». C'est une lecture d'écrivain, non une analyse du dossier.
Ce qu'on ne sait pas
L'état mental de Martin Dumollard n'a jamais été évalué par un médecin qui l'ait examiné ; tout ce qui s'en écrit depuis 1862 est reconstruction. La thèse de 1920 illustre la fragilité de ces reconstructions : Edmond Cavaniol voyait dans la cicatrice de la lèvre supérieure, déjà décrite par la presse britannique de 1862 que cite Geri Walton, un indice possible d'hérédité morbide, alors que des travaux ultérieurs menés sur le crâne auraient conclu à un angiome, selon Wikipédia.
Le nombre réel des victimes reste inconnu. La justice a retenu trois meurtres ; Edmond Cavaniol avance six décès et neuf jeunes femmes ayant échappé à leur agresseur ; les chiffres plus élevés qui circulent ne sont pas établis. Selon Wikipédia et Vice, des pièces anatomiques provenant du condamné seraient toujours conservées au musée Testut-Latarjet, à Lyon.
Questions fréquentes
Combien de victimes a fait Martin Dumollard ?
La justice a retenu trois meurtres, commis entre 1855 et 1861 : ceux de Marie Baday, de Marie-Eulalie Bussod et d'une jeune femme jamais identifiée. S'y ajoutent, selon la Tribune de Lyon et Wikipédia, neuf agressions ou tentatives contre d'autres jeunes domestiques. Le nombre réel de ses victimes reste inconnu : la thèse d'Edmond Cavaniol (1920) évoque six décès, et la masse de vêtements saisie chez lui a fait supposer d'autres victimes, sans que cela ait jamais été établi.
Comment Martin Dumollard a-t-il été arrêté ?
Grâce au témoignage d'une survivante. À la fin du mois de mai 1861, Marie Pichon, une jeune domestique qu'il avait abordée à Lyon sur le pont de la Guillotière avec une promesse de place, lui a échappé de nuit et s'est réfugiée dans une ferme de Balan. Son signalement a permis d'identifier un journalier de Dagneux. Il a été arrêté le 2 juin 1861 sur ordre du juge d'instruction de Trévoux.
Quand Martin Dumollard a-t-il été exécuté ?
Martin Dumollard a été guillotiné en public à Montluel, dans l'Ain, le 8 mars 1862, un peu plus d'un mois après sa condamnation à mort par la cour d'assises de l'Ain le 1er février. La plupart des sources retiennent cette date ; une thèse de 1920 indique le 9 mars.
Martin Dumollard est-il le premier tueur en série français ?
Il est souvent présenté ainsi, notamment par la Tribune de Lyon et Vice. C'est une formule commode plus qu'un fait établi : d'autres séries antérieures sont documentées, comme celle d'Hélène Jégado, jugée à Rennes dix ans plus tôt. Notre article sur le premier tueur en série français fait le point sur cette question.
Pour aller plus loin : séries, livres et podcasts
Sélection informative, sans lien affilié.
- Livre Dumollard, l'assassin des bonnes, Rémi Cuisinier (La Taillanderie, 2008) — Récit historique consacré à l'affaire par un auteur de la région, appuyé sur les archives. Lien non affilié.
- Livre Affaire Dumollard. Assassinats, viols, vols qualifiés, complicité par recel [Cour d'assises de l'Ain, audiences des 29-31 janvier, 1er février 1862] (Darmet et Guérin, Lyon (exemplaire BnF, recensé par Criminocorpus), 1862) — Le compte rendu des audiences publié à Lyon l'année du procès ; consultable en bibliothèque. Lien non affilié.
- Article Dumollard, « l'assassin des servantes ». Étude rétrospective, Edmond Cavaniol (Thèse de médecine (1920), fonds numérisé de l'ENAP, 1920) — Document d'époque, marqué par les théories de la dégénérescence ; à lire comme une source historique, non comme une expertise actuelle. Lien non affilié.
- Podcast Dumollard, le tueur de bonnes (l'intégrale) (Europe 1 — Hondelatte raconte, 2020) — Récit de Christophe Hondelatte, mis en ligne le 5 juin 2020. Lien non affilié.
- Série En votre âme et conscience — L'affaire Dumollard (ORTF (archives de l'INA, offre Madelen), 1967) — Épisode de la série judiciaire de l'ORTF, avec Étienne Bierry dans le rôle de l'accusé. Reconstitution dramatique. Disponibilité à vérifier. Lien non affilié.
- Article Le diacre, le maire et le tueur en série. Sur le chemin de croix des victimes de Dumollard (Tribune de Lyon, par Frédéric Crouzet, 2026) — Reportage sur le collectif qui cherche à retrouver et honorer les lieux où les victimes ont été découvertes.
Sources
- Affaire Dumollard. Assassinats, viols, vols qualifiés, complicité par recel… [Cour d'assises de l'Ain, audiences des 29-31 janvier, 1er février 1862], Lyon, Darmet et Guérin, 1862, Criminocorpus
- Affaire Dumollard (notice bibliographique, Darmet et Guérin, 1862), Bibliothèque nationale de France, catalogue général
- Affaire Dumollard, l'assassin des servantes. Arrêt qui condamne Martin Dumollard à la peine de mort ; Anne-Marie Martinet à vingt ans de travaux forcés (complainte, Lyon, 1862), Criminocorpus
- Dumollard, « l'assassin des servantes ». Étude rétrospective (Edmond Cavaniol, thèse, 1920), ENAP, fonds numérisé
- Le diacre, le maire et le tueur en série. Sur le chemin de croix des victimes de Dumollard (Frédéric Crouzet, 9 septembre 2026), Tribune de Lyon
- L'histoire de Martin Dumollard, le premier tueur en série français (Arnaud Pagès, 22 décembre 2016), Vice France
- France's First Serial Killer Martin Dumollard, Geri Walton (d'après la presse britannique de 1862)
- L'affaire Dumollard, suite et fin, Françoise Vergnault
- Dumollard, le tueur de bonnes — L'intégrale (5 juin 2020), Europe 1, Hondelatte raconte
- Martin Dumollard — Le tueur de bonnes, Caedes
- Martin Dumollard (version archivée de l'article Wikipédia), fr-academic
- Martin Dumollard, Wikipédia (fr)
- Martin Dumollard, Wikipedia (en)
Corrections et mises à jour
- — Section « Profil psychologique » refondue en six rubriques, avec ses sources propres. Mention non sourcée d'une filiation avec Cesare Lombroso retirée.
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